PAR CHARLOTTE DEMARTI – PUBLIÉ LE 15/09/2020

Crédit photo : Phanie

L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a saisi le procureur de la République ce 15 septembre, pour lui signaler le cas de médecins prescrivant à des enfants autistes, hors AMM, des antibiotiques ou chélateurs de métaux lourds.

Certains médecins prescrivent des médicaments anti-infectieux (antibiotiques, antifongiques, antiparasitaires et antiviraux) sur de longues durées (plusieurs mois), mais également des médicaments destinés au traitement des intoxications aux métaux lourds (chélateurs) pour traiter des enfants atteints d’autisme.

L’ANSM a été alertée par ces prescriptions dangereuses – via sa procédure de lancement d’alerte – par Olivia Cattan, présidente de l’association SOS Autisme. Elle a également recueilli des témoignages de parents et des ordonnances qui font état de ces prescriptions.

L’ANSM « déconseille formellement ces utilisations pour lesquelles ces médicaments n’ont fait aucune preuve de leur efficacité et qui exposent ces enfants à des risques, en particulier lors d’une utilisation prolongée ». Par ailleurs, l’instance a indiqué aujourd’hui avoir informé le procureur de la République de ces pratiques de prescriptions cet été, mais aussi les Ordres des médecins et des pharmaciens, responsables du respect des règles de déontologie par leurs membres, ainsi que la Caisse nationale d’Assurance maladie (CNAM).

En mai dernier, l’ANSM avait également alerté les pharmaciens, leur préconisant de refuser la délivrance de ces ordonnances.

« Une cinquantaine de médecins seraient concernés, dans la mouvance de l’association Chronimed, fondée par le controversé Pr Luc Montagnier, et ils auraient traité quelque 5 000 enfants depuis 2012 », estime Olivia Cattan.

Cette année-là, Luc Montagnier, prix Nobel de médecine pour avoir participé à la découverte du virus du sida, défendait l’idée d’une « piste infectieuse » pour expliquer l’autisme, provoquant une prise de distance immédiate de l’Académie nationale de médecine, où se tenait sa conférence.

L’ANSM rappelle que « les anti-infectieux présentent des risques de survenue d’effets indésirables, en particulier lors d’une exposition au long cours. Ils peuvent se caractériser, outre les effets digestifs, par des troubles cardiovasculaires, cutanés, ainsi que par d’autres troubles spécifiques à chaque antibiotique utilisé ».

Par ailleurs, « l’utilisation d’antibiotiques sur une durée longue va contribuer à l’émergence d’une antibiorésistance qui diminuera l’efficacité du traitement en cas d’infection avérée », ajoute l’agence sanitaire.

ANSM MédicamentDétourné Autisme

Source : lequotidiendupharmacien.fr

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Troubles du spectre autistique : l’ANSM alerte sur l’usage hors AMM de certains médicaments et saisit la justice

Logo VIDAL   Actualités   Par DAVID PAITRAUD – Date de publication : 15 Septembre 2020

Dans un point d’information publié le 15 septembre 2020, l’ANSM* alerte les professionnels de santé sur des prescriptions de médicaments hors AMM chez des enfants atteints de troubles du spectre autistique.

Les médicaments signalés comme faisant l’objet d’une utilisation hors AMM sont des médicaments anti-infectieux (antibiotiques, antiviraux, antifongiques et antiparasitaires) prescrits sur plusieurs mois, ainsi que des chélateurs de métaux lourds.

L’ANSM souligne la dangerosité de ces pratiques, qui ne reposent sur aucune étude valide et exposent les jeunes patients à un risque iatrogénique.
Elle a saisi le procureur de la République de ces faits, afin d’initier une action en justice.

 *Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé
Les troubles du spectre de l'autisme (TSA) sont caractérisés par des difficultés dans les interactions sociales et la communication, et des comportements et intérêts à caractère restreint, répétitif et stéréotypé (illustration). Les troubles du spectre de l’autisme (TSA) sont caractérisés par des difficultés dans les interactions sociales et la communication, et des comportements et intérêts à caractère restreint, répétitif et stéréotypé (illustration).

L’ANSM met en garde les professionnels de santé contre l’usage inapproprié et hors AMM de médicaments dans la prise en charge des troubles du spectre autistique.
Elle rappelle dans un point d’information publié le 15 septembre que ces pratiques sont dangereuses et formellement déconseillées.

Des prescriptions non validées scientifiquement et dangereuses
Les signalements recueillis par l’ANSM portent sur la prescription chez des enfants atteints d’autisme :

  • de médicaments anti-infectieux (antibiotiques, antifongiques, antiparasitaires et antiviraux) prescrits sur des périodes longues de plusieurs mois,
  • de chélateurs de métaux lourds, indiqués normalement en situation d’intoxication aux métaux lourds.

