Accueil Course au large  Route du Rhum

Une image contenant eau, ciel, extérieur, personne

Description générée automatiquement Une image contenant texte, clipart

Description générée automatiquement

S’engager sur la prochaine Route du Rhum avec un catamaran qui fait appel à un mode de construction plus vertueux va dans le sens du parcours de Roland Jourdain. | VIRGINIE CARON / EXPLORE

Christophe FAVREAU. Modifié le 20/10/2021 à 08h47

Voiles et Voiliers : Roland Jourdain, qu’est-ce qui vous motive à prendre le départ de la prochaine Route du Rhum sur ce voilier innovant du point de vue écologique ?

Roland Jourdain : Je voulais être en accord avec le travail que je réalise avec ma société Kaïros depuis près de 15 ans : à savoir encourager l’utilisation de matériaux biosourcés dans la construction des bateaux, pour limiter leur empreinte carbone.

Il portera le nom du fonds de dotation Explore, créé en 2013.

Celui-ci a pour vocation d’aider les explorateurs de demain, ceux qui cherchent des solutions concrètes pour développer un monde plus vert, proposer une autre vision du monde.

Je pense que ces innovateurs ne sont pas assez mis en avant et ma participation à la prochaine Route du Rhum sera un moyen de mettre un peu la lumière sur eux.

C’est l’idée générale de la construction de ce catamaran 5X, dessiné par VPLP et construit par les chantiers Outremer.

Ce voilier de 18,28 mètres de long sur le départ de la Route du Rhum sera le symbole de cet engagement vers d’autres voies de navigation possible, portées par de nouvelles techniques et des méthodes innovantes pour réduire notre impact environnemental, tout en restant performant sur l’eau.

Ma participation à la course sur ce catamaran innovant en termes d’usage massif de la fibre de lin en remplacement de la fibre de verre est un prolongement cohérent de mon parcours de marin et d’homme

Une image contenant eau, ciel, extérieur, embarcation

Description générée automatiquement

Le X5 dessiné par VPLP et construit par les chantiers Outremer est le premier catamaran de cette taille (18,28 mètres) à faire appel massivement à la fibre de lin. | ROBIN CHRISTOL

Voiles et Voiliers : La force symbolique de la Route du Rhum doit te parler, toi qui l’as remporté deux fois, en 2006 et en 2010, en catégorie IMOCA ?

Roland Jourdain : C’est une course qui m’a fait rêver tout gamin.

Je garde le souvenir extraordinaire de la photo finish de Mike Birch et Michel Malinowski dans Voiles et Voiliers, lors de la première édition de 1978.

Cette même année, l’Amoco Cadiz s’échouait sur les côtes bretonnes et provoquait une immense marée noire…

Avec le recul, ces deux événements sont sans doute fondateurs dans ma trajectoire de coureur et d’entrepreneur.

La Route du Rhum a modelé ma carrière de marin et le drame de l’Amoco Cadiz a sans doute été le déclencheur de ma conscience écologique, de ma volonté de participer à mon niveau à une amélioration des solutions pour moins polluer le monde.

Ma participation à la course sur ce catamaran innovant en termes d’usage massif de la fibre de lin en remplacement de la fibre de verre est un prolongement cohérent de mon parcours de marin et d’homme conscient de la nécessité de développer de nouveaux usages. Tout cela a du sens.

VOIR AUSSI :

Roland Jourdain et Outremer lancent la construction d’un catamaran de 18 mètres en fibre de lin

VIDÉO. Roland Jourdain : « A quoi ça sert d’aller plus vite si c’est pour aller dans le mur ? »

Les skippers du Vendée Globe Alexia Barrier et Roland Jourdain s’engagent pour préserver les océans

La catégorie Rhum Multi nous laisse libres de nous exprimer

Une image contenant tissu

Description générée automatiquement

Si elle est 20 % plus lourde que la fibre de verre, la fibre de lin offre d’excellentes qualités mécaniques et une capacité de recyclage très supérieure. | ROBIN CHRISTOL

Voiles et Voiliers : C’est aussi l’occasion de montrer qu’il existe peut-être d’autres voies de confrontation possible sur l’eau, moins basées sur la performance pure ?

Roland Jourdain : Oui. D’ailleurs à l’origine de la Route du Rhum il n’y avait pas de classe de bateaux.

C’était très ouvert. Notre catamaran, c’est une plateforme d’interrogation sur des possibles.

La catégorie Rhum Multi nous laisse libres de nous exprimer. Nous ne sommes pas contraints par une jauge de classe.

Mais au-delà de ça, cette transatlantique en solitaire sera un premier chapitre de la vie de ce bateau.

La ligne d’arrivée de la course ne sera pas celle du projet.

Plutôt le commencement puisque j’espère que grâce aux retombées médiatiques, nous allons pouvoir mettre en avant les actions qui sont prévues par la suite.

Un tel engagement sportif va aider à lever des verrous techniques qui sont avant tout des verrous culturels

Ce sera une bonne façon de parler de l’intégration de la fibre naturelle dans les bateaux de demain.

C’est un thème pour lequel le chantier Outremer a de l’appétit car ses dirigeants perçoivent de nouvelles attentes de la clientèle en matière de procédés de construction moins impactant pour l’environnement.

Un tel engagement sportif va aider à lever des verrous techniques qui sont avant tout des verrous culturels.

Nos partenaires Terre de Lin, la plus grosse coopérative de producteurs de lin est évidemment également intéressée par l’intégration de cette fibre dans la construction des bateaux mais ils sont aussi intéressés par ce projet du fait que dans leurs métiers, dans la transition que vit aujourd’hui le monde agricole, ils savent qu’il va falloir agir autrement.

Je suis heureux d’embarquer avec nous les agriculteurs, au sens figuré comme au sens propre car ils seront invités à naviguer à bord du catamaran.

Cela participe à mieux réunir le monde de la terre et de la mer, parce que nous sommes tous des « merriens » finalement.

Une image contenant personne

Description générée automatiquement

C’est avec sa compagne Sophie Vercelletto, directrice du Vendée Globe 2008, que Roland Jourdain a créé la société Kaïros puis le fonds Explore, deux entités qui visent à proposer des solutions plus écologiques pour le monde de demain. | ROBIN CHRISTOL

Voiles et Voiliers : Ce bateau est amené à évoluer après la course non ?

Roland Jourdain : Oui, effectivement. L’année prochaine, il sera dans sa version bêta, c’est-à-dire très peu aménagé, ce qui va notamment nous permettre de mieux contrôler la façon dont va se comporter le bio composite et de courir sur un bateau plus léger et rapide.

Une fois qu’il aura fait la preuve de ses capacités marines, il embarquera les explorateurs du fonds de dotation Explore pour différentes missions qu’il s’agisse de recherches, d’innovations ou de sensibilisation à l’environnement.

ROUTE DU RHUM ROLAND JOURDAIN CLASSE RHUM OUTREMER YACHTING CATAMARAN

ÉCOLOGIE