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Description générée automatiquement Publié le 29/11/2021

Les Services d’Urgences Pédiatriques [SUP] sont soumis à une pression croissante.

Jusqu’en 2020, les passages dans ces services ont eu tendance à augmenter ; pourtant, une partie de ces visites n’est pas justifiée par un problème médical urgent.

D’après une étude anglaise ces deux caractéristiques de l’activité des SUP se retrouvent, amplifiées, dans la tranche d’âge néonatale.

Le SUP d’un hôpital pédiatrique de Bristol (Royaume Uni) a vu le nombre annuel des consultations augmenter de 60 % de 2008 à 2019, de 29 164 à 46 875, et chuter de 32 % en 2020 – 1ère année de la pandémie de Covid-19 -, à 31 924.

Concernant les nouveau-nés (≤ 28 j de vie), le nombre annuel de consultations a doublé de 2008 à 2019, de 655 à 1 318, et n’a diminué que de 11 % en 2020, à 1 173.

Les consultations néonatales de l’année 2016 font l’objet d’une étude rétrospective sur dossiers.

Elles représentent 3 % des consultations de l’année (1 205/41 067) et concernent environ 8 % des nouveau-nés nés dans la circonscription sanitaire (1 104/14 000).

Les consultants étaient âgés de 14 ± 8 jours et en majorité de sexe masculin (56 %).

Une petite moitié était amenée par les parents (584/1 205 ; 48,5 %), 34 % adressés par un médecin généraliste ou une sage-femme, et 13 % transférés d’un autre hôpital.

Les premiers motifs de consultation étaient des troubles respiratoires (18 %), des vomissements (8 %), des difficultés d’alimentation (8 %) …

La plupart des familles (78 %) recherchaient un avis ou une réassurance plutôt qu’un traitement.

Absence de problème médical significatif pour 42 % des consultations, retour à domicile dans deux tiers des cas

Il a été conclu à l’absence de problème médical significatif dans 42 % des consultations (504/1 205), sans examen complémentaire dans la moitié des cas.

Cette conclusion a été un peu moins fréquente lorsque le nouveau-né était adressé par un médecin généraliste (32 %).

A l’issue de la consultation, la plupart des consultants sont rentrés à la maison, mais 18,5 % ont été hospitalisés, 15 % durant moins de 24 h dans une unité d’hospitalisation de courte durée [UHCD], en général « pour observation ».

Sinon, les deux diagnostics finaux les plus fréquents ont été ceux de « bronchiolite » (n = 126, 10,5 %) et de « suspicion d’infection bactérienne » (n = 121 ; 10 %).

Une moitié des bronchiolites est rentrée à la maison, l’autre moitié a été hospitalisée dans l’UHCD (27), dans un service de pédiatrie (35) ou en soins intensifs (2).

Toutes les suspicions d’infection bactérienne ont mené à l’hospitalisation dans un service de pédiatrie (105) ou en soins intensifs (5) ; 22 ont été confirmées par la bactériologie : 5 septicémies et/ou méningites et 17 infections urinaires.

Au total, 63 % des consultations néonatales (754/1 205) se sont soldées par un retour à domicile, 2 fois sur 3 sans examen complémentaire et 9 fois sur 10 sans traitement ; 37 % par une admission.

Ces résultats, combinés à la stabilité du nombre annuel de naissances dans la région, font penser que l’anxiété des parents et l’attrait de la structure (accessibilité, ressources disponibles) expliquent au moins une partie de l’augmentation des passages au SUP de Bristol de 2008 à 2016, et entraînent des médicalisations et des admissions inutiles.

Une population vulnérable

Cependant, toute tentative de réduction des passages doit tenir compte du fait que les nouveau-nés constituent une population vulnérable, dont les symptômes ne sont pas spécifiques même en cas de maladie grave, et que l’anxiété des parents est rarement infondée (sept des 10 nouveau-nés admis en soins intensifs avaient été amenés par les parents).

Le SUP de l’hôpital de Bristol a développé la coopération avec les unités néonatales et la médecine de ville.

Il a installé une ligne téléphonique pour conseiller et orienter, amélioré l’utilisation des bilirubinomètres et facilité l’accès aux unités néonatales pour les difficultés d’alimentation.

Dr Jean-Marc Retbi

RÉFÉRENCE: Blakey SJ et coll. : Retrospective observational study of neonatal attendances to a children’s emergency department. Acta Paediatrica., 2021 ; 110 :2968-2975. Doi : 10.1111/apa.16039

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