Accueil Course au large  tour du monde

Suite à l’entretien avec Jean-Luc Van Den Heede paru ce jeudi 6 janvier sur notre site Voiles et Voiliers, Christian Dumard – routeur de Romain Pilliard et Alex Pella embarqués depuis deux jours sur le tour du monde à l’envers – réagit et apporte des précisions importantes.

Il confirme que les deux aventures ne sont pas comparables et que VDH conservera son record quoiqu’il arrive. Cependant, faire mieux que ses 122 jours est primordial. Voici pourquoi…

Une image contenant personne, intérieur, travaillant

Description générée automatiquementUne image contenant texte, clipart Description générée automatiquement

De gauche à droite Alex Pella, Romain Pilliard et leur routeur Christian Dumard… qui n’est évidemment plus à bord du trimaran Use It Again engagé sur une tentative de record du Tour du Monde à l’envers en multicoque et en équipage.

Photo prise avant le départ. | JEAN-MARIE LIOT-USEITAGAIN

Voiles et Voiliers. Modifié le 06/01/2022 à 17h00

Conséquence directe de notre article paru ce jeudi matin où Jean-Luc Van Den Heede, alias VDH, expliquait cordialement que « Romain Pilliard et Alex Pella tentent un superbe exploit, mais pas de battre mon record », Christian Dumard – routeur de Romain Pilliard et Alex Pella engagés depuis mardi sur le tour du monde à l’envers – réagit et explique sur le site du trimaran Use it again ! que VDH a raison :

Les deux aventures, l’une en solitaire en monocoque et l’autre en double en multicoque, ne sont pas comparables (à part sur le parcours et ses difficultés extrêmes).

Il confirme également que quoiqu’il advienne VDH conservera bien son record de 122 jours.

Mais Christian Dumard apporte aussi une précision très importante, qui explique pourquoi cette référence au record de VDH est très souvent présente, notamment sur la cartographie qui permet de suivre la progression de Use it Again !

Voici pourquoi :

« Mardi, Romain (Pilliard) et Alex (Pella) se sont élancés en double sur le record du Tour du Monde à l’Envers avec l’objectif d’établir un nouveau temps de référence en équipage et en multicoque.

Jusqu’à ce jour, le record absolu est celui de Jean-Luc Van Den Heede en 122 jours en solo et en monocoque, le navigateur conservera donc quoiqu’il arrive son record. »

Un record en multicoque ne peut être validé et homologué que si…

En revanche, pour valider leur temps de référence par le WSSRC, Romain Pilliard et Alex Pella devront être impérativement plus rapides que Jean-Luc Van Den Heede.

Christian Dumard explique : « Il existe plusieurs catégories pour homologuer un record.

Monocoque / multicoque / solo / équipage / moins de 40 pieds / moins de 60 pieds / toutes tailles.

À noter qu’un record en multicoque ne peut être validé que s’il est plus rapide que celui en monocoque.

VDH détient aujourd’hui le record absolu.

Si Romain et Alex réussissent, ils auront le record absolu en équipage.

Mais VDH aura toujours le record absolu en solo (monos et multis confondus) et le record en monocoque (solo et équipage).

Il a réalisé une superbe performance et détient un grand record qui n’est pas près de tomber.

La référence pour Romain et Alex reste donc le temps de VDH s’ils veulent être l’équipage le plus rapide en multicoque.

S’ils mettent plus de 122 jours, le record ne sera pas homologué. »

Voilà. Clair. Limpide. Romain Pilliard et Alex Pella doivent absolument mettre moins de 122 jours – et ne pas faire d’escale(s) – pour valider et homologuer leur temps de référence qui serait alors celui du « tour du monde d’Est en Ouest sans escale en équipage en multicoque ».

Dans le cas où ils boucleraient la boucle sans escale en plus de 122 jours 14 heures 3 minutes et 49 secondes, alors ce ne serait même pas un temps de référence officiel.

Un cas d’école peu probable

Bien évidemment c’est un cas d’école très peu probable compte tenu de la grande différence de vitesse entre le monocoque et le multicoque.

VDH estime que Use it Again ! pourrait mettre « moins de 100 jours » à faire le tour du monde contre vents et courants dominants.

D’ailleurs deux jours après le départ, ce n’est pas du tout une surprise de voir le multicoque Use it Again ! posséder déjà plus de 210 milles d’avance sur le monocoque Adrien de VDH, alors que Pilliard et Pella naviguent ce jeudi soir au large de Lisbonne.

Et qu’il leur reste donc une planète Terre entière à parcourir dans des conditions extrêmes avant de songer à sortir les calculettes.

Celles-ci ne serviront probablement qu’une seule fois, dans trois mois et demi environ.

TOUR DU MONDE ALEX PELLA ULTIM TRIMARAN JEAN-LUC VAN DEN HEEDE

CHRISTIAN DUMARD

=======================================================================================

Accueil Course au large  tour du monde

VDH : « Romain Pilliard et Alex Pella tentent un superbe exploit, mais pas de battre mon record »

Jean-Luc Van Den Heede est détenteur du record du tour du monde en solitaire d’Est en Ouest à bord de son monocoque Adrien.

