Actualités  –   publiée le 20/08/2021 par Équipe de rédaction Santélog

JEM

Certains antibiotiques pourraient apporter leur contribution au traitement de certains cancers de la peau, précisément en ciblant les mitochondries ou centrales énergétiques des cellules cancéreuses (Adobe Stock 71709539)

Oui, certains antibiotiques pourraient apporter leur contribution au traitement de certains cancers de la peau, précisément en ciblant les mitochondries ou centrales énergétiques des cellules cancéreuses, souligne cette équipe de dermatologues de l’Université catholique de Louvain.

Certains antibiotiques semblent en effet efficaces contre le mélanome précisément, confirme cette étude préclinique publiée dans le Journal of Experimental Medicine (JEM).

Des chercheurs belges ont peut-être trouvé une nouvelle arme dans la lutte contre le mélanome : des antibiotiques qui ciblent les « centrales électriques » des cellules cancéreuses.

Ces antibiotiques exploitent une vulnérabilité qui apparaît dans les cellules tumorales lorsqu’elles tentent de survivre à un traitement anticancéreux.

Empêcher les cellules de mélanome de survivre et de s’échapper

« Au fur et à mesure que le cancer évolue, certaines cellules de mélanome peuvent échapper au traitement et se « cacher » du système immunitaire, ce qui leur confère le potentiel de former une nouvelle masse tumorale à un stade ultérieur », explique l’auteur principal,  Eleonora Leucci, chercheur en cancérologie et biologiste de l’ARN à la « KU Leuven » : « pour survivre au traitement contre le cancer, cependant, ces cellules inactives doivent conserver leurs mini centrales électriques ou les mitochondries ».

Comme les mitochondries dérivent de bactéries qui, au fil du temps, ont commencé à vivre à l’intérieur des cellules, elles sont très vulnérables à une classe spécifique d’antibiotiques.

Cibler les mitochondries des cellules cancéreuses, avec des antibiotiques adaptés, c’est le concept testé par l’équipe, ici sur des souris modèles de mélanome.

En pratique, les chercheurs ont implanté des tumeurs dérivées de patients dans des souris, qui ont ensuite été traitées avec des antibiotiques, soit comme traitement unique, soit en combinaison avec des thérapies anti-mélanome existantes.

L’expérience montre que :

  • Les antibiotiques tuent rapidement de nombreuses cellules cancéreuses et permettent de gagner un temps précieux nécessaire à l’activation de l’immunothérapie ;
  • Quant aux tumeurs ne répondant plus aux thérapies ciblées, les antibiotiques permettent de prolonger la durée de vie et dans certains cas même de guérir les souris.

Des antibiotiques très spécifiques :  ces antibiotiques, notamment en raison de la résistance croissante ne sont désormais que rarement utilisés pour traiter les infections bactériennes.

Cependant, cette résistance n’a aucun effet sur l’efficacité du traitement dans cette étude car les cellules cancéreuses montrent toujours une sensibilité élevée à ces antibiotiques.

A ce stade, les patients atteints de mélanome ne doivent pas tester ce traitement qui doit encore être validé par des essais cliniques, rappellent les chercheurs.

Mais cibler les mitochondries des cellules de mélanome, en complément des traitements anticancéreux standards, apparaît déjà une piste prometteuse.

Source: Journal of Experimental Medicine July 21 2021 DOI : 10.1084/jem.20210571 Activation of the integrated stress response confers vulnerability to mitoribosome-targeting antibiotics in melanoma

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