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Alan Roura rachète Hugo Boss ! Et c’est à bord de ce voilier qu’il prendra le départ du Vendée Globe 2024.

Le skipper suisse, plus jeune marin à avoir terminé le Vendée Globe (à 23 ans, en 2017) vient d’acquérir le voilier futuriste d’Alex Thomson.

La nouvelle fait l’effet d’une deuxième bombe, quarante-huit heures après la première, quand Alex Thomson nous annonçait qu’il se retirait de la course au large et ne serait pas au départ du Vendée Globe 2024.

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Le Suisse Alan Roura vient de racheter le 60 pieds Hugo Boss d’Alex Thomson. | JEAN-MARIE LIOT / OLIVIER BLANCHET / ALEA

Didier RAVON. Modifié le 28/10/2021 à 13h12

Le secret avait été bien gardé, mais c’est bel et bien la fin du feuilleton « qui va racheter Hugo Boss ? », le bateau le plus convoité du dernier Vendée Globe. La réponse vient de tomber : c’est Alan Roura !

Le marin suisse s’était un peu fait oublier après deux beaux Vendée Globe, dont le premier, initiatique, comme benjamin de la course (12e) sur le plan Rolland construit par Bernard Stamm, puis en 2020/2021 un second consécutif terminé en 95 jours et 6 heures à la 17e place sur l’ancien Finot-Conq avec lequel Armel Le Cléac’h avait fini second en 2009.

La Fabrique ayant décidé de mettre un terme à son sponsoring, Alan Roura avait un peu disparu des radars, et dans le petit milieu de la course au large, à Lorient notamment, certains étaient même dubitatifs sur les chances de ce marin emblématique et sympathique de poursuivre sa carrière autour du monde en solitaire.

Le jeune père d’une petite fille d’un an, ne semblait a priori pas « programmé » pour disputer un troisième Vendée Globe consécutif dans trois ans. Erreur !

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Ce n’est pas du cinéma mais la fin d’un feuilleton et surtout le début d’un autre pour Alan Roura. ! | VINCENT CURUTCHET

Erreur, grosse erreur, car non seulement, Alan Roura sera au départ du Vendée Globe en 2024, mais aussi à la barre d’un des bateaux de « génération 2020 » les plus convoités.

Alan vient de racheter le bateau d’Alex Thomson que nombre de marins rêvaient d’acquérir.

À Voiles et Voiliers, nous étions au courant depuis un petit moment, mais attendions l’annonce officielle, tout en suivant avec un brin d’amusement le feuilleton « Qui va acheter Hugo Boss ? »

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Alan Roura le 12 février dernier dans le chenal des Sables-d’Olonne, quand il terminait son deuxième Vendée Globe à bord de « La Fabrique », à la 17e place. | JEAN-LOUIS CARLI / ALEA – VG 2020

Quand le bateau gris anthracite avec sa déco flashy et son cockpit fermé révolutionnaire tirait des bords au large de Quiberon il y a un bon mois, ils étaient nombreux à s’exciter, scrutant Marine Trafic pour pister le bateau et surtout son futur skipper, tentant de repérer qui se cachait dans le cockpit fermé.

Des noms circulaient sur les réseaux sociaux… Mais Alex Thomson, que nous avons rencontré lundi, effectuait une simple opération de relations publiques pour son sponsor.

Hugo Boss n’était pas à Gosport où il est basé habituellement, pas au Havre non plus puisque ne disputant pas la Transat Jacques Vabre partant le 7 novembre…

Hugo Boss était tout simplement en route pour la Méditerranée, à Cannes en l’occurrence, et pour d’autres opérations de RP.

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Alan Roura devra se familiariser avec le cockpit entièrement fermé à la mer d’Hugo Boss. | ALEX THOMSON RACING – VG 2020

Et pendant que les inscriptions au prochain Vendée Globe explosaient, que le marché des transferts s’enflammait, Alan Roura et sa compagne Aurélia – qui est aussi son attachée de presse – travaillaient depuis déjà bien longtemps sur le « dossier », et si discrètement que personne ou presque ne se doutait que le Suisse était en train de décrocher le jackpot.

Quand nous avons questionné lundi matin Alex Thomson sur l’identité de l’acheteur, allant jusqu’à lui glisser discrètement le nom d’Alan Roura sous forme d’interrogation, le Gallois a répondu petit sourire en coin que ce n’était pas à lui de révéler le nom du nouvel acquéreur…

Fin du feuilleton et nouvelle aventure pour le Suisse qui désormais enfile un autre costume, à la barre d’un redoutable foiler.

Alan Roura n’a pas encore pris en main son « nouveau jouet » mais il a navigué à son bord lors d’un récent convoyage.

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Le Suisse Alan Roura, 28 ans, nouvel acquéreur de l’ex Hugo Boss. | VINCENT CURUTCHET

Voici le communiqué de presse de son équipe :

Il l’avait annoncé dès son arrivée, en février dernier, à l’issue d’une seconde participation à l’« Everest des mers » particulièrement difficile : Alan Roura ne souhaitait revenir pour un troisième Vendée Globe, en 2024, que s’il avait « les moyens de gagner ».

Huit mois plus tard, le benjamin des deux dernières éditions vient de faire un grand pas en direction de cet objectif avec l’acquisition de l’IMOCA Hugo Boss d’Alex Thomson.

