Revue de presse Mediscoop du 30-08-2021  –  Date de publication : 30 août 2021

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Description générée automatiquementLe Figaro

Anne Prigent revient dans Le Figaro sur « un avis sur la vaccination de la Haute Autorité de santé (HAS) qui est passé quasi inaperçu : fin juin, l’institution a recommandé la vaccination de tous les nourrissons contre les méningocoques du sérogroupe B, responsable de ce que l’on appelle communément la méningite B ».

Le Dr Ludovic Casanova, maître de conférences de médecine générale à l’université d’Aix-Marseille, membre du Collège national des généralistes enseignants, souligne ainsi que « celle-ci représente plus de la moitié des méningites bactériennes.

C’est une maladie relativement rare, mais grave chez le nourrisson.

Elle est souvent diagnostiquée trop tard ».

Anne Prigent rappelle qu’« une méningite se manifeste par de la fièvre, des maux de tête violents, des vomissements, une raideur de la nuque, une hypersensibilité à la lumière, accompagnée d’une certaine léthargie, voire de troubles de la conscience.

Mais la raideur de la nuque n’est pas toujours présente chez les tout-petits et les autres symptômes peuvent être attribués à d’autres maladies.

Or son évolution peut être foudroyante et ses conséquences dramatiques ».

La journaliste indique en effet que « pour 9 à 12% des nourrissons, la méningite B va se révéler fatale et, parmi les survivants, 6% vont souffrir d’importantes séquelles physiques et neurologiques : amputation de membre, surdité, troubles neuropsychologiques… ».

Elle explique que « la Haute Autorité de santé s’est autosaisie de la question suite à la simplification du schéma vaccinal en 2018.

Seules deux doses sont désormais nécessaires alors qu’il en fallait trois en 2013.

Mais même ainsi, le rapport coût-bénéfice n’est toujours pas en faveur d’une vaccination pour tous. C’est pourquoi la décision a suscité des débats au sein de la commission technique des vaccinations ».

Le Pr Élisabeth Bouvet, présidente de la commission technique des vaccinations de la HAS, précise : « Nous avons écouté les pédiatres qui s’inquiétaient notamment du risque d’un rebond épidémique avec la reprise d’une vie sociale normale, et les données dans des pays qui ont généralisé la vaccination, comme l’Angleterre ou le Portugal, montrent une efficacité en vie réelle et une protection individuelle des enfants jusqu’à l’âge de 4 ans ».

Anne Prigent note que « depuis l’introduction en Angleterre du vaccin, les études ont en effet montré une réduction du nombre de cas entre 60 et 80%.

De plus, des travaux suggèrent une efficacité sur d’autres souches bactériennes et notamment contre la souche W.

Enfin, le vaccin apparaît bien toléré.

Autre argument qui a pesé dans la balance : le remboursement permettra de lever la barrière financière, source d’inégalités sociales d’accès au vaccin ».

La journaliste conclut que « la Haute Autorité de santé insiste néanmoins sur le coût élevé du vaccin [83 € la dose] et attend une baisse du prix importante.

Le Dr Ludovic Casanova se félicite de cette recommandation.

Comme près de 30% des médecins généralistes, il propose régulièrement le vaccin, mais se voit généralement opposer un refus lié au coût et à l’ignorance du risque.

En revanche, le médecin reste très réservé sur une éventuelle obligation vaccinale ».

Il déclare que « comme la protection est strictement individuelle et le risque faible, laissons la possibilité aux citoyens de choisir en leur présentant les arguments ».