Actualités  –  publiée le 28/09/2021 par Équipe de rédaction Santélog

JAHA

Le VIH est lié à un risque accru de mort subite d'origine cardiaque, mais chez certaines personnes vivant avec le VIH seulement (Visuel Adobe Stock 222969495)

Le VIH est lié à un risque accru de mort subite d’origine cardiaque, révèle cette étude de la Vanderbilt University School of Medicine (Tennessee).

Les personnes vivant avec le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) présentent en effet un risque plus élevé de mort subite d’origine cardiaque que les personnes qui n’ont pas le VIH, en particulier si le virus n’est pas bien contrôlé ou si elles présentent d’autres facteurs de risque de maladie cardiaque.

Ces nouvelles données, publiées dans le Journal of the American Heart Association (JAHA), précisent que les patients avec VIH et un système immunitaire affaibli présentent ce risque de manière particulièrement élevée.

La mort subite d’origine cardiaque survient lorsque le cœur cesse de battre de manière inattendue (généralement en raison d’un dysfonctionnement électrique soudain provoquant un rythme cardiaque mortel), stoppant alors le flux sanguin vers le cerveau et les organes vitaux, ce qui, en l’absence d’intervention, entraîne la mort en quelques minutes.

Dans cette étude, les critères standard de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’examen détaillé des dossiers médicaux ont permis de bien caractériser la mort subite d’origine cardiaque.

S’attaquer aux facteurs de risque liés à la fois aux maladies cardiovasculaires et au VIH chez les personnes vivant avec le VIH est la principale conclusion de cette étude.

Une précédente recherche menée en 2012 auprès de 2.800 personnes vivant avec le VIH avait déjà conclu à un taux de mort subite d’origine cardiaque 4 fois plus élevé chez les personnes vivant avec le VIH vs sans VIH.

La nouvelle étude examine le taux de mort subite d’origine cardiaque, l’influence des charges virales du VIH et d’autres facteurs de risque cardiaque sur le risque de mort subite d’origine cardiaque chez les personnes vivant avec le VIH.

L’auteur principal, le Dr Matthew S. Freiberg, professeur de médecine et de cardiologie à la Vanderbilt rappelle le risque plus élevé de crise cardiaque, d’accident vasculaire cérébral, d’insuffisance cardiaque, de caillots sanguins dans les poumons et de maladie artérielle périphérique déjà bien documenté chez les personnes vivant avec le VIH.

« Nous savons également que parmi ces personnes vivant avec le VIH, celles qui ont un système immunitaire affaibli, par exemple un faible nombre total de cellules CD4 + T, semblent avoir un risque plus élevé de maladie cardiovasculaire que celles qui ont un nombre plus élevé de cellules CD4 + T ».

L’étude a donc regardé si chez ce groupe de personnes, un système immunitaire affaibli est un facteur indépendant de risque de mort subite d’origine cardiaque.

L’étude : les chercheurs ont analysé les données de participants à la Veterans Aging Cohort Study (VACS) vivant avec le VIH, vs des participants sans VIH, appariés selon l’âge, le sexe, l’origine ethnique et le site des soins.

Ces participants ont été suivis pendant plus de 10 ans, de 2003 à 2014.

Parmi les plus de 144.000 participants de l’étude VACS,

  • 30% ont été diagnostiqués séropositifs ;
  • Au cours du suivi médian de 9 ans, la mort subite d’origine cardiaque a été citée comme cause de décès pour 3.035 des participants, dont 26 % (777) avaient le VIH.

Après ajustement pour de nombreux facteurs de confusion (dont l’âge, le sexe, l’origine ethnique, des antécédents de maladie cardiaque ou rénale, la dépendance à une substance ou à l’alcool et d’autres facteurs de risque cardiaque) l’analyse révèle que :

  • Le risque de mort subite d’origine cardiaque n’est pas plus élevé chez les personnes vivant avec le VIH ayant des niveaux « sains » de cellules CD4 + T combattant l’infection ou chez les personnes avec faible charge de VIH dans le sang ;
  • Le risque de mort subite d’origine cardiaque est progressivement plus élevé avec chaque facteur de risque de mort subite d’origine cardiaque dont les maladies cardiovasculaires existantes, l’hypertension artérielle, le tabagisme, l’infection par l’hépatite C, l’anémie, la dépendance ou l’abus d’alcool et la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC), que le participant soit séropositif ou pas ;
  • Le risque de mort subite d’origine cardiaque est accru de 14%, globalement, chez les personnes vivant avec le VIH ;
  • Le risque de mort subite d’origine cardiaque est accru de 57 % chez les personnes vivant avec le VIH et dont les tests sanguins montrent de faibles niveaux de cellules CD4 + T au fil du temps- ce qui indique que le VIH progresse et que le système immunitaire est compromis ;
  • Le risque de mort subite d’origine cardiaque est accru de 70 % chez les personnes vivant avec le VIH dont les tests sanguins montrent l’absence de réponse au fil du temps au traitement antirétroviral (TARV).

« Il est donc essentiel de s’attaquer aux facteurs de risque liés à la fois aux maladies cardiovasculaires et au VIH pour prévenir les taux plus élevés de mort subite d’origine cardiaque chez les personnes vivant avec le VIH », concluent les auteurs qui engagent leurs confrères à détecter, chez ce groupe de patients, les signes avant-coureurs spécifiques de mort subite d’origine cardiaque.

Source: Journal of the American Heart Association (JAHA) 8 Sep 2021 DOI: 10.1161/JAHA.121.021268 HIV Infection and the Risk of World Health Organization–Defined Sudden Cardiac Death