SOCIÉTÉ  –  Par Aveline Marques le 03-01-2022

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Dans une tribune publiée par Le Journal du dimanche, le Pr André Grimaldi brise le tabou : alors que les places en réanimation sont rares et chères, la question d’une priorisation se pose.

« La question que posent la 5e vague en cours et la 6e vague annoncée est à nouveau celle du tri des patients à admettre en réanimation », lance, de but en blanc, André Grimaldi, professeur émérite au CHU Pitié-Salpétrière (AP-HP).

En Belgique, plus précisément en Wallonie, trois médecins du CHU de Namur ont appelé la semaine dernière à un « débat éthique » sur la priorité absolue accordée aux patients atteints de Covid pour l’accès en réanimation, alors qu’en majorité ces derniers ont fait le choix de ne pas se faire vacciner, a relevé Le Monde.

En France, la question ne s’est pas encore posée en ces termes mais la « colère de nombre de soignants monte« , relève le Pr Grimaldi dans cette tribune publiée hier par Le Journal du dimanche.

Si ces professionnels reprochent au Gouvernement de « ne pas s’être donné les moyens de garder le personnel hospitalier et d’accroître le nombre de lits de réanimation et de soins de suite post-réanimation« , ils « râlent » également « contre les personnes informées ayant choisi délibérément de ne pas se faire vacciner ».

Certes, les soignants soignent « en fonction des besoins ».

Mais « ce rappel éthique ne gomme pas la question du tri quand il n’y a qu’un lit pour deux patients relevant tous deux de la réanimation« , relève-t-il.

« Auquel donner la priorité? C’est aux soignants de décider collégialement, mais cela devrait être aux sociétés savantes, aux agences indépendantes, aux comités d’éthique et, au-delà, à la société dans son ensemble et à ses élus de débattre des principes qui doivent guider les soignants. »

Le « nombre de vies sauvées par unité de moyens mobilisés » est, selon l’auteur, un indicateur à prendre en compte, tout particulièrement avec le Covid dont la durée moyenne d’hospitalisation en réanimation est de « deux à trois semaines« .

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Dès lors, « une personne revendiquant le libre choix de ne pas se faire vacciner ne devrait-elle pas assumer en cohérence son libre choix de ne pas se faire réanimer? », interroge le Pr Grimaldi.

Si la question ne se pose pas nécessairement pour les 500 000 personnes de plus de 80 ans non vaccinées pour lesquelles une prise en charge en réanimation pourrait relever d’un « acharnement thérapeutique », elle se pose en revanche pour les millions de personnes non vaccinées restantes.

Pour ne plus être confrontés à des patients non vaccinés regrettant amèrement leur décision, « il serait bon de conseiller systématiquement à toute personne adulte refusant de se faire vacciner de rédiger des directives anticipées pour dire si elle souhaite ou non être réanimée en cas de forme grave de Covid », lance-t-il. Le débat est ouvert.

[avec LeJDD.fr]

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