Tour de France à la Voile / dimanche 25 juillet 2010
 
Un mois, 31 courses, 1000 milles et un vainqueur au classement général de cette 33e édition du Tour de France à la Voile : Nouvelle-Calédonie ! Les hommes de Bertrand Pacé sont en tête des 28 concurrents depuis le 3 juillet dernier. Hier soir, à La Seyne-sur-Mer, ils peuvent enfin relâcher la pression : victoire !

« Si on veut gagner le Tour de France à la Voile, il ne faut pas lâcher le morceau. Ca demande beaucoup d’énergie. C’est difficile, exigeant, long. C’est du non-stop. Tu arrives, tu repars. Il faut toujours avoir la niaque. » A la barre de Nouvelle-Calédonie, Bertrand Pacé vient de gagner son septième TFV. La dernière fois, c’était en 1997. Aujourd’hui, le champion de match-race commence à peine à y croire. « Je me suis toujours senti en danger. Tout le temps. Je suis quelqu’un de très anxieux. A Lorient ou à Talmont, quand les journalistes me disaient que nous avions gagné, je ne l’ai jamais cru. » Nouvelle-Calédonie termine 31 points devant Courrier Dunkerque, deuxième aujourd’hui et vainqueur en 2008 et 2009. « Ca fait plaisir, » sourit-il. Il rigole carrément. « Nous avons tout fait pour pouvoir gagner cette année. Oui, ça fait plaisir d’arriver à cet objectif. » Puis Pacé reconnaît « avoir forgé la victoire lors des grandes étapes » mais avoue s’être senti « menacé par Courrier Dunkerque et Toulon-Provence-Méditerranée – COYCH. L’équipage de Daniel Souben a été très constant, son bateau va très vite. » Courrier Dunkerque a d’ailleurs remporté la première manche disputée aujourd’hui en rade de Toulon, et Nouvelle-Cal la seconde. Un duel de tous les instants ! Derrière eux, les Hyérois de TPM – COYCH ont été très performants lors des étapes méditerranéennes. Vainqueurs en 2007, deuxièmes l’an dernier, ils complètent cette année le podium.

Le classement étudiant est, lui, dominé par Team SOG – Safran. Les étudiants trinitains ont soufflé tout le monde par leur façon de naviguer, leur bonne entente et leurs résultats. Y compris leur manager, Marc Guillemot. Le skipper confie ressentir « une grande fierté d’avoir porté et soutenu ce projet. Je les ai aidé à trouver les fonds pour régater, mais les ai laissé gérer la partie sportive. Je me suis régalé depuis le début et quand je regarde le résultat aujourd’hui, je suis très fier. » Guillemot ajoute que « Julien Villion et ses gars ont bien géré leur équipe. Ils ont beaucoup de rigueur mais sont sympas et savent rigoler. Sans la partie humaine, ça ne sert à rien d’avoir tout le reste. C’est la qualité du Team SOG – Safran. » 48 points derrière, CSC – HEC – Ecole Navale est deuxième. Normale Sup – Lagardère, troisième.

Les choses sont plus floues du côté des amateurs. Et pour cause ! En quittant ce matin les pontons de La Seyne-sur-Mer, Mummaduck n’avait qu’un point d’avance sur Ville de Genève – Carrefour Prévention. A l’issue des deux manches du jour, Ville de Genève mène au classement provisoire devant Purflo – Les Thermes Marins – Saint Malo, et Mummaduck est relégué à la troisième place. Mais Les Genevois, qui ont changé de spi, doivent attendre le verdict du jury pour savoir s’ils perdent dix points. Auquel cas ils cèderaient la victoire amateur aux Malouins. A l’heure d’écrire ce communiqué, le jury est toujours en délibération;

Qu’ils soient pros, amateurs ou étudiants, ce soir, tous les coureurs trinquent à cette dernière journée de régates comptabilisées. De Dunkerque à La Seyne-sur-Mer, la bagarre a été particulièrement relevée. Clap de fin demain, avec un postlogue de coefficient zéro.

Récit de la première manche du jour :
14h23 : bon départ ! 15 à 20 nœuds de vent, claques à 25. Mer plate. Banane à deux tours mouillée au 275° pour 1,5 milles. Le plan d’eau est divisé en deux : la droite est peu ventée, la gauche beaucoup plus – 15 nœuds. Au vent, Oman Sail’s Renaissance passe en tête, suivi de Ville de Genève – Carrefour Prévention et de Groovederci. Courrier Dunkerque, 8e, reprend place par place et finit par remporter la manche devant Purflo – Les Thermes Marins – St Malo et Groovederci.

Récit de la deuxième manche du jour :
16h : bon départ ! Rappel individuel pour Bienne Voile – SRS I, qui a réparé. 18 nœuds de vent sur zone. Banane à deux tours mouillée au 285° pour 1,5 milles. Supelec abandonne sur problème de mât. Le parcours est réduit : arrivée à la seconde marque au vent. Nouvelle-Cal gagne, suivi de Côtes d’Armor et de Groovederci.

Ils ont dit
Bertrand Pacé, skipper et barreur de Nouvelle-Calédonie :
« Nous avons pris le spi rouge du leader au début, l’avons perdu une journée mais l’avons rapidement récupéré. Nous avons ensuite réussi à le garder tout au long du parcours. Ca paraît facile comme ça, mais c’est beaucoup d’énergie. C’est très intense.
C’est la septième fois que je gagne le TFV. La dernière fois que j’ai gagné, en 1997, il fallait déjà être dessus ! En arrivant à Dunkerque, j’avais peur de ne plus avoir cette énergie. Force est de constater que je l’ai eu, et que nous avions aussi une bonne équipe. Nous étions vraiment ensemble : ce n’est pas ‘’que’’ moi. Quand l’équipage est toujours à 100%, ça aide à reprendre des forces.
Beaucoup de choses sont excitantes dans le TFV : le Farr 30 est un bateau incroyable, le parcours est génial, les côtes superbes, le niveau est haut, l’alternance des parcours bananes et des offshores me plait. J’avais dit à Vincent Portugal, le manager, que je voulais bien faire le TFV, mais en entier. J’ai annulé une épreuve de match-race et me suis totalement investi dans la compétition.  
Mon étape préférée ? Le tour de Bretagne. C’est toujours l’étape phare de l’épreuve ! Il s’y est passé plein de choses. J’ai eu la chance de le faire avec Gildas Morvan qui est un bon copain. Humainement, ça s’est bien passé. J’ai découvert de nouveaux gars plein de talent et me suis régalé avec eux. »

Julien Villion, skipper de Team SOG – Safran :
« C’est le sentiment du travail bien fait. C’est ce qu’on voulait depuis le début. Nous savions que nous avions les moyens d’être forts sur ce TFV parce que notre projet est top, que l’équipe est top. Nous sommes contents d’avoir réussi. Jusqu’à la fin, ce n’est jamais joué et on ne voulait vraiment pas se mettre dans la tête que c’était gagné. Surtout que nous avions une super place au général : ça nous a obligé à rester au taquet car il n’y avait pas de raison de ne pas la jouer. Nous nous sommes concentrés jusqu’au bout ! Nous sommes une bande de potes, et il ne faut pas oublier Nicolas Lunven et Antoine Koch qui sont venus naviguer à bord. Ils font eux aussi partie de la bande de potes. Ils l’ont gagné avec nous ! »