Course au large© B.Stichelbaut/BCPE
Une belle marge sur le record…
Trophée Jules Verne / samedi 03 décembre 2011
 
1 000 milles d’avance hier, 1 500 aujourd’hui, l’éloquence tient essentiellement aux chiffres sur ce Trophée Jules Verne. A 24 heures de leur passage au large du cap de Bonne Espérance, Loïck Peyron et ses hommes bénéficient d’une avance plus que significative sur le tableau de marche de Groupama 3. A ce rythme, c’est avec une marge d’une bonne journée que les hommes boucleront le deuxième partiel entre Ouessant et l’entrée dans l’Océan Indien. « C’est du délire ! »disait Loïck Peyron ce midi.

Les jours se suivent et se ressemblent dans les 40èmes pour Loïck Peyron et ses équipiers sur ce Trophée Jules Verne. Ainsi, les marins du Maxi Banque Populaire V poursuivent-ils leur inexorable progression vers le Cap de Bonne Espérance qu’ils devraient laisser dans leur sillage demain matin aux premières heures du jour. Toujours favorisés par un flux de Nord Ouest, ils doivent composer depuis 48 heures avec une mer relativement courte, restant pour autant maniable. 
 
Une « carte postale » décrite ce midi par Ronan Lucas, Directeur du Team et équipier d’avant :  » Depuis deux jours, nous sommes rentrés dans une ambiance 40èmes, avec entre 35 et 40 nœuds de vent et une vitesse entre 38 et 40 nœuds très réguliers. Nous sommes sous deux ris/solent ou trinquette en fonction de l’état de la mer. La mer justement est relativement carrossable, mais on est obligé de réduire un peu parce qu’on engage un peu l’étrave. C’est quand même assez praticable depuis ce matin, avec un grand soleil « . 
 
Une description complétée en images et en lumière par Loïck Peyron quelques minutes plus tard :  » Les vraies couleurs franches du Sud sont là, mais pas la houle. Depuis quelques jours, on a une mer courte. Mais la large houle va venir. Les prévisions en la matière sont très avantageuses et c’est un critère très important, peut-être même plus important que la force du vent parce que nos multicoques ont du mal à passer dans les mers courtes « . 
 
Demain à la même heure, les quatorze hommes du bord auront croisé au large de Bonne Espérance, empochant par la même occasion, et selon toute vraisemblance, un nouveau temps de référence intermédiaire, et confirmant ainsi tous les bénéfices d’une fenêtre météo qui semble définitivement pourvue d’une configuration idéale. Avec une journée de moins sur le deuxième tronçon, ils devraient prendre un nouvel avantage, comme le confirmait Ronan Lucas :  » Nous sommes très conscients de rencontrer une certaine réussite avec la météo qui nous permet d’être dans les douze jours à Bonne Espérance et on en profite parce que ce sera difficile derrière. Nous sommes assez contents de pouvoir attaquer un Indien pas mal du tout, même si nous allons passer assez Sud aux Kerguelen pour éviter un champ de glaces. On est dans la dépression et c’est avec ce flux là qu’on part. On va descendre a priori à 50° Sud, juste après les Kerguelen « .
 
Savoir ménager sa monture
Avec plus de 800 milles parcourus en 24 heures, le Team Banque Populaire poursuit sa cavalcade mesurée dans le Sud. A voir les milles défiler et les compteurs ne cesser de s’affoler, l’ombre du record de 908 milles sur la même période – battu en août 2009 sur les quatre jours de l’Atlantique Nord – se met alors à planer dans l’esprit des observateurs et supporters du grand trimaran. Mais sur ce point précis, les marins sont unanimes : à l’échelle d’un Trophée Jules Verne, la durée et la résistance sont avant tout privilégiées :  » Nous étions convaincus après sa naissance que ce bateau avait le potentiel pour battre ce record, mais nous savions que la météo serait cruciale. Sans cette aide, nous ne sommes pas capables de faire quoi que ce soit. Le record des 24 heures n’est pas quelque chose à aller chercher sur un Trophée Jules Verne. Quand on est à 40 nœuds, on a tendance à se dire : « on se calme »! A 36 nœuds, on est déjà très content. La route est encore longue « , confirme ainsi Ronan Lucas, quand Loïck Peyron clôt le débat à sa manière :  » Le meilleur moyen de gagner une course, c’est de la finir et pour un record c’est pareil ! Il faut savoir freiner et ménager sa monture « . 
 
Avance à 16h00 : 1559,9 milles par rapport au temps de référence