Revue de presse Mediscoop du 11-10-2021

Date de publication : 11 octobre 2021

Une image contenant texte

Description générée automatiquementLe Figaro

Le Figaro fait savoir que « la HAS conseille de prendre au sérieux toutes les idées suicidaires chez les jeunes ».

Le journal indique ainsi : « « As-tu déjà pensé au suicide ? » Aux médecins, parents ou enseignants, souvent désarmés face au mal-être des adolescents, la Haute Autorité de santé conseille, dans des recommandations publiées le 30 septembre, de poser la question explicitement ».

Le Dr Charles-Édouard Notredame, psychiatre à l’hôpital universitaire de Lille et président du groupe de travail réuni par la HAS, explique que « parler du suicide n’est pas une incitation au passage à l’acte, c’est au contraire la meilleure façon de repérer les situations à risque et de les prendre en charge ».

Le Dr Bojan Mirkovic, psychiatre au Nouvel Hôpital de Navarre (Évreux), ajoute que « la question de l’envie de mourir, que je pose systématiquement en consultation, surprend beaucoup les enfants.

Elle donne lieu à des démentis catégoriques des patients non concernés, mais elle permet aux autres de se confier.

Les enquêtes réalisées après certains suicides montrent en effet que la plupart des enfants n’avaient pas osé en parler, par peur de ne pas être pris au sérieux ou d’inquiéter leur entourage ».

Le Figaro souligne que « la HAS entend lever le tabou.

Le suicide est la deuxième cause de décès chez les adolescents.

Près de 600 jeunes de moins de 24 ans, en majorité des garçons, se tuent chaque année en France, tandis qu’environ 70.000 tentatives sont recensées ».

Le Dr Notredame indique que « la prévention est une responsabilité collective, chacun peut avoir un rôle à jouer ».
Le journal remarque qu’« aux parents, le psychiatre recommande de ne « jamais banaliser » des propos de leur enfant sur la mort, mais d’en parler ouvertement, et de ne pas hésiter à consulter leur médecin traitant, une maison des adolescents, un centre médico-psychologique. Ou à appeler le nouveau numéro dédié, 31 14 ».

Le quotidien rappelle que « la dépression de l’enfant ne ressemble pas à celle de l’adulte, mais compose un puzzle de signes souvent difficiles à interpréter.

Irritabilité, humeur instable, repli sur soi, perte d’intérêt pour les activités habituelles, rejet de l’école, entrée dans le tabagisme, difficultés pour s’endormir… ».

Géraldine Chanal, psychologue à l’association Phare, note cependant que « les parents me disent qu’ils ont du mal à placer le curseur entre ce qui relève d’un mal-être profond et ce qui est de l’ordre de la crise de l’adolescence.

Ils doivent savoir qu’un changement radical de comportement qui perdure dans le temps (un enfant qui s’isole, se désintéresse de choses qui lui apportaient du plaisir) doit déclencher l’alarme ».

Le Figaro ajoute que « la HAS invite aussi les médecins, les éducateurs et les enseignants à redoubler de vigilance.

« Le repérage repose sur une écoute active et un questionnement direct du patient », notent les experts.

Ils préconisent l’utilisation du Bits, un test de repérage mis au point pour les médecins généralistes ».

« Ses initiales forment le rappel mnémotechnique des quatre sujets à aborder, quel que soit le motif de consultation : brimades, insomnies, tabac et stress.

En cas de doute, le praticien doit interroger son patient sur ses éventuelles idées suicidaires présentes ou passées.

Il peut aussi l’orienter vers un psychiatre », précise le journal.

Le Dr Notredame explique que « le spécialiste va évaluer lors d’un entretien en tête à tête la gravité de la crise, en mesurant la fréquence, l’intensité et le caractère envahissant des pensées suicidaires, le degré d’élaboration du scénario, ainsi que le niveau de douleur ressentie par l’adolescent.

Il estimera aussi la vulnérabilité de son patient. Des antécédents familiaux, un trouble psychiatrique, un milieu familial défavorable, un harcèlement, un suivi par l’aide sociale à l’enfance sont des facteurs de risque de passage à l’acte ».

Le Figaro rappelle enfin que « des dispositifs d’éducation à la santé mentale ayant fait leur preuve existent pourtant.

Mené en classe, le programme YAM comprend ainsi 3 heures de jeux de rôle, des ateliers interactifs, des affiches éducatives et deux conférences d’une heure sur la santé mentale.

Une étude menée dans plusieurs pays européens a montré qu’il réduisait de moitié le nombre de tentatives de suicide par rapport à un groupe d’adolescents n’y ayant pas participé ».