Accueil – 8 juin 2022 – par SIRC avec Santé Canada

Parlons de la pollution atmosphérique : Assurer la sécurité des sportifs de plein air | SIRC | Blogue

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En l’honneur de la Journée de l’air pur (8 juin), le SIRC s’est associé à Santé Canada pour présenter de l’information sur la pollution atmosphérique et la façon dont elle peut affecter la santé et la performance des gens qui pratiquent des sports de plein air. Nous soulignons également les façons dont les entraîneurs, les officiels et les organisations sportives peuvent s’adapter pour assurer la sécurité de tous les participants et toutes les participantes lors d’activités sportives en plein air.

Ces dernières années, on a porté un intérêt renouvelé sur la création d’environnements sécuritaires pour les participantes et participants aux activités sportives. Alors que les progrès en matière de sécurité sportive ont principalement porté sur les abus et les mauvais traitements et sur les protocoles de retour au jeu dans le contexte de la COVID-19, l’aspect de la sécurité sportive associée à la qualité de l’air dans les environnements sportifs extérieurs a été négligé.

Heureusement, l’air du Canada est régulièrement classé parmi les plus propres du monde, selon l’Organisation mondiale de la santé. Mais ce n’est pas une raison pour baisser la garde ! Même à de faibles niveaux, la pollution atmosphérique peut avoir des répercussions négatives sur la santé et la performance.

Comprendre la pollution atmosphérique et ses effets sur la santé humaine

Au Canada, la pollution atmosphérique provient  : Des véhicules (voiture avec échappement) D’établissements industriels (usine avec cheminées) Des feux de forêt (arbres en feu) Du chauffage au bois (poêle à bois intérieur) De la construction (machine utilisée pour creuser les fondations et autres projets de construction) De l’agriculture (tracteur) De l’industrie pétrolière et gazière (tour à combustible fossile) De la production d'électricité (tour de transmission d'énergie)

Sources de pollution de l’air au Canada. Voir l’infographie complète créée par Santé Canada.

La pollution atmosphérique est un mélange d’agents chimiques, physiques et biologiques.

Il existe de nombreux types de polluants atmosphériques, notamment les particules fines (PM2,5), le monoxyde de carbone (CO), l’ozone troposphérique (O3), le dioxyde de soufre (SO2) et le dioxyde d’azote (NO2).

Ces polluants peuvent provenir de nombreuses sources, notamment des émissions des véhicules, de l’agriculture et de l’industrie.

L’exposition à court terme aux polluants atmosphériques a été liée à une baisse de la fonction pulmonaire et à des poussées d’asthme.

Plus préoccupant encore, l’exposition à long terme a été associée à un risque accru de cancer du poumon, d’accident vasculaire cérébral, de maladie cardiaque, de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) et de décès prématuré.

Si les polluants atmosphériques provenant de sources telles que la circulation, les usines et les feux de forêt peuvent nuire à la santé de tous, les personnes les plus exposées sont les enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes et les personnes souffrant de maladies préexistantes.

Même si vous ne le soupçonnez pas, les personnes qui font du sport et de l’exercice sont également exposées à un risque accru.

Comment la pollution atmosphérique affecte les sportifs

Les participantes et participants au sport ont besoin de plus d’oxygène pour donner le meilleur d’eux-mêmes lors de l’entraînement et de la compétition.

Pour répondre à cette demande accrue d’oxygène, elles et ils respirent rapidement et profondément, absorbant de grandes quantités d’air dans leurs poumons.

Si les participantes et participants au sport se trouvent dans une zone de pollution atmosphérique, cela signifie qu’elles et ils inhalent des quantités plus importantes de polluants atmosphériques.

Les participantes et participants au sport courent également un risque accru d’exposition à la pollution atmosphérique, car elles et ils respirent principalement par la bouche pendant les activités intenses.

Cela signifie que l’air respiré contourne le mécanisme de filtration naturel du nez, ce qui entraîne l’inhalation d’une plus grande quantité de polluants atmosphériques directement dans leurs poumons.

