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Description générée automatiquement Publié le 04/01/2022

Le nombre de données concernant la prévalence de l’allergie alimentaire (AA) et de l’anaphylaxie induite par les aliments dans le monde ne cesse de croître, mais ces données sont plus souvent basées sur la mesure de la sensibilisation aux aliments (i.e. la réalisation de prick tests cutanés d’allergie ou les dosages des IgE sériques spécifiques) que sur les résultats objectifs des tests de provocation.

Il ne semble pas non plus y avoir d’enquête ayant évalué les causes des AA en fonction des situations géographiques, ce qui serait utile pour mieux protéger les consommateurs allergiques aux aliments envers d’éventuelles réactions anaphylactiques.

Bassegio Conrado et coll. ont donc effectué une revue systématique de la littérature qui a retrouvé 65 publications pertinentes, publiées entre janvier 2010 et novembre 2020, provenant de 41 pays ; elles ont été analysées par deux lecteurs indépendants.

Comme cela était attendu, les auteurs ont relevé d’importantes différences concernant les aliments responsables d’AA en fonction des pays, ces différences étant associées aux habitudes alimentaires et culturelles.

Prolifération des étiquettes

En général il existait une bonne adéquation entre les exigences législatives locales et l’indication des allergènes sur les étiquetages.

Le lait de vache est un allergène communément responsable d’anaphylaxies dans de nombreux pays, ce qui reflète probablement l’occidentalisation de l’alimentation.

Les anaphylaxies dues aux fruits sont fréquentes en Asie, en particulier en Chine, dans le cadre de sensibilisations croisées avec l’armoise.

L’anaphylaxie au soja est assez rare.

Dans certains pays l’anaphylaxie aux crustacés et au lait de vache est plus fréquente que celle qui est associée à l’arachide.

Dans ses commentaires sur ses « choix éditoriaux« , Leung, l’éditeur du JACI, écrit que « Fournir des informations appropriées aux consommateurs allergiques aux aliments ressemble beaucoup aux mésaventures des Voyages de Gulliver, mais celles-ci deviennent de plus en plus problématiques avec le temps ».

De plus, la législation peut à la fois aider et entraver la mise à disposition d’aliments sains, ce que traduit la prolifération des étiquettes de mise en garde du type « peut contenir » (tel allergène) au cours des dernières décennies.

Grâce au Codex Alimentarius, référence internationale en matière de normes alimentaires, il faut espérer une amélioration globale de l’étiquetage des allergènes.

Pr Guy Dutau

RÉFÉRENCE : Bassegio Conrado A, Patel N, Turner PJ : Global patterns in anaphylaxis due to specific foods : a systematic review. J Allergy Clin Immunol., 2021; 148(6):1515-1525.e3. doi:10.1016/j.jaci.2021.03.048.

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