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Description générée automatiquement Publié le 19/11/2021

L’hématopoïèse et l’homéostasie osseuse sont quelque part interdépendantes, la proximité de la moelle osseuse et de l’os n’étant pas étrangère à ce fait qui dissimule bien des mystères biologiques.

La souffrance ou le dysfonctionnement médullaire pourrait bien favoriser la fragilité osseuse.

Cette hypothèse qui a déjà été en partie vérifiée est à l’origine d’une étude de cohorte prospective étatsunienne de longue haleine qui est une émanation de Cardiovascular Health Study débutée en 1992.

Ont été inclus 4670 sujets âgés (> 65 ans) des deux sexes, vivant au sein de la communauté et capables de déambuler sans grande difficulté.

Les concentrations sériques d’hémoglobine ont été mesurées au début de l’étude.

Chez 4 006 participants, les variations de ces dernières ont été annualisées et réparties en quartiles en tenant compte du sexe.

Les fractures de hanche survenues au cours d’un suivi médian de 11,8 années ont été recensées et confirmées à partir des informations contenues dans la base de données de Medicare.

Une association significative pour les hommes de toutes ethnies et pour les femmes afro-américaines

Les données ont été traitées au moyen du modèle des risques proportionnels de Cox.

Une association significative a été ainsi recherchée entre anémie (hommes : Hb <13 g/dL, femmes : Hb <12 g/dL) et risque de fracture de hanche.

Ce dernier s’est avéré élevé chez tous les hommes, quelles que soient leur race ou leur ethnie, le hazard ratio (HR) correspondant étant estimé à 1,59 (intervalle de confiance à 95 % IC 95% 1,01-2,50).

Il en a été autrement pour les femmes, puisque seuls les membres de la communauté Afro-Américaine sont concernés, le HR étant dans ce cas estimé à 3,21 (IC 95% 1,07-9,63).

Une déglobulisation significative d’au moins >0,36 g/dL/an a été également associée à un risque accru de fracture de hanche, mais uniquement pour les hommes, le HR étant alors calculé à 1,67 (IC 95% 1,10-2,54).

Ce risque est quelque peu atténué par l’existence d’une anémie à l’état basal, le HR étant alors de 1,53 (IC 95% 0,99-2,39).

De nombreux facteurs de confusion

Cette étude longitudinale montre donc une association significative entre anémie et risque de fracture de hanche, une relation qui n’est en rien un lien de causalité et qui, par ailleurs, apparaît modulée par le sexe et par un facteur ethnique/racial dans le sexe féminin.

Une déglobulisation significative (>0,36 g/dL/an dans cette étude) pourrait être un signe indirect en faveur d’une augmentation de la fragilité osseuse chez le sujet âgé de sexe masculin, ce qui reste à confirmer tant les facteurs de confusion potentiels apparaissent nombreux.

Le fait qu’ils n’aient pas été tous pris en compte dans cette étude, limite la portée de ses résultats.

Dr Philippe Tellier

RÉFÉRENCE : Valderrábano RJ et coll. Associations of hemoglobin and change in hemoglobin with risk of incident hip fracture in older men and women: the cardiovascular health study. Osteoporos Int. 2021 ;32(8):1669-1677. doi: 10.1007/s00198-021-05873-y.

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