Conformément aux dernières recommandations éditées en 2012 par la HAS (Haute Autorité de Santé), ces médicaments n’ont pas fait la preuve de leur efficacité clinique dans la prise en charge des troubles du spectre de l’autisme (cfEncadré 1).

En revanche, leur utilisation hors AMM, sur des périodes longues de plusieurs mois, expose les patients à un risque accru d’effets indésirables graves :

  • effets indésirables avec les anti-infectieux lors d’une exposition au long cours : effets digestifs, troubles cardiovasculaires, troubles cutanés, troubles spécifiques à chaque antibiotique utilisé ;
  • effets indésirables avec les chélateurs de métaux lourds : troubles digestifs, troubles rénaux, etc.

Encadré 1 – Extrait des recommandations de la HAS pour la prise en charge de l’autisme et autres troubles envahissants du développement (TED)

D’après l’expérience clinique des professionnels et du fait de l’absence ou du peu d’études disponibles en 2011 ayant évalué leur efficacité et leur sécurité, les traitements suivants, en dehors de leurs indications spécifiques, ne sont pas recommandés chez les enfants/adolescents avec TED en vue de réduire les symptômes liés aux TED :

  • immunothérapie ;
  • chélation des métaux lourds ;
  • traitements antibiotiques ;
  • traitements antifongiques ;
  • vitamines, régimes sans gluten et sans caséine, acides oméga 3
  • dextrométhorphane ;
  • famotidine ;
  • amantadine et sédatifs (benzodiazépines, antihistaminiques).

L’insuffisance de preuve et l’expérience clinique ne permettent pas de recommander la naltrexone ou les alpha 2 adrénergiques (clonidine, guanficine) [accord d’experts].

Enfin, l’utilisation d’antibiotiques sur une durée longue favorise les phénomènes d’antibiorésistance, avec pour conséquences une diminution de l’efficacité du traitement en cas d’infection avérée.

L’ANSM porte le dossier devant la justice
Suite à ces signalements, l’ANSM indique avoir mené des investigations et décidé de saisir le procureur de la République de ces pratiques de prescriptions dangereuses. Cette démarche devrait aboutir à une action en justice à l’encontre des prescripteurs de ces médicaments hors AMM.

L’ANSM a également informé de son action les Ordres professionnels des médecins et des pharmaciens, et la Cnam (Caisse nationale d’Assurance maladie).

Pour aller plus loin
Mise en garde sur l’utilisation potentiellement dangereuse de médicaments chez des enfants atteints d’autisme – Point d’information (ANSM, 15 septembre 2020)
Autisme et autres troubles envahissants du développement : interventions éducatives et thérapeutiques coordonnées chez l’enfant et l’adolescent (HAS, 2012)

Sources : ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament)

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FAITS DIVERS / JUSTICE  –  Par A.M. le 16-09-2020

Une cinquantaine de médecins mis en cause pour leurs prescriptions “dangereuses” contre l’autisme 

egora.fr

L’ANSM a informé la justice et l’Ordre après avoir reçu des signalements de prescriptions hors AMM d’anti-infectieux ou de chélateurs de métaux lourds dans le traitement de l’autisme. Une cinquantaine de médecins seraient concernés.

L’alerte a été donnée fin 2019 par la présidente de l’association SOS Autisme, Olivia Cattan. Antibiotiques, antifongiques, antiparasitaires, antiviraux ou encore chélateurs de métaux lourds…

Des médecins auraient prescrit des médicaments hors AMM pour traiter l’autisme, parfois sur des “périodes longues de plusieurs mois”, informe l’ASNM, qui a recueilli le témoignage de parents et des ordonnances établissant ces pratiques, qu’elle qualifie de “potentiellement dangeureuses”.

“Les anti-infectieux présentent des risques de survenue d’effets indésirables en particulier lors d’une exposition au long cours. Ils peuvent se caractériser, outre les effets digestifs, par des troubles cardiovasculaires, cutanés, ainsi que par d’autres troubles spécifiques à chaque antibiotique utilisé, souligne l’ANSM dans un point d’information daté du 15 septembre.

Par ailleurs, l’utilisation d’antibiotiques sur une durée longue va contribuer à l’émergence d’une antibiorésistance.”

D’après Olivia Cattan, la cinquantaine de médecins mis en cause s’inscrivent dans la mouvance de l’association Chronimed, fondée par le controversé Pr Luc Montagnier. Depuis 2012, année où le virologue défendu pour la première fois la piste infectieuse pour expliquer l’autisme, quelques 5000 enfants auraient été traités.

L’ANSM a saisi le procureur de la République et alerté les ordres des médecins et des pharmaciens. “On voudrait vraiment que ça aille en justice et que ces médecins soient radiés. Les parents, dans une impasse thérapeutique, se font avoir et jettent leur argent dans des ‘protocoles’ pas prouvés scientifiquement”, déplore Olivia Cattan, qui va prochainement publier Le Livre noir de l’autisme (Ed. du Cherche midi, 24 septembre).

