SYNDROMES PARKINSONIENS

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Par le Dr Christian Geny (CHU – Montpellier) [Déclaration de liens d’intérêts]

– Date de publication: 29 septembre 2021

Article commenté : Association of NO2 and Other Air Pollution Exposures With the Risk of Parkinson Disease.
S Jo, Y-J Kim, K Won Park et al. – JAMA Neurol. 2021 ; 78(7):800-808.

► Retrouvez l’abstract en ligne

L’influence de l’environnement dans la maladie de Parkinson semble déterminante mais les pesticides ne semblent pas les seuls impliqués comme le rapporte une étude coréenne publiée dans JAMA Neurology

La pollution de l’air est un problème de santé publique mondial puisque 80% des habitants vivant en zone urbaine sont exposés à des niveaux de pollution aérienne excédant les limites proposées par l’Organisation Mondiale de la Santé.

Récemment des travaux ont montré que l’exposition prolongée à une pollution atmosphérique est associée à l’apparition de maladies neurodégénératives en rapport avec une inflammation systémique, un stress oxydatif et un effet direct sur le cerveau.

Qu’en est-il pour le risque de la maladie de Parkinson ?

Une étude réalisée chez l’animal a montré qu’une exposition aux différentes particules présentes dans l’air entraîne des anomalies du système dopaminergique.

Une étude autopsique réalisée chez les sujets sains a retrouvé des particules ultrafines dans le bulbe olfactif avec des dépôts d’α-synucléine et de β-amyloïde A42 dans les cellules neurales et gliales.

Toutefois les études épidémiologiques publiées sont moins démonstratives.

Une seule méta-analyse avait montré une association significative entre la maladie de Parkinson et la présence d’ozone (03) tandis que l’exposition à des particules fines (PM2.5 PM10), dioxyde d’azote (NO2), dioxyde de soufre (SO2) et au monoxyde de carbone (CO) était moins constante.

La majorité de ces études avaient été réalisées dans les régions européennes ou américaines.

L’exposition aux polluants atmosphériques est beaucoup plus importante dans les pays asiatiques.

Ainsi le risque d’accident vasculaire cérébral lié aux polluants aériens est 2 à 9 fois plus important en Asie qu’en Europe et/ou en Amérique du Nord.

L’étude publiée dans JAMA Neurology par une équipe coréenne est très informative.

Ces auteurs ont utilisé les informations issues de la base de données nationale coréenne.

Ils ont sélectionné 78.830 adultes âgés de plus de 40 ans résidants à Séoul entre janvier 2002 et décembre 2006. Les patients déjà connus comme parkinsoniens avant 2006 ont été exclus.

Ces sujets ont été suivis de 2007 à décembre 2015.

Les auteurs ont corrélé le risque d’apparition de maladie de Parkinson dans cette population en ajustant en fonction des critères démographiques, socio-économiques et des différentes comorbidités.

L’exposition aux polluants (PM2.5, PM10, NO2, O3, SO2, et CO) est mesurée toutes les heures par le Seoul Research Institute of Public Health and Environment dans chacun des 25 districts de Séoul.

À l’inclusion, l’âge moyen de ces sujets était de 50,4 ans. Trois cent trente-huit sujets ont eu un diagnostic de Parkinson pendant la période de suivi.

L’exposition au NO2 a été associée avec une augmentation du risque (hazard ratio entre le quartile supérieur et inférieur, 1.41 ; 95% IC, 1.02-1.95 ; P for trend = .045).

Il n’existait pas d’associations significatives avec les autres polluants atmosphériques.

Les auteurs ont discuté les limités de ce type d’étude.

En effet, les mesures de la pollution ont été faites à l’extérieur des domiciles et l’influence d’autres polluants comme les solvants ou pesticides ne peut être évaluée.

Les résultats ne peuvent être extrapolés aux autres régions en raison des différences importantes en niveau de pollution, mais les auteurs suggèrent qu’une action contre cette pollution pourrait influencer le risque de maladie de Parkinson.