PÉDIATRIE  –  Par Muriel Pulicani le 03-02-2022

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Le dépistage et la prise en charge précoces des troubles neurodéveloppementaux chez l’enfant est une priorité, ont rappelé les spécialistes lors des 55èmes Journées parisiennes de pédiatrie, qui se sont déroulées les 10 et 11 décembre dernier.

Certains outils s’intéressent aux capacités d’adaptation qui permettront de compenser les points faibles.

Repérer, orienter et intervenir le plus tôt possible, tel est le credo en matière de troubles du neurodéveloppement (TND).

« Avoir une action précoce, c’est le cheval de bataille actuel », souligne le Dr David Germanaud, pédiatre à l’hôpital (Paris).

« On peut ainsi profiter de la plasticité cérébrale, améliorer le pronostic des troubles, éviter les troubles secondaires et soutenir les parents. » 

Les TND regroupent les troubles du spectre de l’autisme (TSA), les troubles du développement intellectuel, les troubles de la coordination (dyspraxie), les troubles du langage (dysphasie), les troubles de l’exécution et de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH).

Ils sont fréquemment associés entre eux : 30 à 40% des cas de TSA s’accompagnent d’une déficience intellectuelle et 40 à 60%, de TDAH.

Des outils moins normatifs

Les outils d’évaluation établissent des séquences de développement de compétences en fonction de l’âge : posture et locomotion, coordination motrice et manipulation, communication, interactions sociales, attention et fonctions exécutives…

La mesure des facultés visuelles et auditives est indispensable.

« L’âge moyen d’acquisition d’une aptitude n’a pas d’intérêt », prévient le Dr Germanaud.

« Il faut être prudent sur le diagnostic avant trois ans, mais considérer l’âge de six ans comme un horizon. » 

Prudence également sur l’utilisation des outils : questionnaires parentaux, tests projectifs, tests de personnalité…

« Il est important de bien choisir le type d’évaluation, de tenir compte de la diversité culturelle, de s’adapter à l’âge de l’enfant et à son environnement », conseille le Dr Nathalie Touil, neuropsychologue au centre d’investigation clinique des Hospices civils de Lyon.

« L’évaluation des fonctions intellectuelles a ses limites et ses biais. » 

La démarche est multi-dimensionnelle. Par exemple, « le QI n’a pas toujours le même sens.

Dans de nombreux cas, il n’affecte pas le raisonnement élémentaire », illustre le Dr Germanaud.

L’importance des fonctions adaptatives

Aussi, certains outils visent à mesurer les comportements adaptatifs.

C’est le cas de l’évaluation Vineland II, adaptable selon l’âge.

L’échelle spécifique aux enfants comprend 244 items répartis en quatre domaines : la communication (écouter et comprendre, parler, lire et écrire), l’autonomie, la socialisation (relations interpersonnelles, jeu) et la motricité, auxquels s’ajoutent les « comportements inadaptés » (internalisés, externalisés ou sévères).

« En consultation, nous ne posons pas toutes les questions.

Nous les choisissons en fonction de l’âge, de l’expérience, de l’apprentissage », précise le Dr Touil.

« Les résultats sont influencés par l’éducation (ce que les parents autorisent ou pas), la personnalité, la motivation, les troubles physiques ou psychologiques.

Vineland II permet d’identifier les besoins et les capacités.

Il ne s’agit plus de raisonner en termes de limite de fonctionnement, mais d’envisager les points forts de la personne, qui permettront de soutenir les points de fragilité. »

La démarche servira à déterminer le niveau d’aide nécessaire et à construire le projet d’accompagnement de l’enfant et de sa famille.

L’évaluation et la mise en œuvre de la stratégie d’accompagnement et de soins ont pour objectifs tant la rééducation que la compensation alternative des troubles.

Elles se font de façon coordonnée avec les différents acteurs : kinésithérapeute, psychomotricien, ergothérapeute, orthophoniste, psychologue ou neuropsychologue.

« Il est nécessaire d’être proactif en cas de facteurs de risque identifiés ou de maladie et d’anticiper les fragilités et les spécificités », insiste le Dr Germanaud.

Sources : 55 es Journées parisiennes de pédiatrie,10 et 11 décembre 2021. D’après les communications du Dr David Germanaud, pédiatre à l’hôpital Robert-Debré (Paris) et du Dr Nathalie Touil, neuropsychologue au centre d’investigation clinique des Hospices civils de Lyon

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