CARDIO-VASCULAIRE HTA

Par Alexandra Verbecq le 24-02-2022

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Le sport peut être un facteur déclenchant révélateur de pathologies sous-jacentes.

Ce thème a été abordé lors de la 32ème édition des Journées européennes de la Société française de cardiologie (JE-SFC) s’est tenue en format hybride du 12 au 15 janvier 2022 à Paris.

En France, avec près de 50 000 cas par an dont 3 à 5% de survie, la mort subite est un problème de santé publique dont la prévention et la prise en charge doivent encore progresser.

Si les causes sont connues comme les coronaropathies (70 à 80% des cas), les cardiomyopathies (10 à 15%), les cardiomyopathies génétiques ou non génétiques, les maladies du rythme héréditaires (1 à 2%) et les maladies valvulaires (1 à 5%), seule une minorité de la population est traitée.

Pour le Pr Vincent Probst (Centre de référence des maladies rythmiques héréditaires, CHU Bordeaux « C’est un point central, la majorité des patients ne sont pas connus et ne sont donc pas pris en charge ».

D’après le Club des cardiologues du sport, chaque année, entre 800 et 1000 décès surviennent durant le sport. L’incidence est de 1 sur 50 à 100 000 pratiquants avant 35 ans et de 1 sur 25 à 50 000 après 35 ans.

« La pratique régulière d’une activité physique modérée a des bénéfices prouvés. Un sujet avec une pathologie cardiaque peut pratiquer une activité adaptée à ses capacités.

Mais s’il pratique un sport intense, il multiplie par trois son risque de mort subite (Corrado et al. 2003) » précise le Pr François Carré (CHU Pontchaillou Rennes).

Les hommes sont principalement concernés par la mort subite lors d’une activité physique. Le pic des décès se situe à l’âge de 45 ans dans le cadre d’une pratique sportive de loisir tandis qu’en compétition les jeunes sont impactés. Une revue de la littérature (Peterson DF et al. Br. J. Sports Med. 2020) a révélé que les Afro-Américains sont particulièrement victimes de mort subite notamment dans le basket ball de très haut niveau, où l’incidence est de 1 sur 3000.

« Actuellement, la visite d’absence de contre-indication au sport ne concerne que la compétition. Ce qui représente trop peu de personnes », constate le spécialiste.

Si pendant l’exercice le risque augmente, la mort subite survient plutôt après l’effort intense lors de la phase de récupération.

« La survenue de l’accident peut être due à la balance sympathique-parasympathique jouant un rôle dans le coup de frein vagal sur un corps inondé de catécholamines » précise-t-il.

Le risque augmente avec la fréquence des entraînements intensifs et un exercice très intense sans entraînement est à risque. « Avec le changement de mode de vie, nous voyons de plus en plus de jeunes de 30 ans ayant des infarctus ou des syndromes coronaires aigus. Après 35 ans, les maladies coronaires dominent mais nous voyons aussi des cardiomyopathies qui se révèlent et des cas de canalopathies », poursuit-il.

Dans les études autopsiques chez les sportifs, les causes ne sont pas identifiées dans 40 à 50% des cas. Une hypertrophie ventriculaire gauche idiopathique est retrouvée dans 10 à 19% des cas.

Le commotio cordis, qui survient plutôt chez les jeunes, est lié à un choc thoracique non pénétrant, qui intervient à un moment du cycle cardiaque précis, ce qui provoque soit un blocage ventriculaire complet, soit une fibrillation ventriculaire.

Des prodromes à ne pas négliger

Selon une récente publication (Stormholt ER et al. Current Cardiology Report 2021), il existe des prodromes liés au sport avant la mort subite entre 17 et 48% des cas.

Les sportifs ont ressenti des symptômes qu’ils n’ont pas respectés.

Pour le Pr Carré « Nous sommes très démunis pour prévenir la mort subite. Nous devons éduquer les sportifs plutôt que d’essayer de nous acharner à découvrir une pathologie cardiaque méconnue ».

Le pronostic de survie après une mort subite lors d’une pratique sportive varie en fonction de la présence de témoins (85 à 90 % des cas), leur intervention pour effectuer une réanimation (25% des cas), un rythme choquable et un défibrillateur mobilisable.

Lorsque le massage et le choc sont réalisés, le taux de survie peut passer de moins de 10% à plus de 40%.

Si un sportif décède, la cause doit être recherchée pour prévenir les membres de la famille.

« En cette période virale et vaccinale, la première règle est d’expliquer aux sportifs de ne pas faire d’activité physique en cas de syndrome grippal même asymptomatique et les différentes fédérations recommandent aux sujets venant de se faire vacciner de ne pas pratiquer de sport intense », conclut le Pr Carré.

Sources : 32ème édition des Journées européennes de la Société française de cardiologie (JE-SFC, 12 -15 janvier 2022 à Paris). D’après une communication du Pr Vincent Probst (Centre de référence des maladies rythmiques héréditaires – CHU Bordeaux) et du Pr François Carré (CHU Pontchaillou Rennes)

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