Accueil Course au large  Transat Jacques Vabre

SVR-Lazartigue et Banque Populaire XI sont deux trimarans signés VPLP mis à l’eau cette année.

Leur confrontation a été passionnante. Elle a tourné dans les derniers milles à l’avantage du bateau de François Gabart, arrivé deuxième des Ultim ce mardi 23 novembre à 23h13 après 16 jours 9 heures et 46 minutes en mer.

Les 7 500 milles du parcours ont été parcourus à la vitesse moyenne de 20,09 nœuds. Sur l’eau, Gabart et Laperche ont parcouru 9 333 milles à 23,70 nœuds.

Une image contenant texte, clipart

Description générée automatiquement

François Gabart et Tom Laperche ont réussi à doubler Armel Le Cléac’h et Kevin Escoffier dans les 100 derniers milles, au terme d’un magnifique duel entre les deux derniers nés des Ultim. | JEAN-MARIE LIOT – ALEA – TJV

Loïc MADELINE. Modifié le 24/11/2021 à 00h00

François Gabart et Tom Laperche n’ont pas gagné la Transat Jacques Vabre, pas cette année.

Mais ils peuvent être fiers de leur deuxième place, 8 heures derrière le Maxi Edmond de Rothschild de Cammas et Caudrelier qui était le grandissime favori.

C’était la première course de SVR-Lazartigue

Il s’agissait de la première course de SVR-Lazartigue, un trimaran mis à l’eau l’été dernier et qui n’avait pas beaucoup navigué depuis.

L’important était donc d’abord de terminer, ensuite de ne rien casser.

L’enjeu était un peu le même pour Banque Populaire XI mené par Armel Le Cléac’h et Kevin Escoffier.

Mis à l’eau quelques mois avant SVR-LazartigueBanque Populaire XI  partait avec un petit avantage : il avait fait davantage de milles et était donc un peu plus fiabilisé au départ.

Sur ces machines extrêmement complexes que sont les Ultim, on sait que seule une longue préparation peut garantir un minimum de fiabilité.

C’est pourquoi ces deux bateaux n’avaient pas la faveur des pronostics.

« Pas assez mûrs », ils avaient donc de grandes chances d’abandonner les places d’honneur sur panne ou casse mécanique.

En tout cas, et de bonne foi, on pouvait le craindre.

Une image contenant texte, eau, ciel, extérieur

Description générée automatiquement

Grâce à une bonne traversée du pot au noir, Banque Populaire XI avait réussi à prendre le meilleur sur SVR-Lazartigue dans la descente de l’Atlantique. | JÉRÉMIE LECAUDEY

Sauf que. Sauf que, tant du côté de Mer concept que chez Banque Populaire, les équipes d’ingénieurs et de techniciens ne sont pas des perdreaux de l’année.

Sauf que les architectes, en l’occurrence le cabinet VPLP, a une bouteille certaine en matière de multicoques transocéaniques et sait éviter de partir dans les mauvaises directions.

Les deux derniers-nés des Ultim à l’arrivée et sur le podium

Et du coup, non seulement les deux bateaux sont tous les deux à l’arrivée mais encore ils prennent la deuxième et la troisième place.

Après avoir parcouru plus de 7 500 milles, être descendu jusqu’au 20° degré Sud, avoir franchi deux fois l’équateur et deux fois le pot au noir et avoir aligné au passage des journées à près de 800 milles.

Et pour notre plus grand plaisir, ces deux voiliers se sont mesurés sur l’eau avec un grand appétit, une grande soif de performance.

Une image contenant texte, bleu

Description générée automatiquement

François Gabart a le sourire, protégé par la bulle de son nouveau trimaran. Cette première transat vient valider tout le travail accompli depuis la mise à l’eau de SVR Lazartigue. | SVR-LAZARTIGUE

Oh, ils n’ont pas toujours été ensemble. Dans la descente laborieuse du golfe de Gascogne Banque pop était plutôt à l’Ouest, SVR plutôt à l’Est, mais ils se sont retrouvés » bord à bord (et en queue de peloton) pour la descente le long de la péninsule ibérique.

Un joli duel

Dès Madère, ils occupent les deuxièmes et troisièmes places.

En arrivant à la latitude du Cap Vert, SVR Lazartigue a engrangé 150 milles d’avance.

En Ultim, ce n’est rien. La preuve, Banque Pop reprend la deuxième place à l’occasion du passage du pot au noir grâce à un placement plus à l’Ouest.

L’écart se stabilise à une centaine de milles entre les deux, jusqu’au passage de Fernando, dans l’Atlantique Sud.

Mais 100 milles en Ultim, ce n’est rien. C’est l’avance dont dispose encore Banque Populaire sur SVR en enroulant la marque de Sao Pedro et Sao Paulo, au niveau de l’équateur.

Nous sommes alors le 19 novembre et Il reste encore 2 000 milles à parcourir, l’équivalent d’une petite transat.

À partir de là, SVR-Lazartigue va littéralement chasser Banque Populaire, en calquant sa route sur la sienne.

Jusqu’à revenir à moins de 20 milles dans le tableau arrière du bateau de Le Cléac’h et Escoffier au matin du 23.

