Accueil Bateau  foiler

Le Grand Prix du Danemark, quatrième acte du circuit SailGP 2021, débute ce vendredi 20 août à Aarhus et marque le retour de grands marins qui avaient été éloignés de cette compétition pour cause de participation aux Jeux olympiques.

Les huit équipes internationales ont débuté leurs entraînements depuis ce lundi.

Le coach des Américains, Philippe Presti, est sur place.

Pour Voiles et Voiliers, il dresse un état des lieux à la veille de la confrontation de ce week-end qui s’annonce très relevée.

Une image contenant personne, extérieur

Description générée automatiquement

De retour des Jeux olympiques, Peter Burling et Blair Tuke ont retrouvé les manettes de leur F50 en ce début de semaine et devraient participer activement à l’élévation du niveau de confrontation générale de ce Grand Prix du Danemark. | RICARDO PINTO POUR SAILGP

Christophe FAVREAU. Publié le 19/08/2021 à 18h20

Voiles et Voiliers : Ce quatrième acte de la saison 2 marque le retour de grands marins tels que Ben Ainslie, de Peter Burling ou de Blair Tuke. Cela va rendre les choses plus compliquées pour les autres, non ?

Philippe Presti : Il est difficile de se faire une idée précise car nous avons finalement passé très peu de temps à nous confronter aux autres équipes mais ce qui est sûr est que le peu que j’ai vu m’a conforté dans l’idée que le retour des marins olympiques et de Ben Ainslie marque clairement la montée d’un nouveau cran du niveau par rapport au dernier Grand Prix.

Toutes les grosses équipes sont de retour, à commencer par les Anglais, les Australiens, les Néo-Zélandais, les Espagnols… Les Français ont l’air aussi très en forme.

Une image contenant personne, extérieur

Description générée automatiquement

Coach internationalement réputé, le Français Philippe Presti entraîne cette année l’équipage américain, après avoir mené les Australiens à la victoire la saison dernière. | SAIL GP USA

L’équipe américaine dont je m’occupe semble aussi très bien aller.

Bref, il faudra attendre de voir ce qui se passe sur l’eau mais ces équipes-là ont clairement montré une belle maîtrise dès les premières heures d’entraînement, qui se sont pourtant déroulées dans des conditions difficiles.

Une image contenant extérieur, personne, transport

Description générée automatiquement

Sir Ben Ainslie a frappé fort pour son retour sur le circuit SailGP. À la barre du F50 anglais, il a flirté avec la barre des 100 km/h ! | RICARDO PINTO POUR SAILGP

Voiles et Voiliers : Justement, parlez-nous de ce plan d’eau de Aarhus. Les premières images montrent des conditions de navigations plutôt musclées.

Philippe Presti : Oui, c’est le cas. Nous naviguons depuis deux jours avec la petite aile, ce qui est vraiment super car nous n’avions pu l’utiliser à l’entraînement qu’une seule journée jusqu’ici. Nous apprenons donc à la dompter, comprendre comment elle fonctionne et progresser. Hier nous avons fait des régates d’entraînement mais c’était dans des grains qui dépassaient parfois les 30 nœuds. Du coup tout le monde est resté relativement prudent, pour préserver le matériel. Mais bon, certains ont tout de même flirté avec les 100 km/h !

Une image contenant extérieur, ciel, eau, bateau

Description générée automatiquement

Les Français, deuxièmes du dernier Grand Prix disputé en Angleterre, se sont montrés très consistants lors des entraînements. | THOMAS LOVELOCK POUR SAILGP

Voiles et Voiliers : Vous faites référence au record de vitesse du F50 battu mercredi par l’équipage anglais.

Philippe Presti : Oui ! Je ne suis pas surpris par de telles vitesses.

Elles sont surtout la marque d’un certain courage pour abattre dans une grosse risée et une bonne capacité à survivre ensuite à l’abattée. C’est déjà énorme.

Cela montre une sacrée confiance de l’équipage mais bon, cela ne présume pas non plus de performances générales de vitesse par la suite.

Ceci dit, ce qui s’est passé hier s’est fait dans des conditions d’entraînement.

Avec la pression de la régate, on peut facilement imaginer que les 100 km/h soient atteints.

Nous n’avons pas encore vu une série de 3 chiffres s’afficher lors des manches de compétition mais nous n’en sommes vraiment pas loin…

Une image contenant ciel, extérieur, eau, bateau

Description générée automatiquement

Le début de semaine a été l’occasion de tester une nouvelle voile de 29 mètres de haut destinée à faire voler les F50 dans les tout petits airs. Les essais se sont néanmoins déroulés dans des vents supérieurs à sa plage d’utilisation supposée (en deçà des 10 nœuds). | SAIL GP

Voiles et Voiliers : James Spithill, le skipper américain à participer aux essais d’une toute nouvelle voile. Quels sont les premiers résultats ?

Philippe Presti : Oui c’est vrai. Nous sommes arrivés un peu en avance dimanche dernier pour deux jours d’essais.

L’organisation a décidé de rajouter un grand panneau au milieu de la grande aile actuelle de 24 mètres donc nous avons commencé par regarder si un tel montage fonctionnait, à tester tous les points de charge, régler l’étai.

Nous avons eu plutôt trop de vent.

Il y avait 10-15 nœuds alors que la plage d’utilisation de cette grande aile se limite plutôt au tout petit temps mais bon, cela nous a permis de voir qu’elle tenait bien debout.

Faire voler les F50 le plus possible

Nous allons poursuivre les tests et s’ils s’avèrent concluants, cette voile de 29 mètres sera intégrée dans les choix possibles pour régater dans le vent très faible.

L’idée est vraiment de faire voler les F50 le plus possible.

Dès que l’on lève une coque, de tels bateaux créent suffisamment de vent apparent pour décoller et une telle voile permettra de significativement avancer ce moment, d’autant que la surface du foc est elle aussi augmentée.

Une image contenant extérieur, ciel, eau, bateau

Description générée automatiquement

Mouillé très près du rivage, les parcours du Grand Prix du Danemark vont entraîner des conditions de navigation erratiques, avec de violents changements dans la force et la direction du vent. | THOMAS LOVELOCK POUR SAILGP

Voiles et Voiliers : Quelles sont les spécificités du plan d’eau de Aarhus sur lequel les équipes vont s’affronter pour la première fois ?

Philippe Presti : Ces derniers jours ont été musclés avec un fort vent de terre en provenance de l’Ouest et une mer plate.

Les parcours sont mouillés très près du rivage, à moins de 50 mètres du bord à la bouée au vent, ce qui génère beaucoup d’instabilité dans la force du vent avec des grains très puissants qui alternent avec des zones de vents faibles qui peuvent descendre à 6 nœuds à cause du relief.

C’est un plan d’eau difficile qui demande énormément de réactivité.

Voiles et Voiliers : Quelles sont les conditions attendues ce week-end ?

Philippe Presti : Nous avons encore du vent assez fort aujourd’hui et demain puis il va baisser de façon significative samedi.

Il devrait alors passer de 15 à 6-8 nœuds. Mais bon, les choses peuvent encore bouger…

FOILER DANEMARK PHILIPPE PRESTI BEN AINSLIE PETER BURLING BLAIR TUKE SPORT