Auteur de cinq autres tours du monde, VDH félicite Romain Pilliard et Alex Pella qui ont quitté Lorient pour tenter aussi le tour du monde à l’envers sur leur trimaran Use it again.

« Ils tentent un superbe exploit, mais ce n’est pas à mon record qu’ils s’attaquent, explique-t-il à Voiles et Voiliers.

Le mien était en solitaire, (et en monocoque) ça change tout ! »

Une image contenant extérieur, ciel, eau, bateau

Description générée automatiquementUne image contenant texte, clipart Description générée automatiquement

Le 9 mars 2004, VDH avait bouclé son tour du monde en solitaire d’Est en Ouest sur Adrien en 122 jours. Un record qui tient toujours. | DDPI

Nicolas FICHOT. Publié le 06/01/2022 à 07h01

Jean-Luc Van Den Heede est tout sauf un rabat-joie alors il applaudit à la tentative de Romain Pilliard et Alex Pella qui ont quitté mardi à 17h30 la rade de Lorient pour tenter de faire le tour du monde d’Est en Ouest, contre les vents et courants dominants.

Un Tour du monde à l’envers que VDH avait bouclé en solitaire le 9 mars 2004, après 122 jours de bataille à bord d’Adrien, monocoque alu de 26 mètres.

Je suis confiant, ils feront ce tour du monde en moins de 100 jours

VDH poursuit : « S’ils terminent leur parcours, je leur dis bravo et c’est déjà formidable qu’ils tentent cet exploit. 

Leur premier objectif va être de ne pas casser et s’ils le remplissent, alors je suis confiant, ils feront ce tour du monde en moins de 100 jours. Je le leur souhaite vraiment ».

« Ils ont le bon bateau, je crois, pour tenter cet exploit, l’un des meilleurs multicoques pour le faire à mon avis.

Philippe Monet l’avait tenté et j’ai la sensation que sans casse, ils vont réussir cette fois.

À ceux qui disent ou diraient qu’ils sont trop jeunes, moi je réponds qu’il faut bien commencer par quelque chose est qu’on n’est jamais trop jeune pour tenter des exploits.

Je préfère ceux qui, leur souhaitent de réussir et qui leur disent bravo dès le départ ».

Une image contenant extérieur

Description générée automatiquement

Romain Pilliard et Alex Pella ont quitté Lorient mardi 4 janvier pour tenter de faire le tour du monde « à l’envers » sur leur trimaran Use It Again !. | LAURÈNE COROLLER

Jean-Luc Van Den Heede se souvient : « J’avais mis 122 jours et eux mettront sûrement moins de 100 jours, tout simplement parce qu’ils vont le faire sur un multicoque et qu’ils vont descendre beaucoup moins au Sud que moi.

C’est normal. Ils franchiront les trois caps en descendant au Sud mais entre chaque cap, ils tenteront d’attraper des phénomènes météo avec du portant.

Moi, c’était du tout droit ou presque, très Sud, à taper dans les vagues avec mon monocoque très solide.

Ils peuvent faire autrement avec ce bateau, ils ont bien raison ».

Ils vont tenter un exploit, mais pas celui de battre mon record. Ce sont deux choses complètement différentes

« Mais attention ! prévient aimablement Jean-Luc Van Den Heede.

Ils vont tenter un exploit mais surtout pas celui de battre mon record.

Ce sont deux choses complètement différentes rien que par le fait qu’ils ne sont pas en solitaire »… et qu’évidemment on ne peut guère comparer un multicoque à un monocoque.

Et celui qui douze fois déjà a passé le cap Horn à la voile de se souvenir de ses longues semaines passées seul en mer, en monocoque sur des mers du bout du monde, que ce soit pour ce « record à l’envers » mais aussi pour des Vendée Globe ou sur la Golden Globe Race qu’il a gagnée en 2019 sur son Rustler 36 Matmut dans cette course vintage sans moyens de communication et de navigation modernes.

Une image contenant texte, personne, mur, homme

Description générée automatiquement

Sur une carte dans son salon, VDH a retracé quelques-uns de ses douze passages du cap Horn… dont six fois en course et en solitaire. | CHRISTOPHE FAVREAU

En solitaire ou en équipage, ça ne se compare pas

« En solitaire, on est seul dirait Monsieur de La Palice. Seul quand tout va mal, seul pour monter en haut du mât au besoin, pour faire des réparations dans les pires conditions le plus souvent : c’est moins sécurisant, on se fait souvent peur.

Psychologiquement, à deux, on a le regard de l’autre qui vous stimule en permanence.

Dans les matins mouillés, c’est plus dur, seul, de sortir de son duvet trempé pour y aller ».

« Naviguer seul, c’est aussi un peu comme certains footballeurs privés de public, leur public.

C’est un peu la punition. Il faut trouver la force en plus pour se pousser au cul en permanence.

Je me suis souvent demandé comment quantifier en course l’avantage d’être en équipage : je n’ai pas la réponse mais je sais que c’est différent.

Ça ne se compare pas, en fait » conclut Jean-Luc Van Den Heede.

TOUR DU MONDE JEAN-LUC VAN DEN HEEDE ALEX PELLA MONOCOQUE MULTICOQUE

ULTIM LORIENT