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Quelles avaries a subi au juste le trimaran Sodebo Ultim 3 dans un choc avec un OFNI le 8 octobre, pendant un entraînement ? Sur ce sujet, la communication de l’équipe de Thomas Coville est minimaliste.

Aujourd’hui l’équipe assure, sans autre explication, que « des réparations devront être réalisées, mais cela ne remet pas en cause la tentative sur le Trophée Jules Verne cet hiver ».

Le Sodebo Ultim 3 de Thomas Coville « doit être réparé »… | ELOI STICHELBAUT – POLARYSE / SOBEBOA

Bruno MÉNARD. Modifié le 16/10/2020 à 18h09

Sodebo Ultim 3 a heurté un OFNI lors d’une sortie d’entraînement voilà une semaine, le 8 octobre. Fâcheux car l’équipage de Thomas Coville avait annoncé que son stand-by pour tenter de battre les fameux 40 jours du Trophée Jules Verne – le record du tour du monde à la voile – commençait dès le 15 octobre (hier, donc).

Il y aura forcément un peu de retard.

Ce n’est pas un drame a priori quand on sait que ceux qui osent s’attaquer à ce record détenu par Francis Joyon et ses hommes patientent parfois des semaines avant d’essayer une fenêtre météo propice. Voire ne partent pas du tout si la météo s’avère défavorable. Voire font demi-tour quand ils n’ont pas atteint des chronos intermédiaires permettant d’espérer une chance de succès après l’équateur où Bonne Espérance. Tous ces cas de figure se sont déjà présentés dans l’histoire du Trophée Jules Verne.

Est-ce une affaire de jours ?

Pas grave non plus si c’est une affaire de jours (mais est-ce le cas ?) quand on sait encore que pour l’autre prétendant – à savoir le Gitana 17 de Franck Cammas et Charles Caudrelier – l’ouverture de la période de stand-by n’est prévue que le 1er novembre. Pour mémoire, le « stand-by » c’est la période d’alerte propice pour attendre la meilleure fenêtre météo.

Bruno Peyron et Francis Joyon fonctionnaient dans cette période avec les termes suivants : code rouge = pas de départ possible ; code orange = c’est possible tenez-vous prêts ; code vert = de fortes chances de partir dans les 24 heures.

Deux phrases pour l’avarie, deux phrases pour rassurer

La bonne nouvelle (le team dit « Good News ») du jour a été publiée sur les réseaux ce vendredi midi 16 octobre.

Elle tient en deux phrases que voici :

« Suite à l’incident survenu en entraînement mercredi dernier, le team Sodebo a terminé ses différents contrôles. Des réparations devront être réalisées mais cela ne remet pas en cause la tentative de Trophée Jules Verne prévue cet hiver. SodeboUltim3 sera au rdv ! »

Dont acte. Sodebo partira bien « cet hiver ». La communication sur l’incident lui-même, elle, était résumée ainsi le 8 octobre, toujours en deux phrases : « Au cours de sa navigation d’entraînement, SodeboUltim3 a touché un OFNI dans le golfe de Gascogne. Revenus ce matin à Lorient comme prévu, les navigants ont été relayés par l’équipe technique qui est en train d’effectuer des vérifications. »

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En six mots : abîmé, réparable, ça part quand même. Mais quelle est la nature exacte des dégâts ?

Pour tenter de battre la communication de Sodebo sur son terrain (on plaisante, ce n’est pas malveillant on a nous aussi hâte de vibrer aux exploits autour du monde de cet équipage et des autres), on va vous le faire en une seule phrase, soit 75 % d’économie de mots : Sodebo Ultim 3 a bien cassé « quelque chose » le 8 octobre mais c’est réparable et ils tenteront bien le Trophée Jules Verne cet hiver.

La nature exacte des dégâts ? Aucune idée… donc la porte ouverte aux rumeurs qui vont fatalement bon train sur les pontons et dans le milieu de la course au large.

Grave ? Pas grave ? Beaucoup de délais de réparation ? On n’en sait rien. Espérons pour Thomas Coville et son équipage que ce ne soit pas un foil par exemple, car si tel était le cas en reconstruire un autre prend des mois (parfois plus de 6 mois pour un foil de ces dimensions).

Et partir avec un foil de « spare » (secours) altérerait forcément la performance, ce qui serait peu compatible avec les très hautes vitesses à tenir pour espérer battre le chrono stratosphérique de Joyon et ses hommes (40 jours, 23 heures).

Mais ne tirons pas des plans sur la comète : ce n’est peut-être pas un appendice, c’est peut-être bénin, si c’est un foil il est peut-être réparable et cela ne nécessite pas autant de délais qu’en reconstruire un autre, etc.

Nous verrons bien. Pour l’instant pas d’autre choix que s’en tenir à la version de communication officielle : abîmé, réparable, ça part quand même. Tiens… on peut le faire en six mots, finalement.

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