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Le SailGP est de retour à Sydney. Malgré la pandémie, les huit équipes du circuit d’élite des catamarans volant ont réussi à se réunir pour la septième confrontation de la saison qui se dispute ce week-end, avant la grande finale de San Francisco fin mars.

Sur place, le coach français Philippe Presti, entraîneur des Américains, fait le point pour Voiles et Voiliers à la veille des premières confrontations australiennes.

Pour lui, le niveau a explosé et tout se jouera le dernier jour. Interview.

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Coach courtisé par les meilleures équipes internationales, le Français Philippe Presti s’est fait une spécialité des remontadas spectaculaires.

Au fond du classement la saison dernière, les Américains se sont hissés sur la deuxième marche du podium provisoire depuis son arrivée, à un point seulement des leaders australiens. | SAILGP USA

Christophe FAVREAU.Publié le 16/12/2021 à 11h48

Voiles et Voiliers : Philippe, tout d’abord quand es-tu arrivé en Australie ?

Philippe Presti : Il y a tout juste une semaine et ça pique un peu car depuis mon arrivée, le travail avec l’équipe est très intense malgré le décalage horaire (10 h d’avance pour l’Australie, NDR).

Par contre, les équipages n’ont pas pu s’entraîner avant-hier, du fait qu’une isolation de 3 jours était imposée à tous après l’atterrissage et aussi parce que les F50 sont arrivés au dernier moment à Sydney.

Du coup la compétition va démarrer sans que nous ayons vraiment pu nous entraîner, sans compter que l’un de nos navigants s’est retrouvé cas contact dans un avion en venant et sortira de sa semaine de confinement le matin du premier jour de compétition.

Tout cela rend les choses compliquées…

Il y a une énorme dépense d’énergie en ce moment pour faire exister l’événement

Voiles et Voiliers : Reste que les 8 équipages sont maintenant sur place et que la compétition va pouvoir avoir lieu.

Philippe Presti : Oui c’est super parce que la baie de Sydney est vraiment sympa.

Nous devrions avoir du Nord-Est pour les deux jours de compétition, pas trop fort vendredi et un peu plus consistant samedi.

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Pour Quentin Delapierre, le nouveau barreur Français qui remplace Billy Besson, ce sera le deuxième Grand Prix seulement. Une fois encore, il va se retrouver dans l’arène au milieu des meilleurs marins du monde presque sans entraînement. | SAILGP France

Voiles et Voiliers : Comment s’est déroulée la petite session d’entraînement qui a pu être organisée ?

Philippe Presti : C’était compliqué car les équipes techniques de l’organisation n’ont pas eu beaucoup de temps pour bien préparer les bateaux et nous avons eu pas mal de problèmes au niveau des logiciels embarqués, ce qui nous a obligés à nous arrêter souvent pour redémarrer les systèmes.

Mais bon, nous savions que cela allait être tendu… D’autant que tous les techniciens n’ont pas pu venir ou se sont retrouvés bloqués à l’hôtel parce qu’ils étaient cas contacts.

Il y a vraiment une grosse bataille en cours pour faire que l’événement se déroule au mieux et je remercie toute l’organisation car il y a une énorme dépense d’énergie en ce moment pour faire exister ce Grand Prix d’Australie dans les meilleures conditions.

Le format du SailGP fait qu’il y a très peu d’entraînement avant chaque compétition.

Voiles et Voiliers : Du coup toutes les équipes ont pu s’entraîner un peu ?

Philippe Presti : Oui. Sauf erreur, tout le monde était à l’eau ce mercredi.

En termes d’observation il est très difficile de se faire une idée de l’état de forme des forces en présence parce qu’il n’y a pas eu de réelle confrontation, pas de bouée positionnée…

Mais de toute façon, le format du SailGP fait qu’il y a très peu d’entraînement avant chaque compétition.

C’est plus la capacité de progresser qui compte sur ce genre de confrontation.

L’équipe qui se montre dominatrice aux entraînements ne le sera pas forcément le dernier jour de compétition.

Et c’est là que ça compte ! On connaît les forces en présence.

Les Australiens sont leaders avec 45 points, juste devant nous (les Américains, NDR) et les Japonais (44 points).