Certains polluants atmosphériques, tels que les gaz et les particules fines, peuvent passer des poumons à la circulation sanguine et affecter d’autres organes que les poumons.

À court terme, une exposition accrue aux polluants atmosphériques peut affecter les performances sportives en rendant la respiration plus difficile et en augmentant la sensation d’effort pendant un exercice aérobique (effort perçu).

À long terme, cette exposition accrue peut entraîner toute une série d’effets néfastes sur la santé qui peuvent entraver la pratique du sport.

Les athlètes souffrant d’affections préexistantes telles que l’asthme sont encore plus vulnérables aux effets de la pollution atmosphérique.

Stratégies visant à réduire l’exposition à la pollution atmosphérique pour les sports de plein air

Un cycliste pédale à proximité de cheminées industrielles.

Les organisations sportives, les entraîneurs et les officiels sont responsables de la sécurité de leurs participantes et participants.

Les directives relatives à la foudre sont largement utilisées au Canada et dans le monde pour protéger les participantes et participants aux sports de plein air contre les dangers associés à la foudre.

De même, les organismes de sport de plein air, les entraîneurs et les officiels peuvent se protéger, ainsi que les athlètes et les spectateurs, contre l’exposition à la pollution atmosphérique pendant les activités sportives de plein air.

Les stratégies comprennent :

  • Surveiller les nouvelles et les sources de médias sociaux fiables pour les alertes locales et régionales sur la qualité de l’air en matière de santé publique.
  • Annuler ou reprogrammer les activités sportives en plein air les jours où la qualité de l’air est mauvaise.
  • Déplacer les activités sportives en plein air vers des lieux couverts lorsque la qualité de l’air est mauvaise.
  • Choisir des lieux où les activités sportives en plein air sont éloignées des sources de pollution atmosphérique, comme les usines ou les routes très fréquentées.

Utilisation de la Cote air santé (CAS)

Un outil que toute personne impliquée dans le sport peut utiliser pour surveiller la qualité de l’air est la Cote air santé (CAS).

La CAS, que l’on peut trouver sur Airhealth.ca, est un outil de santé publique utilisé pour communiquer les risques d’exposition à la pollution atmosphérique dans votre région.

La CAS présente le risque sanitaire relatif associé aux effets combinés sur la santé des polluants atmosphériques, notamment le NO2, les PM2,5 et l’O3.

Les risques sont basés sur une échelle de 1 à 10+. Les 4 catégories de risque relatif vont d’un risque faible (1 à 3) à un risque très élevé (10+).

Tableau bilingue présentant les valeurs de risque de la cote air santé regroupées par :   risque faible (1 à 3) en tons de bleu  risque modéré (4 à 6) dans les tons de jaune à orange  risque élevé (7 à 10) dans les teintes de rose à rouge bordeaux  risque très élevé (10+) en brun

L’échelle CAS et les valeurs de risque. Pour connaître les valeurs prévues et observées de la CAS dans votre région, consultez le site AirHealth.ca.

La CAS présente le risque de pollution atmosphérique actuel et observé, et prévoit également les valeurs de la CAS pour plus tard dans la journée et le jour suivant.

La présentation du risque est accompagnée de messages sanitaires que vous pouvez utiliser pour décider si la pratique d’un sport en plein air est sans danger dans votre région ou si vous devez envisager de reporter ou d’annuler votre activité.

En fournissant les valeurs prévues pour les jours à venir, la CAS peut vous aider à planifier vos futures activités de plein air.

Le meilleur moment pour pratiquer des activités sportives en plein air est lorsque le risque pour la santé est faible (1 à 3).

Vous pouvez maintenir votre activité lorsque le risque pour la santé est modéré (4 à 6), mais vous devez surveiller les symptômes des participantes et participants et modifier l’activité en conséquence.

