Revue de presse Mediscoop du 17-07-2018

Science et Vie

Science et Vie observe que « pour éviter de graves maladies génétiques, une technique de PMA de pointe permet de combiner l’ADN de 3 géniteurs [avec les gamètes de deux femmes et un homme]. Le premier [bébé] est né en 2016 au Mexique ».

Le magazine explique : « Un ovocyte contient deux types d’ADN, celui contenu dans le noyau et celui des mitochondries, ces petites centrales à énergie situées à la périphérie des cellules. Or, cet ADN mitochondrial, qui se limite à 37 gènes, est parfois porteur de graves mutations, jusqu’à une personne sur 5000 ».
« En utilisant l’ovocyte d’une donneuse dotée de mitochondries saines et en remplaçant son noyau par celui de l’ovocyte de la future mère, on obtient un ovocyte débarrassé de l’ADN mitochondrial muté. En 2010, des chercheurs britanniques ont réussi pour la première fois à féconder un tel ovocyte avec un spermatozoïde. L’étape suivante – implanter l’embryon dans l’utérus de la mère – a été tentée très peu de fois », 
remarque l’article.

Science et Vie relève que « plusieurs embryons humains à 3 ADN ont d’ores et déjà été obtenus au Royaume-Uni et aux États-Unis. Mais des doutes persistent sur l’innocuité de la technique. De fait, au cours du transfert de noyau, quelques copies d’ADN mitochondrial sont toujours transférées accidentellement. Or, la coexistence dans les mêmes cellules de mitochondries de deux origines différentes pourrait entraîner un risque pour la santé du bébé ».
« Plus généralement, les manipulations subies par les cellules à ce moment crucial du développement pourraient avoir des effets néfastes à long terme », 
continue le magazine, qui cite René Frydman, « “père” du premier bébé-éprouvette français », qui remarquait en 2015 : « Le jour où cette technique donnera pour la première fois naissance à un enfant, on ne sera toujours pas assuré de l’absence de risque ».

Science et Vie constate que « cette première fois […] a eu lieu en 2016 : fin septembre, le magazine New Scientist révélait la naissance au Mexique d’un petit garçon avec 3 géniteurs génétiques, grâce à l’assistance d’une équipe du centre de fertilité New Hope, basé à New York (États-Unis) ».

Le magazine explique que « ses parents avaient enduré 4 fausses couches et perdu leurs deux premiers enfants en raison du syndrome de Leigh, une maladie génétique d’origine mitochondriale qui attaque le développement des muscles et du système nerveux ».
Science et Vie retient qu’« avec cette naissance, l’hérédité a donc été réinventée ! », et fait savoir que « début juin, une clinique de Kiev, en Ukraine, a annoncé avoir contribué à faire naître 4 enfants à l’aide d’une autre technique combinant 3 ADN ».

Date de publication : 17 juillet 2018