Lancé dans un long bord tribord amures à plus de 30 nœuds, SVR fond sur son adversaire.

Et à 15 heures, à la faveur d’un empannage, SVR prend le meilleur sur Banque Pop.

Les deux bateaux se marquent comme dans une régate de dériveurs.

SVR répondant à chaque empannage de Banque Pop par un empannage.

Sur cette fin de course, SVR a un petit avantage de vitesse qui lui permet d’afficher 7 milles d’avance au moment de saluer le Diamant, juste avant d’entrer en baie de Fort de France. 7 milles en ultim, ce n’est rien, entre 12 et 15 minutes.

Mais c’est suffisant pour accrocher au palmarès de François Gabart et Tom Laperche une belle deuxième place.

TRANSAT JACQUES VABRE ULTIM SVR LAZARTIGUE FRANÇOIS GABART BANQUE POPULAIRE

ARMEL LE CLÉAC’H FOILER TOM LAPERCHE KÉVIN ESCOFFIER

=================================================================================

Accueil Sport  Voile  Transat Jacques-Vabre

Transat Jacques Vabre. François Gabart : « Je pleurais à la barre tellement c’était bon »

Pour la première course sur son Ultim SVR-Lazartigue, mis à l’eau cet été, François Gabart a pris la deuxième place de la Transat Jacques Vabre.

Découvrez sa première réaction à son arrivée à Fort-de-France (Martinique).

Une image contenant personne, intérieur, foule

Description générée automatiquement

François Gabart (à gauche) et Tom Laperche (SVR-Lazartigue) ont pris la deuxième place de la Transat Jacques Vabre en Ultim. | THOMAS BRÉGARDIS / OUEST-France

Ouest-France Recueilli par Valentin PINEAU (envoyé spécial à Fort-de-France). Publié le 24/11/2021 à 01h46

Ce mardi soir, François Gabart a bouclé la Transat Jacques Vabre à la deuxième place sur son Ultim SVR-Lazartigue tout neuf. Découvrez sa première réaction après l’arrivée à Fort-de-France.

Quelle est votre première réaction après avoir décroché cette belle deuxième place ?

Ça ressemble à une victoire. C’est top parce qu’on s’est bien bagarré. Il y a quelques mois, on ne savait même pas qu’on ferait la course.

On l’a fait, et bien. Il y a un beau vainqueur devant mais ce qui s’est passé avec Banque Populaire sur ses 48 dernières heures, c’était juste génial. On s’est bien éclaté !

Que pensez-vous de votre bateau, que vous avez un peu découvert pendant cette course ?

J’en suis très content. Il est super, avec un potentiel énorme que l’on n’a pas encore totalement vu sur cette course. On l’a ménagé au début de la course. Même en faisant attention, ça va vite. Le chemin de ce bateau débute bien. Tout est aligné pour faire de très belles choses dans les années qui viennent. Nous n’avons quasiment pas eu de problèmes techniques.

« Le potentiel est dingue »

Les conditions météo étaient idéales pour un bateau jeune ?

Oui, c’est sûr que c’est mieux dans ces conditions « faciles ». La mise en route était plutôt cool. Il ne faut pas croire que le bateau est déjà fiabilisé à 100 %. Il y a encore du boulot.

Tous les Ultim devraient être à l’arrivée. C’est une bonne nouvelle ?

Exactement. Et la course était super belle. On a volé une grosse partie du temps, il y avait du jeu.

LIRE AUSSI. Transat Jacques Vabre : Gabart coiffe Le Cléac’h sur la ligne d’arrivée

Vous avez pris du plaisir à piloter ce bateau ?

Grave. Ce matin, c’était dingue. Je pleurais à la barre tellement c’était bon.

On revenait sur Banque Populaire, on était en train de les gratter et les sensations étaient extraordinaires.

Ces bateaux volent sur l’eau tout simplement ! La sensation est tellement géniale. C’est léger, tu sens le potentiel de progrès qui est dingue.

« On peut aller chercher Gitana sur la prochaine course »

De quel œil voyez-vous Gitana, le vainqueur ?

C’est peut-être la dernière course qu’il gagne (rires). J’espère.

C’est chouette ce qu’ils ont fait comme Banque Populaire. Des nouveaux bateaux arrivent, ils vont progresser.

Mais Gitana reste un bateau magnifique, ils ont fait un travail remarquable. Ils sont au-dessus aujourd’hui.

Mais c’est raisonnable de se dire qu’on pourra aller les chercher sur la prochaine course.

De quoi êtes-vous le plus fier ce soir ?

D’être là. Le chemin pour être ici n’est pas simple. Avec l’équipe, on est resté concentré sur la construction du bateau. Je suis fier de tout ce qu’on a fait en amont pour arriver jusque-là.

LIRE AUSSIGitana et les cinq raisons d’une victoire éclatante

Le système de cockpit fermé n’a pas été trop difficile à vivre avec la chaleur ?

J’étais assez inquiet mais au final, on n’a pas trop souffert. Je ne sais pas si c’est une impression générale.

Ça ventile pas mal donc ça marche bien. Il reste plein de choses à améliorer mais la base est bonne et saine.

Transat Jacques-Vabre Ultime Lorient Sport Voile Région Martinique Tom Laperche François Gabart