Actualités   –  publiée le 17/08/2021 par Équipe de rédaction Santélog

Nature Medicine

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Au début de l’été, 18 vaccins contre le COVID-19 étaient homologués par au moins un pays.

Si la vaccination extensive a été reconnue comme un objectif mondial de santé publique pour prévenir, contenir et arrêter la transmission du SRAS-CoV-22, de nombreuses recherches menées dans des pays à revenu élevé relèvent les inquiétudes concernant la sécurité des vaccins, la rapidité de leur développement constituant l’une des principales raisons de cette hésitation.

En apportant de nouvelles données sur l’acceptation de la vaccination dans 10 pays à revenu faible et intermédiaire, cet article, publié dans la revue Nature Medicine, suggère que l’hésitation est plus faible dans les pays plus pauvres.

Et pour cause, ces pays sont généralement en proie à une pénurie de vaccins, et la demande ou la volonté de se procurer un vaccin contre le COVID-19 est donc plus élevée que la disponibilité.

Ainsi, le souhait de se faire vacciner est considérablement plus élevé dans les pays en développement (80% des répondants) qu’aux États-Unis (65%) et en Russie (30%).

Acceptation ou hésitation dans les pays à revenu faible et intermédiaire (PRFI) ?

L’enquête menée auprès de plus de 20.000 répondants par l’intermédiaire de chercheurs de plus de 30 instituts de recherche dans le monde, apporte des enseignements précieux sur les motivations et freins à la vaccination, précieux y compris pour les pays qui s’efforcent avec difficultés à atteindre une couverture vaccinale suffisante pour une immunité collective :

  • La protection personnelle contre le COVID-19 était la principale raison invoquée pour l’acceptation du vaccin par les répondants des PRFI (soit par 91 % des répondants) ;
  • La préoccupation concernant les effets secondaires, partagée par 44 % des répondants explique le plus souvent l’hésitation à se faire vacciner ;
  • En dépit des recommandations des professionnels de santé, considérés comme les sources d’informations les plus fiables sur les vaccins COVID-19.

Ces données sont publiées à une période critique de pénurie des vaccins dans ces pays « PRFI », d’émergence des variants et d’évolution probable des vaccins eux-mêmes et des schémas de vaccination.

Les cas de COVID-19 augmentent dans de nombreuses régions d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine.

Donner la priorité à la distribution de vaccins dans les pays à revenu faible et intermédiaire serait immédiatement efficient dans l’élargissement de la couverture vaccinale mondiale.

« Les prochains mois seront décisifs pour l’efficacité des programmes de vaccination », commente l’économiste Niccoló Meriggi, coauteur de l’étude.

D’autant que l’acceptation du vaccin varie certes avec leur disponibilité mais aussi le contexte et les informations dont les populations disposent.

Selon les auteurs il est donc urgent de veiller à une meilleure disponibilité des vaccins dans les pays en développement mais aussi à une meilleure communication sur les effets secondaires graves, mais rares, qui ont pu saper jusque-là la confiance du public.

Les retours d’expérience de la vaccination dans les pays plus riches peuvent être exploités.

Les gouvernements des pays en développement doivent engager des personnes de confiance comme les professionnels de santé pour éclairer les populations sur les effets secondaires possibles, mais rares.

« Dans tous les pays, nous observons que l’acceptation des vaccins COVID-19 est généralement inférieure à celle des autres vaccins, peut-être en raison de leur nouveauté.

Cependant, les attitudes constamment pro-vaccin que nous constatons dans les pays à revenu faible et intermédiaire nous donnent des raisons d’être optimistes », concluent les auteurs.

Source: Nature Medicine 16 July 2021 DOI: 10.1038/s41591-021-01459-7 Understanding COVID-19 vaccine hesitancy

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