Au lieu de profiter du temps libre supplémentaire dégagé par le confinement et le travail à la maison pour bouger un peu, les Canadiens n’ont jamais été aussi inactifs physiquement depuis le début de la pandémie.

Par Jean-Benoit Legault, La Presse canadienne

un homme sédentaire Profession Santé logo 30/11/2021

Cela leur vaut d’ailleurs une note de « F » dans le deuxième « Bulletin de l’activité physique chez les adultes » dévoilé mardi par l’organisme ParticipACTION.

Près de neuf Canadiens sur dix sont ainsi sédentaires pendant au moins huit heures par jour. Seulement 7% des adultes utilisaient un mode de transport actif pour aller travailler et seulement 49% d’entre eux marchaient au moins 7500 pas par jour.

Si ce n’est pas d’hier qu’on décrie le peu d’intérêt des Canadiens à se lever et à bouger, il semblerait maintenant que la pandémie soit venue s’ajouter aux nombreux obstacles – réels ou imaginaires – qui se dressaient déjà entre la population et une meilleure forme physique.

« L’activité physique au quotidien a toujours été un défi pour bien des gens, a déploré le président et directeur général de ParticipACTION, Steeve Ager.

La pandémie n’a fait qu’accentuer ce défi-là et a même augmenté le déclin de l’activité physique chez les adultes. »

Même les activités quotidiennes, comme prendre une marche avec des amis ou se rendre au travail, ont été mises à mal par la pandémie, que ce soit parce qu’elles n’étaient plus permises ou qu’on ne les jugeait plus sécuritaires.

Si quelques Canadiens ont profité de la pandémie pour commencer à bouger un peu plus, la majorité a malheureusement eu le réflexe inverse, a dit M. Ager.

« La sédentarité a augmenté au cours de la dernière année, et c’est peut-être là l’effet le plus néfaste de la pandémie », a-t-il ajouté.

Le « Bulletin de l’activité physique chez les adultes » a été compilé à partir de 18 indicateurs, a expliqué M. Ager.

Certains concernaient les habitudes personnelles de la population – comme le nombre de pas par jour, le temps consacré à une activité physique légère à modérée et le temps consacré au sommeil ou à la sédentarité – et d’autres aux facteurs environnementaux liés à l’activité physique, comme la présence d’infrastructures ou l’offre de services.

On a constaté il y a quelques années que le sermon «au moins trois fois par semaine, 30 minutes chaque fois » pouvait avoir comme effet pernicieux de décourager la population en plaçant la barre un peu trop haut.

On a alors plutôt adopté un discours plus « inclusif » en suggérant d’incorporer l’activité physique à la vie de tous les jours, par exemple en utilisant l’escalier ou en descendant du bus un arrêt plus tôt.

Le simple fait d’entrecouper notre journée de pauses actives, d’entrecouper les périodes sédentaires en se levant et en se déplaçant, pourra avoir des bienfaits, a ajouté M. Ager.

Le discours, poursuit-il, s’en va beaucoup plus vers rappeler à la population qu’il est nécessaire d’avoir une séquence régulière de mouvements dans notre quotidien.

Ceux qui voudront aller un peu plus loin pourront ensuite se rabattre sur les directives qui recommandent environ 150 minutes d’activité physique d’intensité moyenne à élevée par semaine.

« Chaque geste que l’on pose peut avoir des bénéfices et des gains pour notre santé et nous rapproche d’un comportement actif au quotidien », a conclu M. Ager.

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