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Bruno Dubois Team manager de l’équipe de France, revient pour Voiles et Voiliers sur le grand prix de Cadix ce week-end.

C’était la première compétition et le baptême du feu de Quentin Delapierre, le nouveau skipper français.

Dans des conditions musclées, comme le prouve entre autres le chavirage des Espagnols puis des Anglais. Bruno Dubois rapporte des propos très encourageants de Russel Coutts, estime que Quentin Delapierre « coche déjà toutes les cases » et liste les progrès à accomplir.

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Dans la forte brise de Cadix, l’équipage français a ramené un bateau intact. | SAILGP

Didier RAVON. Publié le 11/10/2021 à 18h42

Voiles et Voiliers : Bruno, les Français avec leur nouveau « pilote » Quentin Delapierre terminent dernier, et pourtant tu sembles très satisfait ?

Bruno Dubois : Oui et cela peut paraître paradoxal. Je m’attendais à un tel résultat.

Quentin n’a eu que quatre jours pour prendre le bateau en mains, et les conditions météo ont été très légères samedi et très musclées dimanche. Sur la forme, il a été vraiment bon.

Quentin n’a eu que quatre jours pour prendre le bateau en mains. Il découvre l’engin dans la grosse piaule et reste à l’endroit

Voiles et Voiliers : Plus concrètement, quel bilan tires-tu ?

Bruno Dubois : Vendredi, lors de la petite manche d’entraînement, il termine quatrième, ce qui était pas mal.

Samedi, il n’y a pas de vent. Il n’a encore jamais navigué de sa vie avec la grande aile.

Il ne sait pas comment ça fonctionne, et se fait piéger au départ.

Dimanche, il découvre l’engin dans la grosse piaule, et reste à l’endroit.

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Quentin Delapierre a manifestement séduit Russell Coutts pour ses débuts en F50. | ÉLOI STICHELBAUT/SAILGP

Il a besoin de travailler ses départs

Voiles et Voiliers : Il est un peu joueur de vouloir partir au comité non ?

Bruno Dubois : On lui avait dit : Ne pars pas au comité au top car ça ne passe jamais, avec des Spithill, des Ainslie ou des Slingsby !

Ceux qui ont essayé, ont souvent pris un black flag (départ prématuré)…

Quentin a essayé, pensant que ça allait passer, et s’est fait sortir. Il a besoin de travailler ses départs.

Hier (dimanche) quand il a vu qu’il y avait 25-30 nœuds, Quentin a paniqué ! Il n’avait jamais navigué dans ce temps-là sur cette machine

Voiles et Voiliers : Et au niveau manœuvres et pilotage ?

Bruno Dubois : Au niveau des manœuvres ce n’est pas trop mal. On sent bien qu’il y a un manque… mais l’équipage est enchanté.

Leigh McMillan (le régleur d’aile) et François Morvan (le contrôleur de vol) sont ravis de la communication sur le bateau.

Russell (Coutts) qui écoute les conversations à bord (le SailGP c’est un peu big brother ; NDLR) est venu me trouver, me disant qu’il n’avait pas vu de différences entre sa façon de communiquer et celle de Ben Ainslie ou James Spithill.

Il ne pensait pas que ce gamin (il n’a pas 30 ans) allait s’en sortir comme ça.

Il nous a montré une belle leçon d’humilité. Hier (dimanche) quand il a vu qu’il y avait 25-30 nœuds, Quentin a paniqué ! Il n’avait jamais navigué dans ce temps-là sur cette machine.

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Chauds les départs dans une brise soufflant jusqu’à 30 nœuds ! | SAILGP

Franchement, je trouve qu’il coche déjà toutes les cases. Russell Coutts lui a dit ’tu as gagné la confiance de tous’

Voiles et Voiliers : Et alors ?

Bruno Dubois : Les gars lui ont dit : « T’inquiètes, on va t’aider. On va gérer ».

Leigh (McMillan) a fait un travail extraordinaire, l’aidant dans ses trajectoires ou quand c’était très très chaud, notamment dans les abattées.

Idem pour François (Morvan). Ils n’ont rien cassé.

Quand tu vois que Ben Ainslie s’est mis sur le toit et que Phil Robertson a complètement défoncé son aile dans une abattée.

Au retour au port, Russell (Coutts, légende de la voile et big boss de SailGP) est venu le voir et lui a dit :

« Tu as gagné la confiance de tout le Sail GP ce week-end et as montré que tu avais un vrai ciment ship.

Tu as un bel avenir chez nous ! »

On a connu ça avec des marins comme Franck Cammas ou François Gabart…

Franchement, je trouve qu’il coche déjà toutes les cases. Il parle très bien l’anglais, répond aux questions du tac au tac tout en étant poli. S

es sponsors sont venus l’encourager, et lui a déjà compris que c’était aussi de la voile business.

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Même si on ne peut pas se satisfaire d’un tel résultat, Quentin m’a agréablement surpris

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Le crash de Ben Ainslie, comme en cata de sport ! | SAILGP

Voiles et Voiliers : N’empêche, vous terminez dernier ?

Bruno Dubois : Il y a des gens qui disent notamment sur les réseaux sociaux que nous sommes toujours dans le fond du classement.

Je pense qu’après Sydney puis San Francisco (les deux prochaines étapes), il sera au top pour la saison prochaine.

Même si et je le répète, on ne peut pas se satisfaire d’un tel résultat, Quentin m’a agréablement surpris.

Il faut que nous trouvions un support type GC32 ETF26 ou 69F afin qu’il puisse naviguer entre les événements

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Bruno Dubois est satisfait des débuts de son poulain Quentin Delapierre malgré leur dernière place. | SAILGP

Voiles et Voiliers : Mais il ne va pas naviguer sur le F50 d’ici là ?

Bruno Dubois : Il va faire du simulateur mais rien ne remplace le fait d’être sur l’eau.

Il faut que nous trouvions un support type GC 32 ETF 26 ou 69F afin qu’il puisse naviguer entre les événements, travailler la communication avec l’équipage, faire du match race.

Voiles et Voiliers : Est-il vrai qu’il a manqué son avion ?

Bruno Dubois : La semaine a été intense. Il était en mode découverte. Il était mort.

Il est allé se coucher très tôt car il avait un avion à quatre heures du matin… mais ne s’est pas réveillé.

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Cette image se passe de commentaires ! | FELIX DIEMER FOR SAILGP

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