Revue de presse Mediscoop du 23-12-2021

Nouvelles données sur la prescription d'opioïdes pour une utilisation chronique Une image contenant texte

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Par Mme Aude Rambaud (Saint-Germain-en-Laye) [Déclaration de liens d’intérêts] –

Date de publication : 23 décembre 2021

Le risque d’initiation aux drogues illicites injectables chez les personnes ayant reçu un traitement aux opioïdes chronique sur ordonnance pour des douleurs non cancéreuses est faible (3 à 4 % des cas sur cinq ans), mais néanmoins environ huit fois plus élevé que chez les personnes naïves d’opioïdes.

C’est ce qu’indique une étude parue dans le BMJ.

Plusieurs études ont évalué l’association entre l’utilisation d’opioïdes à des fins médicales et l’initiation de la consommation de drogues illicites ou injectables.

Pour en savoir plus sur cette association dans un contexte de prescription médicale à long terme pour soulager une douleur non cancéreuse, et le début de l’utilisation de drogues par injection (UDI) chez les personnes sans antécédents de consommation de substances, une équipe a mené une vaste étude longitudinale portant sur près de 60.000 personnes âgées de 11 à 65 ans.

La cohorte était composée de personnes testées pour le virus de l’hépatite C ou le VIH au Canada, et les données croisées avec la base des médicaments délivrés entre 2000 et 2015.

Les épisodes de consommation d’opioïdes ont été classés selon la durée et l’intensité croissante de la consommation : aigu en cas de durée inférieure à 90 jours, épisodique pour une durée supérieure ou égale à 90 jours mais avec moins de 90 jours de stock, et enfin chronique en cas de durée ≥ 90 jours d’épisode avec du stock pour plus de 90 jours.

Les personnes avec un épisode chronique ont été appariées 1:1:1:1 sur les variables socio-économiques à celles avec des épisodes épisodiques ou aigus et à celles qui étaient naïves d’opioïdes, et les participants suivis pendant une médiane de 5,8 ans.

Parmi eux, 1149 ont débuté une consommation de drogue illicite par injection.

Ce risque à cinq ans était le plus élevé pour les participants ayant une consommation chronique d’opioïdes (4%), suivis de ceux ayant une consommation épisodique (1,3%) puis aiguë (0,7%) et ceux qui étaient naïfs d’opioïdes (0,4%).

Le risque d’initiation, bien que faible, était donc 8,4 fois plus élevé chez les personnes ayant une consommation chronique d’opioïdes que chez celles n’ayant jamais pris d’opioïdes (6,4 – 10,9).
En outre, l’initiation de l’UDI était plus fréquente à des doses d’opioïdes plus élevées et à des âges plus jeunes.

Référence : James Wilton et al.- Prescription opioid treatment for non-cancer pain and initiation of injection drug use: large retrospective cohort study – BMJ 2021;375:e066965

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