Actualités  –  publiée le 10/09/2020 par Équipe de rédaction Santélog

Gut Microbes

La vitamine D joue un rôle protecteur clé dans la petite enfance (Visuel Adobe Stock 206852874)

La vitamine D : une supplémentation bénéfique pour le microbiome intestinal d’un bébé et associée à des changements positifs observables à l’âge de 3 mois, c’est la conclusion de cette analyse de l’Université de l’Alberta qui décrypte dans la revue Gut Microbes, certains effets positifs et préventifs de la supplémentation en vitamine D contre certaines maladies chroniques et virales, plus tard dans l’enfance.

L’étude détaille deux conséquences majeures (et indirectes) de la vitamine D, une plus faible abondance de la bactérie Megamonas avec une supplémentation directe du bébé, et un taux de colonisation réduit par C. difficile chez les nourrissons de mères ayant consommé du lait enrichi en vitamine D. Des effets jusque-là non documentés.

La vitamine D joue un rôle protecteur clé dans la petite enfance

Le Dr Anita Kozyrskyj, auteur principal et professeure de pédiatrie de l’Université de l’Alberta rappelle que la vitamine D est nécessaire pour soutenir le métabolisme osseux et le développement sain du système immunitaire du bébé. « Dans les pays riches, la plupart des nourrissons reçoivent de la vitamine D, soit en complément de l’allaitement, soit en tant qu’ingrédient dans les préparations ».

Cependant ici l’équipe a voulu déterminer les corrélations précises entre cette supplémentation et la composition du microbiote intestinal du nourrisson : le microbiote intestinal d’un nourrisson subit des changements rapides au début de sa vie, il est donc essentiel de comprendre les facteurs associés aux communautés microbiennes présentes au cours de cette période clé du développement.

Des bactéries clés dans le tractus intestinal du bébé : l’équipe a analysé des échantillons de selles de 1.157 nourrissons de la cohorte CHILD (qui porte plus précisément sur les causes profondes des allergies, de l’asthme, de l’obésité et d’autres maladies chroniques).

Cette analyse révèle que :

  1. la supplémentation directe avec des gouttes de vitamine D est associée à une plus faible abondance de Megamonas, une bactérie précédemment associée à l’asthme ou aux infections virales respiratoires ;
  2. la consommation maternelle de lait enrichi en vitamine D réduit le risque de colonisation du tractus intestinal de leurs nourrissons par la bactérie C. difficile. Cet effet n’est pas constaté avec la supplémentation directe du nourrisson en vitamine D ni avec une préparation pour nourrisson enrichie en vitamine D. Les chercheurs rappellent que près de 30% des nourrissons sont porteurs de C. difficile dont certains souffrent de diarrhées. Enfin, l’incidence de la bactérie est également plus faible chez les nourrissons exclusivement allaités.

« De faibles niveaux de vitamine D ont été associés au virus respiratoire syncytial (RSV) – une infection pulmonaire courante chez les nourrissons et plus récemment, à la sensibilité à la maladie COVID-19 », soulignent les chercheurs.

“Notre étude suggère des changements microbiens avec la supplémentation en vitamine D qui peuvent être bénéfiques contre les infections virales-et notamment COVID-19”.

Source: Gut Microbes 11 Aug 2020 DOI : 10.1080/19490976.2020.1799734 Vitamin D supplementation in pregnancy and early infancy in relation to gut microbiota composition and C. difficile colonization: implications for viral respiratory infections

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