Actualités  –  publiée le 22/11/2020 par Équipe de rédaction Santélog

Journal of Applied Physiology

Une combinaison bien spécifique de capacités permet à ces athlètes de courir un marathon (>42 km) en moins de 2 heures (Visuel Université d'Exeter)

Cette étude de médecins du sport et de kinésithérapeutes de l’Université d’Exeter a tenté d’identifier les capacités physiques et physiologiques extraordinaires de coureurs d’élite testés au grand complexe sportif Exeter Arena.

L’étude identifie une combinaison bien spécifique de capacités qui permet à ces athlètes de courir un marathon (>42 km) en moins de 2 heures.

L’étude est basée sur les tests subis par des athlètes participant au projet Breaking2 de Nike, ce projet ayant justement pour défi de faire sauter cette limite des 2 heures. Une limite « explosée » en octobre 2019, par le coureur de fond kényan Eliud Kipchoge à Vienne, en Autriche (qui finit alors son marathon exactement en 1 heure 59 minutes et 40 secondes) et qui participait à cette étude de l’Université d’Exeter.

Un équilibre physiologique parfait à la limite du point de virage lactate

Ici, l’équipe du Pr Andrew Jones, de l’Université d’Exeter montre que ces coureurs de marathon d’élite doivent avoir un “équilibre parfait” de VO2 max (taux d’absorption d’oxygène), d’efficacité du mouvement et un « point de virage lactate » élevé (au-dessus duquel le le corps commence à ressentir plus de fatigue).

Ainsi,

– les mesures de VO2 chez ces coureurs d’élite montrent qu’ils peuvent absorber de l’oxygène deux fois plus vite au rythme du marathon qu’une personne «normale » du même âge en sprintant à fond ;

– l’équilibre des exigences physiologiques est décrit comme « parfait pour la performance du marathon » : sur la base de tests de course en plein air de 16 athlètes, lors de la phase de sélection de Breaking2, l’étude révèle qu’un coureur de 59 kg aurait besoin d’absorber environ quatre litres d’oxygène par minute (ou 67 ml par kg de poids par minute) pour accomplir un marathon en 2 heures, c’est-à-dire à une vitesse moyenne de 21,1 km / h ;

La deuxième caractéristique clé est un fonctionnement « économique », ce qui signifie que le corps utilise efficacement l’oxygène, à la fois en interne et par une action de course efficace : pour courir pendant 2 heures à cette vitesse, les athlètes doivent maintenir un VO2 « stationnaire » :

– cela suggère que leur organisme répond à tous leurs besoins énergétiques en aérobie (à partir de l’oxygène) plutôt que de compter sur la respiration anaérobie, qui épuise les réserves de glucides dans les muscles et conduit à une fatigue plus rapide ;

La troisième condition est le « point de virage lactate », c’est-à-dire le pourcentage de VO2 max qu’un coureur peut supporter avant le début de cette respiration anaérobie qui induit une fatigue plus rapide.

Une fois ce point de virage franchi, les glucides dans les muscles sont utilisés à un taux élevé, ce qui épuise les réserves de glycogène.

Le concept du mur est bien connu des marathoniens

Une question de sensation …Alors, le corps doit passer à la combustion des graisses, ce qui est moins efficace et entraîne généralement un ralentissement du coureur.

Ici, 15 des 16 participants marathoniens d’Afrique de l’Est semblent savoir courir intuitivement juste en dessous de leur vitesse critique juste en dessous du point de virage lactate mais sans jamais le dépasser.

Une « intuition » particulièrement sensible et même pour ces coureurs d’élite car le point de virage baisse légèrement au cours du marathon.

Source: Journal of Applied Physiology 05 Nov 2020 DOI : 10.1152/japplphysiol.00647.2020 Physiological demands of running at 2-hour marathon race pace