Actualités  –  publiée le 24/10/2020 par Équipe de rédaction Santélog

Frontiers in Psychology

Si nous ne mettons pas notre cerveau au défi, il ne pourra pas atteindre son potentiel maximum (Visuel AdobeStock_257338154).

L’écriture manuscrite contribue à créer beaucoup plus d’activité et de connexions dans les parties sensorimotrices du cerveau, nous expliquent ces chercheurs de la Norwegian University of Science and Technologie (NTNU) qui rappellent aussi, dans la revue Frontiers in Psychology, que cliquer sur un clavier ne permet pas de développer les mêmes capacités.

L’auteur principal, le professeur Audrey van der Meer de la NTNU estime que des directives d’éducation nationales devraient garantir un minimum de formation à l’écriture manuscrite. L’étude vient confirmer les conclusions de précédentes recherches ayant déjà suggéré que les enfants et les adultes apprennent davantage et mémorisent mieux lorsqu’ils écrivent à la main.

L’utilisation du stylo et du papier donne au cerveau plus d’accroche aux souvenirs

L’équipe a mené 2 études sur le sujet, en 2017 et en 2020. En 2017, les chercheurs avaient examiné l’activité cérébrale de 20 élèves. Dans cette nouvelle recherche, l’équipe observe l’activité cérébrale chez 12 jeunes adultes et 12 enfants à l’aide d’un EEG réalisé à partir de plus de 250 électrodes. Chaque évaluation de 45 mn par participant a permis aux chercheurs de mesurer l’activité cérébrale à 500 points par seconde. L’analyse montre que :

  • le cerveau des participants est beaucoup plus actif lors d’une tâche d’écriture à la main que lors d’un exercice de saisie sur un clavier.

L’écriture à la main, une expérience sensorielle à part entière : l’écriture manuscrite crée beaucoup plus d’activité notamment dans les zones sensori-motrices du cerveau.

De nombreux sens sont activés en appuyant sur le stylo sur du papier, la vision (voir les lettres et les phrases se former), l’audition (le son du stylo ou du crayon sur le papier) voire l’odorat avec l’odeur de l’encre.

En résumé, l’écriture manuscrite constitue une expérience sensorielle à part entière qui sollicite un plus grand nombre de zones cérébrales qui apportent des points d’accroche à la mémoire.

  « En écrivant, nous apprenons mieux et nous nous souvenons mieux »

Apprendre aux enfants à dessiner et à écrire à un âge précoce : l’équipe insiste sur l’importance de solliciter les enfants à dessiner et à écrire à un âge précoce, en particulier à l’école.

Si la réalité numérique d’aujourd’hui est que la saisie sur clavier et le temps d’écran font partie intégrante de la vie quotidienne des enfants et des adolescents et que le smartphone est un compagnon constant, si enfin l’apprentissage numérique a de nombreux aspects positifs, l’écriture manuscrite reste un processus indispensable pour le développement de la mémoire :

« Apprendre à écrire à la main est un processus un peu plus lent, mais il est important que les enfants passent par la phase plus ardue de l’apprentissage de l’écriture manuscrite. Les mouvements complexes de la main et la mise en forme des lettres sont bénéfiques à plus d’un titre.

Taper sur un clavier induit le même mouvement pour chaque lettre. L’écriture manuscrite suppose un contrôle de la motricité fine et des sens.

Elle permet de placer le cerveau en situation d’apprentissage ».

Pour que le cerveau se développe de la meilleure façon possible, nous devons l’utiliser pour ce qu’il fait de mieux et de plus difficile. Nous devons utiliser le maximum de nos sens, faire le maximum d’expériences de toutes sortes et le maximum de rencontres de personnes différentes.

Si nous ne mettons pas notre cerveau au défi, il ne pourra pas atteindre son potentiel maximum.

Source: Frontiers in Psychology 28 July 2020 DOI : 10.3389/fpsyg.2020.01810 The Importance of Cursive Handwriting Over Typewriting for Learning in the Classroom: A High-Density EEG Study of 12-Year-Old Children and Young Adults

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