Un bateau conçu par le cabinet d’architecture VPLP et l’équipe du skipper gallois, véritable bijou de haute technologie au cockpit entièrement fermé, considéré comme le plus extrême et le plus innovant de sa génération.

« Ce rachat s’inscrit dans mon projet de performance en 2024, avec la volonté de participer à la barre d’un bateau à la fois performant et fiabilisé, dont je pourrai exploiter l’entier potentiel après trois saisons d’entraînement en amont, s’enthousiasme le Genevois.

 Je suis évidemment plus qu’heureux d’avoir réussi à réunir les conditions nécessaires à cette opération ».

C’est en effet après de longs mois de travail et grâce à la confiance combinée d’un mécène passionné et de nouveaux partenaires que le jeune skipper-chef d’entreprise réalise ce joli coup, qui lui permettra de participer au championnat IMOCA Globe Series dès la saison 2022.

Une progression maîtrisée

Car il était essentiel pour Alan de participer à la Route du Rhum, grande classique du circuit et épreuve Reine des transatlantiques, dans le cadre de sa montée en puissance.

Depuis 2016, le navigateur n’a en effet eu de cesse de franchir les paliers, sans précipitation et avec humilité, dans le but de tirer le maximum d’enseignements de chacune de ses expériences.

Et progresser, toujours. Prendre ses marques à bord de sa nouvelle monture le plus tôt possible s’inscrit donc dans cet état d’esprit, en plus de renforcer sa petite – mais solide – équipe, via le recrutement de nouvelles compétences et de profils chevronnés.

« Ce bateau nous propulse dans une nouvelle dimension, annonce, lucide, Alan.

Il va falloir se professionnaliser encore davantage et ne laisser place ni au hasard ni à l’approximation.

Je vais quant à moi devoir me concentrer exclusivement sur ma préparation et déléguer certains aspects de ma fonction d’entrepreneur à des personnes de confiance et d’expérience ».

Un projet 100% suisse

L’acquisition du bateau sécurisée, Alan doit en effet réorganiser le fonctionnement de son projet.

À commencer par boucler un budget à la hauteur de son nouveau statut, autre case bientôt cochée : « Avec un nouveau partenaire titre qui croit en moi, nous avons la volonté de continuer à représenter la Suisse dans le paysage de la course au large et, donc, d’inviter d’autres entreprises à nous soutenir.

Plusieurs ont déjà répondu présentes, avec encore quelques possibilités de rejoindre l’aventure. »

À l’aube de cette nouvelle ère, Alan dispose désormais de trois années devant lui pour être à la hauteur de son nouveau défi.

« J’ai déjà l’envie et l’expérience, ne me manquait que les moyens de mieux faire, résume-t-il.

Avec ce bateau de dernière génération ainsi que le budget me permettant de réunir la bonne équipe et de me concentrer sur ma performance, je sais que je peux atteindre la maturité nécessaire pour relever ce nouveau défi : viser la victoire sur le prochain Vendée Globe. »

En 2024, Alan aura 31 ans.

ILS ONT DIT…

Alan Roura, navigateur suisse, 28 ans – 2 Vendée Globe : « Je suis extrêmement heureux d’être le futur skipper de cet incroyable bateau !

J’ai eu l’occasion de participer à un convoyage aux côtés d’Alex Thomson il y a peu et je suis encore étourdi par ses performances.

C’est selon moi le bateau le plus abouti de sa génération, conçu par un skipper qui bénéficie de près de 20 ans d’expérience en IMOCA et qui n’a jamais eu peur d’aller au bout de ses choix.

Même les plus extrêmes. Il y a fort à parier que les prochains bateaux mis à l’eau lui ressembleront beaucoup…

Je suis aussi plutôt satisfait d’avoir tiré mon épingle du jeu afin de parvenir à en faire l’acquisition, tant ce bateau était convoité.

On ne se rend pas toujours compte du travail que cela représente, du nombre d’heures consacrées au montage financier, à la prospection, à l’élaboration globale du projet.

C’est une réussite personnelle pour moi d’avoir su convaincre mes investisseurs et futurs partenaires de m’accompagner dans ce pari fou.

Avec ce bateau, j’ai de quoi franchir une nouvelle étape dans ma progression et gagner en performance.

Je reste profondément fier de mon parcours, d’avoir fait mes preuves en tant que marin et apprenti compétiteur, mais j’ai maintenant envie de découvrir de quoi je suis capable à bord d’un bateau au potentiel gagnant.

C’est un honneur de succéder à un marin tel qu’Alex Thomson, quelle pression aussi !

J’ai plus que hâte d’en prendre la barre et de commencer à l’apprivoiser à ses côtés ! »

Alex Thomson, navigateur britannique, 47 ans – 5 Vendée Globe : « Je connais Alan depuis qu’il est entré dans la classe IMOCA et suis attentivement son parcours depuis.

J’ai récemment navigué avec lui à bord du bateau et il m’a impressionné par sa capacité à apprendre énormément de choses, très rapidement.

C’est un talent brut et grâce à ce bateau, à sa détermination et à ses futurs partenaires, il a désormais tous les atouts pour être l’un des favoris au départ du prochain Vendée Globe.

Je suis très heureux que ce soit Alan qui reprenne ce bateau et je suis impatient de lui transmettre tout ce que je peux durant nos navigations de passation. Je lui souhaite le meilleur pour sa campagne 2024 ! »

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