21/05/2010 | Diabétologie , Endocrinologie, Epidémiologie, Nutrition , Santé publique
 
Les premières journées européennes de l’obésité sont organisées les 21 et 22 mai, sous l’impulsion du Collectif National des Associations d’Obèses (CNAO). Prévenir l’obésité dès le plus jeune âge est un enjeu majeur.
En 2009, l’obésité concernait 14,5% de la population française contre 8,5% en 1997 : c’est ce que montrent les derniers résultats de l’étude ObEpi. « En matière d’obésité, le médecin généraliste a un rôle primordial dans l’information de ses patients, dans le dépistage du surpoids et de l’obésité à tout âge et dans l’orientation de ses patients obèses vers les centres de référence », indique Anne-Sophie Joly, présidente du CNAO.
Prévenir l’obésité dès l’enfance est au cœur du problème. Entre 1970 et 2000, la proportion d’enfants français en surpoids est passée de 6% à 16%. « Il faut sensibiliser les médecins traitants à l’importance d’agir très tôt. Un médecin sur cinq seulement connaît les recommandations sur l’obésité de l’enfant », souligne le Dr François-Marie Caron, Président de l’Association Française de Pédiatrie Ambulatoire.
« L’enjeu est de ne pas laisser l’enfant s’enfoncer dans l’obésité. Car la moitié des enfants en surpoids le resteront ou deviendront obèses à l’âge adulte », avertit le Dr Caron. « Or au début, un surpoids de l’enfant ne se voit pas ». Entre l’âge de 1 an et l’âge de 6 ans, un enfant doit normalement s’affiner : si bien qu’à 6 ans, son indice de masse corporelle (IMC) doit être très bas, proche de 16. « Il faut surveiller attentivement l’évolution de l’IMC de l’enfant entre 1 et 6 ans, et s’inquiéter si l’enfant ne s’affine pas durant cette période ».
 
Les pays qui ont mis en place des actions de prévention, comme la Suède ou la Suisse, sont parvenus à stopper l’augmentation de l’obésité infantile. « En France aussi, la prévalence de l’obésité chez l’enfant s’est stabilisée », se réjouit le Pr Didier Houssin, directeur général de la Santé, citant un récent rapport de l’Igas. « Les études dans ce sens sont concordantes », explique Didier Houssin. Ce bénéfice est à mettre au crédit des programmes de prévention de l’obésité infantile comme EPODE. « Mais rien n’est acquis et il faut renouveler l’effort de lutte contre l’obésité », indique Didier Houssin. « Cet effort doit porter dans deux directions : l’accès à la prévention et aux soins, la réduction des inégalités sociales et économiques ». Un Plan Obésité devrait être annoncé prochainement par le Président de la République.
Florence ROSIER