Revue de presse Mediscoop du 30-11-2021

Santé mentale des mineurs non accompagnés Une image contenant texte

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Par le Dr Sophie Florence (Paris) [Déclaration de liens d’intérêts] – Date de publication : 30 novembre 2021

Les conséquences de l’exil et de la politique de non-accueil de la France sur la santé mentale d’un nombre important de mineurs non accompagnés (MNA) qui ne sont pas pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance (ASE) sont inquiétantes.

Médecins Sans Frontières (MSF) et le Comede (Comité pour la santé des exilé·e·s) viennent de publier un rapport,

« La santé mentale des mineurs non accompagnés – Effets des ruptures, de la violence et de l’exclusion ».

Les mineurs non accompagnés représentent une population particulièrement vulnérable du fait de leur minorité, de leur isolement et de leurs parcours de vie.

Pour accéder à une protection, les MNA doivent faire reconnaître leur minorité et leur isolement devant le département.

Souvent menée de façon expéditive et teintée de suspicion, l’évaluation départementale aboutit fréquemment à un refus de reconnaissance de minorité.

Les MNA qui souhaitent contester cette décision peuvent saisir le juge des enfants, mais aucune prise en charge n’est prévue au cours de cette procédure, qui peut durer plusieurs mois voire plus d’un an.

Les MNA sont laissés à la rue et livrés à eux-mêmes.

De plus, la méconnaissance du système juridique et administratif français des MNA ainsi que la barrière de la langue constituent de véritables obstacles.

Plus de trois ans de pratique clinique (2017/2020) auprès des MNA dans le centre d’accueil de jour situé à Pantin en Ile-de-France (395 patients et 6412 interventions de psychologues) ont été analysés.

Parmi les jeunes suivis par les psychologues des deux associations entre 2017 et 2020, 50% sont atteints de troubles réactionnels à la précarité, 12% de dépressions et 37% de syndromes psychotraumatiques du fait des parcours de vie et d’exil marqués par la violence et les expériences traumatiques.

Or les conditions de vie en France sont marquées par l’errance et la rue.

La politique du non-accueil qui caractérise la gestion française des questions migratoires maintient les MNA dans l’isolement et la précarité.

En plus de majorer les pathologies psychiques préexistantes, les conditions de vie précaires des MNA favorisent l’apparition de nouveaux troubles. MSF et le Comede plaident en faveur du renforcement des capacités d’accueil des MNA au sein du dispositif de droit commun.

Retrouver le rapport en ligne