Revue de presse Mediscoop du 14-12-2021

Violences sexuelles dans l'Église catholique en France Une image contenant texte

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Par le Dr Sophie Florence (Paris) [Déclaration de liens d’intérêts] – Date de publication : 14 décembre 2021

Le phénomène des violences sexuelles dans l’Église catholique en France de 1950 à nos jours est massif.

Il est en diminution dans le temps mais toujours présent et repose sur des mécanismes pluriels, clairement identifiés, et présentant un caractère systémique.

Le travail de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (CIASE), évaluant l’ampleur du phénomène des violences sexuelles dans l’Église catholique, de manière aussi rigoureuse que possible, vient d’être publié.

La réalité dramatique des agressions sexuelles traverse toute notre société : la famille avec le phénomène dévastateur de l’inceste, les clubs de sport, l’Éducation nationale, la protection de l’enfance, les activités périscolaires et les autres milieux de socialisation…

La Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (CIASE) a été créée à l’initiative de l’Église catholique en France avec quatre missions :

  • Faire la lumière sur les violences sexuelles en son sein depuis 1950 ;
  • Examiner comment ces affaires ont été ou non traitées ;
  • Évaluer les mesures prises par l’Église pour faire face à ce fléau
  • Faire toute recommandation utile.

Les auteurs se sont appuyés sur des outils éprouvés d’enquête sociale.
Les violences sexuelles produites à l’échelle de la société française sont un phénomène massif : 14,5% des femmes et 6,4% des hommes, soit environ 5.500.000 personnes, ont subi pendant leur minorité de telles violences.

Les violences commises par des clercs, des religieux et des religieuses représentent un peu moins de 4% de ce total. Le nombre estimé de victimes mineures s’établit à 330.000 sur l’ensemble de la période.

L’Église catholique a évolué au cours du temps, mais est restée trop centrée sur la protection de l’institution, longtemps sans aucun égard pour les personnes victimes.

Si, depuis 2000 et, plus encore 2016, elle a pris des décisions importantes pour prévenir les violences sexuelles et les traiter efficacement, ces mesures ont été souvent tardives et inégalement appliquées.

Enfin, la commission insiste sur la nécessité d’une démarche de vérité et de réparation de la part de l’Église.

Elle publie 45 recommandations visant à reconnaître la souffrance des victimes, corriger les manquements constatés et prévenir et empêcher la répétition de ces drames, en tirant toutes les leçons du passé.

Retrouver le rapport en ligne