Publié le 23/06/2020

Une activité sexuelle satisfaisante peut avoir une influence positive très importante sur le bien-être et la santé. L’activité sexuelle diminuerait la fréquence cardiaque et la pression artérielle, et réduirait le stress en augmentant la sécrétion d’ocytocine. A l’inverse, une activité sexuelle réduite serait associée à un moins bon état de santé et à une augmentation de la mortalité.

A partir des données de la “General Social Survey” – enquête nationale menée tous les deux ans aux USA-, une étude transversale a analysé la fréquence des rapports sexuels et le nombre de partenaires de plus de 4 000 hommes et de 5 000 femmes âgés de 18 à 44 ans, au cours de la période 2000-2018.

Deux questions étaient posées :

  • À quelle fréquence avez-vous eu des rapports sexuels durant les douze derniers mois ?

Les réponses proposées étaient : aucun rapport sexuel, un à deux rapports dans l’année, un à trois rapports par mois, au moins un rapport par semaine.

  • Combien de partenaires sexuels avez-vous eu durant les douze derniers mois ?

Les réponses proposées étaient : aucun partenaire, un seul partenaire, deux partenaires, au moins trois partenaires.

Pour la période 2016-2018, une majorité d’hommes et de femmes ont déclaré avoir eu au moins un rapport sexuel par semaine et n’avoir qu’un seul partenaire, ces pourcentages augmentant avec l’âge.
Plus d’hommes que de femmes n’avaient pas eu de partenaire sexuel durant l’année écoulée, (16,5 % vs. 12,0 %). Plus d’hommes que de femmes avaient eu au moins trois partenaires, (14,5 % vs. 7,1 %).
Moins d’hommes que de femmes avaient eu au moins un rapport par semaine (46,7 % vs. 53,3 %).
Moins d’hommes que de femmes avaient eu un seul partenaire (57,5 % vs. 74,2 %).

Moins de relations sexuelles chez les plus jeunes

Entre 2000 et 2018, le pourcentage d’hommes n’ayant eu aucun rapport sexuel au cours des douze mois précédents a augmenté : 9,5 % (2000-2002) vs. 16,5 % (2016-2018). Cette augmentation est encore plus marquée dans la tranche d’âge 18-24 ans (18,9 % vs. 30,9 %).

L’absence de relations sexuelles concerne surtout des hommes non mariés.

Les hommes sans emploi à temps plein et les étudiants sont plus souvent concernés.

L’augmentation du pourcentage d’hommes n’ayant pas eu de partenaire sexuel ou de relations sexuelles est observée dans la plupart des groupes sociaux, mais elle ne concerne ni les homosexuels, ni les bisexuels.

Le pourcentage d’hommes, entre 18 et 44 ans, avec au moins un rapport sexuel par semaine a diminué : 60,4 % vs. 46,7 %. La diminution est plus marquée dans la tranche d’âge 18-24 ans (51,8 % vs. 37,4 %). Cette diminution de la fréquence des rapports sexuels touche aussi bien les hommes mariés que ceux qui ne le sont pas.

Le pourcentage d’hommes entre 18 et 44 ans avec un seul partenaire a diminué : 64,3 % vs 57,5 %, et pour la tranche d’âge 18-24 ans : 44,2 % vs. 30 %.

Chez les femmes entre 18 et 44 ans, les données concernant l’activité sexuelle sont globalement plus stables.

Le pourcentage de femmes entre 25 et 34 ans sans aucun rapport sexuel lors des douze mois précédents a toutefois augmenté : 7 % (2000-2002) vs. 12,6 % (2016-2018), alors que diminuait celui des femmes ayant au moins un rapport sexuel par semaine (64,6 % vs. 54,2 %).

L’absence d’activité sexuelle concerne plus particulièrement les étudiantes, mais n’est pas associée à des revenus faibles ou à l’absence d’emploi comme chez les hommes.

Cependant la proportion de femmes qui déclarent avoir eu trois partenaires ou plus durant les douze derniers mois (3,5 % vs. 7,3 %) a augmenté. L’activité sexuelle est relativement stable chez les femmes célibataires ; chez les femmes mariées la fréquence des rapports a diminué.

Pas de rapport sexuel depuis un an pour 30 % des hommes et 20 % des femmes

Selon les résultats de cette étude, 30,9 % des hommes et 19,1 % des femmes âgés de18 à 24 ans entre 2016 et 2018, n’avaient eu aucune relation sexuelle durant les douze mois précédant l’enquête.

Entre 2000 et 2018, l’absence de relations sexuelles est devenue plus fréquente chez les hommes de 18 à 24 ans et chez les hommes et les femmes de 25 à 34 ans. L’activité sexuelle au moins hebdomadaire a diminué dans les couples mariés.

Plusieurs hypothèses sont évoquées pour expliquer cette diminution de l’activité sexuelle.

Le stress, l’hyperactivité de la vie moderne, où le travail et les loisirs (dont les jeux vidéo) laissent peu de temps pour les relations intimes.

La difficulté pour les plus jeunes à s’engager dans la vie adulte, alors que les études ou les difficultés économiques les maintiennent dépendants de leurs parents.

Les sites internet et les réseaux sociaux qui facilitent largement les rencontres,mais qui pourraient perturber la relation réelle.

Le smartphone, qui serait devenu le pire ennemi du couple.

D’autres hypothèses pourraient être envisagées : je compte sur vous, lecteurs, pour les soumettre.

Dr Catherine Vicariot

RÉFÉRENCE : Ueda P et coll. : Trends in Frequency of Sexual Activity and Number of Sexual Partners Among Adults Aged 18 to 44 Years in the US, 2000-2018.
JAMA Network Open. 2020; 3(6):e203833. doi:10.1001/jamanetworkopen.2020.3833.

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