Actualités  –  publiée le 20/08/2021 par Équipe de rédaction Santélog

Pediatrics

Des symptômes de dépression sont identifiés chez 17% des pères de bébés prématurés (Visuel Adobe Stock 109513313)

Il ne faut pas négliger l’impact psychologique élevé d’une naissance prématurée, chez les pères, tout autant ou presque, que chez les mères, rappelle cette équipe de cliniciens de l’Ann & Robert H. Lurie Children’s Hospital of Chicago qui révèle l’incidence élevée des symptômes de dépression chez les pères de prématurés.

Des symptômes durables et persistants même après le départ de l’USIN et le retour au domicile, selon cette toute première étude sur le sujet, publiée dans la revue Pediatrics.

On ne compte plus les études sur la dépression post-partum chez les mères et ces données sont bien nécessaires pour apporter au nouveau-né et à la mère le soutien et les soins nécessaires.

Jusque-là en revanche, la dépression chez les nouveaux pères n’a pas reçu beaucoup d’attention.

Cette étude révèle que les deux parents dont le bébé prématuré a été pris en charge en l’USIN sont à risque de dépression.

La dépression chez les papas de prématurés mérite plus d’attention

L’étude, menée par le Dr Garfield, de l’Ann & Robert H. Lurie Children’s Hospital of Chicago, a dépisté la dépression chez 431 parents d’enfants prématurés à l’aide de l’échelle EPDS (Edinburgh Postpartum Depression Scale) à 4 points au cours du suivi, lors de l’admission du nouveau-né à l’USIN, à sa sortie de l’USIN, puis 14 jours et 30 jours après.

L’analyse montre que :

  • Des symptômes de dépression sont identifiés chez 33% des mères et 17% des pères ;
  • Ce dépistage permet de prédire le risque de poursuite de symptômes de dépression parentale au cours du premier mois de la vie du bébé à la maison ;
  • Au cours de cette période, les scores de dépression diminuent -et sont divisés par 10- chez les mères mais restent pratiquement stables chez les pères : ainsi si la prévalence de la dépression post-partum diminue de manière significative chez les mères ce n’est pas le cas chez pères après le retour du bébé à la maison.

Des conséquences possibles pour le bébé : l’American Academy of Pediatrics a apporté de nombreuses preuves des effets des expériences défavorables de l’enfance, telles que la dépression parentale, sur le risque de retard de développement cognitif, émotionnel et linguistique chez l’enfant, plus tard dans l’enfance, ainsi que sur le risque de troubles du comportement.

Des études récentes suggèrent également que les pères déprimés sont moins susceptibles de s’engager dans des activités parentales positives avec l’enfant.

« Ces données soulignent l’importance de tendre la main aux pères, qui pourraient ne pas même être conscients qu’ils ont besoin d’aide et qu’ils sont en détresse”.

Les auteurs suggèrent de mettre en œuvre des interventions d’éducation et de soutien des deux parents après une prise en charge du bébé en USIN, comme en cas de naissance prématurée.

Ensuite, c’est un changement de culture du soin qui s’impose aussi, apporter une nouvelle attention à la santé mentale des nouveaux pères.

A la fois pour la famille, le couple, le père et pour un développement optimal de l’enfant.

Source: Pediatrics June 2021 DOI: 10.1542/peds.2020-042747 Maternal and Paternal Depression Symptoms During NICU Stay and Transition Home

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