Actualités  –  publiée le 20/01/2022 par Équipe de rédaction Santélog

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Avec "une protéine en plus", la transplantation de microbiote fécale pourrait venir à bout des infections résistantes à C. difficile (Visuel Adobe Stock 100482988)Une image contenant texte Description générée automatiquement

La greffe fécale pourrait définitivement éliminer certaines infections dangereuses.

Car la thérapie de transplantation de microbiote fécal sain, accumule les succès contre les infections résistantes à C. difficile, et c’est à nouveau le cas dans cette recherche menée à l’Université de Virginie (UVA).

Au-delà, ces travaux, présentés dans la revue mSphère contribuent à décrypter les mécanismes en cause dans ces effets bénéfiques et suggèrent le moyen, avec « une protéine en plus » d’améliorer encore les résultats pour les patients.

L’infection à C. difficile peut entraîner une diarrhée mortelle.

L’infection, nosocomiale, « gagne » souvent les patients hospitalisés, à la suite de l’utilisation d’antibiotiques à long terme.

Les médecins savent que la greffe fécale ou transplantation de microbiote fécal sain permet de lutter efficacement contre l’infection à C. difficile, mais les médecins et les scientifiques n’ont pas totalement compris pourquoi.

Cette recherche de l’UVA apporte des réponses importantes.

Identifier les marqueurs immunitaires associés à une transplantation de microbiote « réussie »

« Nous ignorons encore pourquoi certaines combinaisons de microbes fonctionnent mieux que d’autres ou pourquoi les mêmes combinaisons peuvent avoir des effets différents chez différents patients.

Cette variabilité d’effets pourrait s’expliquer par un système immunitaire unique, pour chaque patient », explique l’auteur principal, le Dr Ning-Jiun « Ninja » Jan, du Département Maladies infectieuses de l’UVA.

L’étude : l’analyse d’échantillons de sang et de biopsies du côlon de patients infectés par C. difficile, au moment de la transplantation, puis 60 jours plus tard, révèle que :

  • Une molécule de signalisation immunitaire spécifique, l’IL-25, est augmentée dans les transplantations de microbiote fécal réussies et suggère que l’IL-25 peut peut-être être utilisée comme thérapie d’appoint pour traiter l’infection à C. difficile ;
  • La transplantation de microbiote fécal augmente les niveaux d’IL-25, dans le côlon des patients ;
  • Cette augmentation de l’IL-25 s’accompagne d’une diminution de l’inflammation tissulaire ;
  • La greffe augmente également la diversité des microbes qui vivent dans le microbiote, or on sait maintenant que cette diversité bactérienne est essentielle à une bonne santé.

En résumé, la transplantation de microbiote fécal renforce la capacité du système immunitaire à lutter contre l’infection récurrente à C. difficile et permet aux patients de guérir.

Booster encore la thérapie : au-delà d’éclairer ces processus, cette recherche suggère le moyen de renforcer encore l’efficacité de la thérapie et de promouvoir l’IL-25 chez les patients aux prises avec une récidive de C. difficile :

« À l’avenir, il sera peut-être possible de combiner des greffes de microbiote fécal avec des thérapies à base de cytokines pour augmenter le taux de réussite du traitement », concluent les chercheurs.

Source : mSphere Oct, 2021 DOI : 10.1128/mSphere.00669-21 Fecal Microbiota Transplantation Increases Colonic IL-25 and Dampens Tissue Inflammation in Patients with Recurrent Clostridioides difficile

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