Lorsque le risque sanitaire est élevé (7 ou plus), vous devez annuler l’activité et la reprogrammer lorsque le risque sanitaire est faible.

Ou, si possible, déplacez l’activité à l’intérieur, dans un gymnase d’école, par exemple.

Si vous souhaitez recevoir des alertes sur la qualité de l’air directement sur votre téléphone, vous pouvez télécharger l’application CAS sur Google Play ou l’App Store.

Faire progresser la sensibilisation et les politiques en matière de qualité de l’air dans le sport

Des gens jouent au soccer en plein air sur un terrain alors que la qualité de l'air est mauvaise et que le smog est visible.

Pour protéger les participantes et participants aux sports de plein air, les organismes de sport doivent être conscients des effets que la pollution atmosphérique peut avoir sur toutes les personnes impliquées dans le sport, comme les athlètes, les entraîneurs, les spectateurs et les officiels.

À cette fin, Santé Canada appuie le Centre de documentation pour le sport (SIRC) et lui fournit un soutien financier et technique pour élaborer un module d’apprentissage en ligne et un guide de politique axés sur la pollution atmosphérique et le sport.

Ce module d’apprentissage en ligne passe en revue les effets de la pollution atmosphérique sur les participantes et participants aux sports de plein air.

Il identifiera également les moyens de prendre des mesures pour protéger celles-ci et ceux-ci de l’exposition à la pollution atmosphérique pendant les activités sportives de plein air.

Lorsqu’il sera prêt, le module sera hébergé sur la plateforme d’apprentissage en ligne de l’Association canadienne des entraîneurs, Le casier.

Santé Canada travaille également avec le SIRC à la rédaction d’un guide destiné à aider les organismes sportifs à élaborer des politiques sur la qualité de l’air qui contribueront à protéger leurs participantes et participants, maintenant et dans les années à venir.

Le guide de politique pourra être téléchargé à partir du site Web du SIRC.

Le module de formation gratuit et le guide des politiques seront disponibles à l’automne 2022.

Veuillez contacter info@sirc.ca pour plus d’informations.

Ressources recommandées

Les ressources suivantes peuvent vous être utiles pour en savoir plus sur la pollution atmosphérique et sur ce que votre organisation peut faire pour assurer la sécurité de vos participantes et participants :

A propos de(s) l’auteur(s)

Brynna Kerr, M.Sc., est assistante de recherche au SIRC. À ce titre, elle soutient les initiatives de recherche, de mobilisation des connaissances et d’évaluation du SIRC. Brynna est également doctorante à l’Université de Toronto, où elle examine comment les initiatives éducatives peuvent améliorer les connaissances et les comportements des jeunes en matière de commotions cérébrales. L’objectif de sa recherche est de faire en sorte que les athlètes puissent continuer à profiter en toute sécurité des nombreux avantages que le sport a à offrir.

Veronica Allan, Ph. D., est directrice de la recherche et de l’innovation au SIRC. À ce titre, elle dirige les initiatives de recherche et d’évaluation du SIRC. Elle sollicite, appuie et préserve le contenu des chercheurs, des experts et des leaders d’opinion afin de mobiliser les connaissances pour le secteur du sport et de l’activité physique au Canada. Ses expériences en tant que chercheuse, journaliste et athlète lui ont permis d’acquérir des compétences uniques et une passion pour les données, les récits et le sport.

Opel Vuzi est le spécialiste de la qualité de l’air et de la santé à Santé Canada à Edmonton, en Alberta. Il travaille avec le gouvernement de l’Alberta pour mettre en œuvre la Cote air santé dans cette province. Il a lancé et géré un certain nombre de projets visant à accroître la sensibilisation aux effets néfastes de la pollution atmosphérique et à élaborer des outils de promotion de la santé, tels que des lignes directrices et du matériel de formation sur la pollution atmosphérique et la santé. Son expérience professionnelle dans le domaine de la santé environnementale et publique fait de lui un collaborateur important pour la promotion de la santé et l’engagement des intervenants.

Références

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