Les Anglais sont en embuscades avec 40 points…

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Tenants du titre et leader du classement général provisoire, les Australiens emmenés par Tom Slingsby sont assurément les favoris de ce Grand Prix de Sydney. | CHRISTOPHE FAVREAU

Tout va se jouer le dernier jour de compétition !

Voiles et Voiliers : Cela laisse espérer un final assez haletant !

Philippe Presti : De toute façon tout va se jouer le dernier jour de compétition. Il faut finir dans les trois premiers.

Il va falloir faire en sorte de rester dans une position favorable en arrivant à San Francisco et réussir à se qualifier pour la grande finale (qui récompensera le vainqueur d’un prize-money d’un million de dollars, NDR).

De notre côté, nous travaillons beaucoup sur la navigation dans la brise car nous savons que c’est ce qui nous attend en Californie.

En plus nous avons eu beaucoup de vent à Cadix donc cela nous a permis de faire un gros débriefing.

Mais il faudra déjà assurer à Sydney car les Anglais ne sont pas loin.

Voiles et Voiliers : D’autant qu’ils avaient fait très forte impression lors de leur entrée sur le circuit à Sydney en 2020, avant que le circuit ne soit stoppé pour cause de pandémie mondiale…

Philippe Presti : Oui. Et toute l’équipe a été reconstituée depuis la fin des Jeux Olympiques qui avaient éloigné des navigants clés pendant plusieurs Grand Prix.

Là tout le monde est revenu. Fini de rigoler !

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Cette saison, le niveau a explosé selon Philippe Presti et l’arrivée à la première bouée se fait désormais sur un mode très serré. | CHRISTOPHE FAVREAU

Il y a une densité technique incroyable

Voiles et Voiliers : Tu fais partie des témoins de la naissance du circuit SailGP puisque tu étais déjà là, à Sydney, en février 2 019, le jour où les F50 se sont affrontés pour la première fois. Comment regardes-tu l’évolution de la compétition ?

Philippe Presti : Le niveau global a explosé ! Par contre ce sont toujours les mêmes qui sont devant.

La grosse différence, c’est qu’aujourd’hui, il est devenu quasiment impossible de se refaire si on ne part pas bien.

Quand j’étais coach des Australiens, nous avions cette capacité à pouvoir revenir après un départ moyen, en compensant par notre supériorité technique.

Aujourd’hui c’est fini. Tout le monde connaît bien le bateau désormais, ce qui n’était pas le cas au début.

Avant, Nathan Outtridge et Tom Slingsby étaient clairement au-dessus du lot.

Aujourd’hui, tout le monde est expérimenté. Il y a une densité technique incroyable.

Il y a du monde à la bouée sous le vent ! (Rires). Et c’est génial parce que ça fait de super régates.

C’est pour cela que nous sommes tous sur ce circuit, pour vivre ce genre de challenge.

Et ce n’est pas fini car de nouvelles équipes arrivent (suisse et canadienne NDR).

La seule limite au développement du circuit est cette pandémie mondiale qui rend les choses très compliquées…

Voiles et Voiliers : Et du côté du bateau ?

Philippe Presti : Il n’y a pas eu de changements significatifs. Mais il faut continuer à l’optimiser, notamment au niveau des foils parce qu’il reste un gros potentiel de développement de ce côté-là.

Il y a beaucoup de travail à faire sur les formes, les systèmes de contrôle embarqués, les logiciels…

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Championne du monde de planche à foil, Hélène Noesmoen participera à l’intégralité du Grand Prix australien, au poste de tacticienne / barreuse. | SAILGP FRANCE / MARIN LE ROUX

Voiles et Voiliers : Et puis il y a aussi depuis Cadix l’imposition d’embarquer une femme à bord…

Philippe Presti : Oui. Cela change pas mal la donne en termes d’organisation à bord, surtout lorsque l’on est en nombre limité pour cause de vent léger.

Là les femmes prennent une part prépondérante dans la performance parce que l’on navigue à 4 au lieu de trois quand il n’y avait que des hommes.

Dans notre configuration américaine, elle est en charge du réglage de l’aile pendant que quand nous naviguons à 6, elle se trouve à l’arrière pour donner des informations et aider à la tactique.

Cela fait une paire de mains en plus et les équipes qui vont bien l’utiliser vont mieux performer.

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