Actualités –  publiée le 27/02/2019 par Équipe de rédaction Santélog

PNAS

En particulier, au début de la vie, les nouveau-nés qui vont devoir développer une cartographie de leur propre corps, et cela, principalement grâce à des perceptions tactiles liées aux personnes et aux objets qui les entourent.

Comment notre cerveau fait-il la distinction entre une perception tactile liée à son propre toucher et une perception liée au toucher des autres ? Ces travaux de l’Université de Linköping (Suède) ont examiné ce qui se passe dans ces 2 cas de figures, dans différentes parties du système nerveux. La recherche, présentée dans les Actes de l’Académie des Sciences américaine (PNAS) suggère que notre cerveau semble réduire notre perception sensorielle de notre peau lorsque nous la touchons nous-mêmes.

La capacité de faire la distinction entre soi et les autres est primordiale pour la définition de soi, de ses comprtements et de ses actions. En particulier, au début de la vie, chez les nouveau-nés qui vont devoir développer une cartographie de leur propre corps, et cela, principalement grâce à des perceptions tactiles liées aux personnes et aux objets qui les entourent. Une incapacité à définir ce concept de soi, tels que la capacité de reconnaître ses propres actions, sont caractéristiques de plusieurs troubles psychiatriques. L’exemple est donné de certains patients atteints de schizophrénie qui peuvent se chatouiller eux-mêmes, avec les mêmes perceptions que s’ils étaient chatouillés par quelqu’un d’autre, ce qui suggère que leur cerveau interprète différemment les perceptions sensorielles de leur propre corps.

Ces scientifiques suédois ont examiné ce qui se passe dans différentes parties du système nerveux lorsqu’une personne est touchée par une autre personne, et ont comparé cela avec un toucher personnel. La conclusion est simple : le cerveau réduit le traitement de la perception sensorielle quand elle provient de son propre toucher. Comment cela « se passe-t-il » ? La peau contient des récepteurs sensoriels qui réagissent au toucher, à la pression, à la chaleur et au froid. Les informations sur le toucher sont transmises de ces récepteurs à la moelle épinière et au cerveau, où la perception est traitée en plusieurs étapes dans différentes zones du cerveau. Ici, plusieurs expériences effectuées sous IRMf montrent que l’activité cérébrale chez des participants invités à se caresser le bras lentement avec leur propre main ou caressés par quelqu’un d’autre, est très différente dans plusieurs zones du cerveau : son propre toucher déclenche une activité significativement réduite dans plusieurs parties du cerveau.

Le cerveau attache moins d’importance aux perceptions induites par son “propre corps” : Des données cohérentes avec une théorie de la recherche sur le cerveau suggérant que le cerveau tente de prédire les conséquences sensorielles de tout ce que nous faisons. Cela signifie qu’il n’attache pas autant d’importance aux perceptions sensorielles causées par notre propre corps, car les informations qui en découlent sont attendues.

Et cette différence semble intervenir, dans le traitement des perceptions sensorielles liées au toucher, dès le début de la moelle épinière.

Source : Proceedings of the National Academy of Sciences Jan 2018 doi:10.1073/pnas.1816278116  Distinction of self-produced touch and social touch at cortical and spinal cord levels,

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