Revue de presse Mediscoop du 07-02-2022

Date de publication : 7 février 2022

Une image contenant texte

Description générée automatiquementLe Figaro

Pauline Fréour relaie en effet dans Le Figaro les résultats d’une étude du Centre d’expertise de la mort subite (AP-HP – Inserm – Université de Paris), publiés dans le Journal of the American College of Cardiology.

La journaliste explique que « les chercheurs ont analysé l’issue des arrêts cardiaques dans le milieu sportif en Île-de-France entre 2005 et 2018, au regard de deux paramètres : l’intervention rapide par massage cardiaque d’une personne témoin du malaise et le recours à un défibrillateur automatisé externe (DAE) ».

Pauline Fréour retient que « la survie en cas d’arrêt cardiaque dans un contexte sportif (pendant la session ou dans l’heure qui suit), qu’il soit récréatif ou de compétition, a plus que doublé sur cette période, passant de 28,3% en 2005-2007 à 66,7% en 2016-2018 ».

Elle note que « ce progrès considérable peut être mis en regard d’une volonté convergente des pouvoirs publics, fédérations sportives et sociétés savantes de cardiologie dans les années 2000 de former plus de Français aux gestes qui sauvent.

Dans l’entourage des sportifs, en tout cas, le début d’un massage cardiaque par des personnes témoins d’un arrêt du cœur est passé sur la période étudiée de 34,9% au taux très élevé de 94,7% ».

Le Pr Jean-François Toussaint, cardiologue, directeur de l’Irmes, indique ainsi que « les gens reconnaissent mieux les situations d’urgence et osent davantage intervenir qu’il y a dix ans ».
Pauline Fréour relève toutefois que « malgré leur présence croissante sur le territoire, le recours à un DAE lors d’un malaise reste moins fréquent : 1,6% en 2005-2007, et 28,8% en 2016-2018, avec des progrès notables à partir de 2012 ».

Le Pr Éloi Marijon (Inserm/AP-HP/Université de Paris), qui a mené cette étude, remarque que « les arrêts cardiaques de sportifs qu’on imagine en bonne santé marquent les esprits, mais l’enseignement de cette étude s’applique à toutes les morts subites, y compris celles qui ne surviennent pas pendant une activité sportive.

Ce qu’il faut en retenir, c’est l’impact colossal de la formation au massage cardiaque et du recours au DAE ».

La journaliste rappelle qu’« à Paris et sa petite couronne, hors milieu sportif, le taux de survie en cas d’arrêt cardiaque n’est que de 5%.

C’est aussi la moyenne nationale, avec toutefois de fortes disparités : les départements du Nord ou de la Côte d’Or affichaient des taux de survie de 40% dans une étude antérieure menée de 2005 à 2010 par Éloi Marijon ».

Pauline Fréour observe qu’« une formation d’une à deux heures, à renouveler régulièrement, peut suffire pour apprendre les rudiments du massage cardiaque, sans bouche-à-bouche, explique le Dr Pascal Cassan, médecin conseiller national de la Croix-Rouge française.

Devant une personne qui s’effondre et ne respire plus, il ne faut pas hésiter : appeler les secours et commencer à masser « 2 pressions par seconde » ».

La journaliste note que « l’étude plaide aussi en faveur d’un effort accru de prévention.

Si le public est surtout frappé par ces jeunes athlètes qui s’effondrent en plein match, […] ce n’est pas le cas de figure le plus fréquent.

De façon stable sur les 13 années couvertes par l’étude, les victimes sont à 95% des hommes d’environ 50 ans qui souffrent de maladies coronaires (obstruction des vaisseaux du cœur) ».

« Des travaux antérieurs de la même équipe montrent d’ailleurs que la moitié des victimes d’arrêt cardiaque ont présenté des symptômes caricaturaux les jours précédents (essoufflement durable, douleur intense en étau au niveau du cœur), et que la moitié des victimes ont un historique connu de maladies cardiovasculaires », continue Pauline Fréour.

Le Pr Toussaint rappelle qu’« on dispose de moyens de diagnostic et préventifs pour ces maladies.

Faire du sport est plus que jamais bénéfique pour la santé, mais lorsque l’on reprend après un long arrêt passé 40 ans, il est important de consulter un médecin ».

La journaliste note enfin qu’« une minorité des victimes souffre en revanche de pathologies rares et silencieuses (cardiopathies hypertrophiques, canalopathies) délicates à identifier et pour lesquelles il faut soutenir la recherche ».