Revue de presse Mediscoop du 29-09-2021

Pollution atmosphérique : le risque de mortalité augmente en cas d'exposition à des seuils inférieurs aux valeurs officielles Une image contenant texte

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Par Mme Aude Rambaud (Saint-Germain-en-Laye) [Déclaration de liens d’intérêts]

– Date de publication : 29 septembre 2021

Une étude parue dans le BMJ montre que la pollution de l’air extérieur est associée à la mortalité même à de faibles niveaux de pollution, inférieurs aux normes européennes et nord-américaines actuelles et aux valeurs seuils de l’OMS pour les particules fines ou encore le dioxyde d’azote.

Des résultats qui contribueront certainement au débat sur la révision des limites et des normes de qualité de l’air à l’avenir.

L’exposition à long terme à la pollution atmosphérique est significativement associée à un sur-risque de mortalité, en particulier en cas d’exposition à des concentrations élevées de particules.

Néanmoins, les associations à des concentrations inférieures aux valeurs limites actuelles fixées par l’Union européenne, les États-Unis et de l’OMS pour les particules fines et le dioxyde d’azote, étaient plus incertaines.

Une nouvelle étude parue dans le BMJ montre que l’exposition à long terme à des niveaux bien inférieurs à ces valeurs limites officielles, est également positivement associée à la mortalité.

Il s’agit d’un projet multicentrique européen (ELAPSE) mené dans six pays.

Des modèles ont été utilisés pour caractériser les concentrations en particules fines (PM2,5), de dioxyde d’azote, de carbone et d’ozone.

Sur 325.367 adultes suivis pendant une moyenne de 19,5 ans avec des données détaillées sur leur mode de vie, 47.131 décès ont été observés.

Une exposition plus élevée aux PM2,5, au dioxyde d’azote et de carbone était associée à un risque significativement accru de mortalité.

Une augmentation de 5 µg/m3 des PM2,5 a été associée à une augmentation de 13% (10,6% – 15,5%) des décès naturels et pour +10 µg/m3 du dioxyde d’azote à une augmentation de 8,6% (7% – 10,2%).

Et les associations avec les PM2,5, le dioxyde d’azote et de carbone sont restées significatives à de faibles concentrations.

Pour les participants dont l’exposition était inférieure à la norme américaine de 12 µg/m3, une augmentation de 5 µg/m3 des PM2,5 a été associée à une augmentation de 29,6% (14% – 47,4%) des décès naturels.

Référence : Maciej Strak et al. – Long term exposure to low level air pollution and mortality in eight European cohorts within the ELAPSE project: pooled analysis – BMJ 2021;374:n1904

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