Actualités  –  publiée le 1/01/2022 par Équipe de rédaction Santélog

Nature Microbiology

Pour la première fois une étude décrypte le processus par lequel la viande rouge augmente le risque de maladie cardiovasculaire (Visuel Fotolia)Une image contenant texte Description générée automatiquement

Cette équipe de la Cleveland Clinic décrypte pour la première fois le processus par lequel la viande rouge augmente le risque de maladie cardiovasculaire.

Une nouvelle compréhension, détaillée dans la revue Nature Microbiology qui apporte les bases de nouvelles cibles pour prévenir et réduire les maladies cardiovasculaires.

L’auteur principal, le Dr Stanley Hazen, Directeur du Center for Microbiome & Human Health de la Cleveland Clinic effectue des recherches sur le sujet depuis plus de dix ans.

Lors de précédentes études, son équipe a découvert qu’un sous-produit qui se forme lorsque les bactéries intestinales digèrent certains nutriments abondants dans la viande rouge et d’autres produits d’origine animale – appelé TMAO (oxyde de triméthylamine) – augmente le risque de maladie cardiaque et d’accident vasculaire cérébral.

En particulier, en 2018, des résultats de la même équipe avaient montré que la carnitine alimentaire est convertie en TMAO dans l’intestin par un processus en 2 étapes, médié par un métabolite intermédiaire, une molécule appelée γBB (gamma-butyrobétaïne).

Le TMAO, un composé mauvais pour la santé « cardio »

Le rôle délétère du TMAO : ces nouvelles découvertes apportent une compréhension plus complète du processus en deux étapes par lequel les microbes intestinaux convertissent le nutriment carnitine en TMAO, une molécule qui favorise l’athérosclérose et la formation de caillots, après l’ingestion d’un régime riche en viande rouge ;

Un groupe de gènes microbiens intestinaux joue également un rôle clé dans ce processus qui relie un régime riche en viande rouge au risque élevé de maladie cardiaque.

Alors que très peu de bactéries peuvent transformer la molécule en TMAO, des bactéries plus nombreuses convertissent la carnitine alimentaire en γBB, le précurseur du TMAO.

Ainsi, Emergencia timonensis est le principal microbe intestinal humain impliqué dans la transformation de γBB en TMA/TMAO.

À l’inverse, les végétariens et les végétaliens présentent de très faibles niveaux de ce microbe dans leur intestin et ont donc une capacité minimale ou nulle à convertir la carnitine en TMAO ; et donc un plus faible risque cardiovasculaire.

L’étude :

  • L’analyse de prélèvements sanguins de 3 000 participants confirme ici la relation entre les taux plasmatiques d’γBB à jeun et l’incidence de la maladie cardiovasculaire.

En d’autres termes, des taux d’γBB plus élevés sont associés à un risque accru de maladies cardiovasculaires et d’événements indésirables majeurs, dont la crise cardiaque, l’accident vasculaire cérébral (AVC) ou le décès ;

  • L’analyse d’échantillons de selles prélevés sur des souris et des patients, ainsi que des modèles précliniques de lésion artérielle montre que l’introduction d’E. timonensis favorise la transformation de la carnitine en TMAO, élève les niveaux de TMAO et accroît la coagulation.
  • L’analyse par séquençage identifie un groupe de 6 gènes pertinents, nommé « gbu » (pour gamma-butyrobetaine utilization) dont l’expression augmente en présence de gamma-butyrobétaine (γBB), et parmi lesquels, 4 gènes (gbuA, gbuB, gbuC et gbuE) sont essentiels à la conversion de γBB en TMAO.
  • Or, l’abondance de gbuA est significativement associée à un régime riche en viande rouge et aux niveaux plasmatiques de TMAO ;
  • Un régime sans viande est associé à des niveaux microbiens intestinaux réduits de gbuA.

Ces dernières données suggèrent que l’adhésion à un régime alimentaire allégé en viande peut considérablement réduire le risque de maladie cardiovasculaire associé à l’alimentation et à la TMAO.

Le groupe de gènes gbu va être exploré en tant que cible thérapeutique possible.

Source: Nature Microbiology 23 Dec, 2021 DOI: 10.1038/s41564-021-01010-x The microbial gbu gene cluster links cardiovascular disease risk associated with red meat consumption to microbiota l-carnitine catabolism

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