[avec AFP]

autismeMieux former les médecins à l’autisme, un plan d’action lancé

Un médecin condamné pour avoir giflé des patientes atteintes de troubles psychiques

Contre l’obligation du port du masque, une médecin antivax et anti-masque diffuse de faux certificats médicaux

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Accueil Santé Médicament  –  PAR DAMIEN COULOMB – PUBLIÉ LE 16/09/2020

Autisme de l’enfant : l’ANSM alerte le conseil de l’Ordre et le procureur de la République sur des prescriptions hors AMM

Crédit photo : S.Toubon

L’agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) met en garde contre les prescriptions hors AMM de médicaments anti-infectieux et de chélateurs de métaux lourds chez des enfants atteints d’autisme.

L’agence rappelle que « ces médicaments n’ont fait aucune preuve de leur efficacité » dans l’autisme, et qu’ils « exposent ces enfants à des risques, en particulier lors d’une utilisation prolongée. » L’affaire prend d’ailleurs une tournure pénale : l’ANSM a saisi le procureur de la République au sujet de ces prescriptions dangereuses.

Elle a également informé le conseil de l’Ordre des médecins, le conseil de l’Ordre des pharmaciens et la Caisse nationale de l’Assurance-maladie (CNAM) de ces pratiques.

Prescriptions expressément défendues par la HAS

À l’origine, l’agence a été alertée par les prescriptions de certains médecins, en particulier des prescriptions d’antibiotiques, d’antifongiques, d’antiparasitaires et d’antiviraux sur des périodes de plusieurs mois mais également des prescriptions de médicaments destinés au traitement des intoxications aux métaux lourds.

Dans ses recommandations sur le sujet, la HAS précise explicitement que l’immunothérapie, la chélation des métaux lourds, les traitements antibiotiques, les traitements antifongiques, les vitamines, les régimes sans gluten et sans caséine, les acides oméga-3, le dextrométhorphane et la famotidine ne doivent pas être prescrits aux enfants et adolescents autistes en dehors de leurs indications habituelles.

Les anti-infectieux présentent des risques d’effets digestifs, de troubles cardiovasculaires et cutanés en cas d’utilisation au long cours. Par ailleurs, selon l’ANSM, « l’utilisation d’antibiotiques sur une durée longue va contribuer à l’émergence d’une antibiorésistance qui diminuera l’efficacité du traitement en cas d’infection avérée »

ANSM CNOM Autisme

Source : lequotidiendumedecin.fr

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Accueil  –  PUBLIÉ LE 17/09/2020

Prescription à des enfants autistes : une cinquantaine de médecins visés par une enquête pour « mise en danger d’autrui »

Crédit photo : PHANIE

Le parquet de Paris a ouvert une enquête après avoir été saisi par l’Agence du médicament (ANSM) du cas de médecins prescrivant à des enfants autistes des antibiotiques ou des chélateurs de métaux lourds.

En tout, ce sont une cinquantaine de médecins qui sont visés par cette enquête ouverte le 11 septembre pour « mise en danger de la personne d’autrui » et « infractions tenant à la réalisation de recherches impliquant la personne humaine », selon le ministère public cité par l’AFP.

Les investigations ont été confiées à l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaesp). L’ANSM, qui avait été informée fin 2019 par la présidente de l’association SOS Autisme, Olivia Cattan, a, depuis, recueilli des témoignages de parents et des ordonnances faisant état de ces prescriptions.

L’association a par ailleurs précisé qu’elle se joindra à l’ANSM et portera plainte en se portant partie civile.

La prise au long cours d’anti-infectieux (antibiotiques, antifongiques et antiparasitaires) ou de chélateurs est formellement déconseillée par l’ANSM, faute d’efficacité prouvée et compte tenu des effets secondaires possibles, notamment gastro-intestinaux.

5 000 enfants traités dans les Hauts-de-Seine

Selon Olivia Cattan, la cinquantaine de médecins impliqués, proche de la mouvance de l’association Chronimed fondée par le controversé Pr Luc Montagnier, aurait traité quelque 5 000 enfants depuis 2012.

Ces recherches illégales se seraient tenues dans un institut médico-éducatif situé dans le département des Hauts-de-Seine.

Dans un communiqué, SOS Autisme fait part de sa consternation, et juge « impensable qu’aujourd’hui, cet établissement n’ait été l’objet d’aucun contrôle de la part des autorités concernées ».

Cette année-là, Luc Montagnier, prix Nobel de médecine pour avoir participé à la découverte du virus du sida, défendait l’idée d’une « piste infectieuse » pour expliquer l’autisme. Il affirmait, vidéos à l’appui, que les antibiotiques pouvaient améliorer l’état de la majorité des enfants concernés.

D. C. (avec AFP)

ANSM Justice Autisme

Source : lequotidiendumedecin.fr