Actualités  –  publiée le 1/10/2021 par Équipe de rédaction Santélog

Demographic Research

A ce jour, la personne la plus âgée au monde est Kane Tanaka, un Japonais de 118 ans (Visuel Fotolia 115373884)

Alors que la pandémie de COVID a entraîné la plus grande baisse d’espérance de vie depuis 80 ans, en matière de longévité, le 21e siècle pourrait battre un record, conclut cette équipe de statisticiens de l’Université de Washington (UW) dans la revue Demographic Research.

Le nombre de personnes ayant dépassé l’âge de 100 ans est en augmentation depuis des décennies, atteignant près d’un demi-million de personnes dans le monde et à ce jour, la personne la plus âgée au monde est Kane Tanaka, un Japonais de 118 ans.

Cette longévité extrême va très probablement continuer à augmenter d’ici la fin du siècle, et les estimations montrent qu’une durée de vie de 125 ans, voire 130 ans, pourrait devenir possible voire « commune ».

La fascination des extrêmes

« Qu’il s’agisse d’aller sur la lune, de battre le record de vitesse au sprint aux Jeux Olympiques ou de vivre au-delà de cent ans, nous sommes tous fascinés par les extrêmes » relève l’auteur principal Michael Pearce, chercheur à l’UW.

« Notre étude permet de préciser la probabilité qu’un individu atteigne différents âges extrêmes au cours de ce siècle ».

Les recherches en cours sur le vieillissement, les perspectives de découvertes médicales et scientifiques et le nombre relativement faible de personnes ayant atteint l’âge de 110 ans ou plus alimentent le débat sur les limites possibles de « l’âge maximal déclaré au décès ».

Alors que certains scientifiques soutiennent que la maladie et le vieillissement cellulaire conduisent à une limite naturelle de la durée de vie humaine, d’autres soutiennent qu’il n’y a pas de limite.

Les supercentenaires sont là pour le témoigner.

Au-delà de la curiosité de chacun, les données de longévité ont des implications considérables sur les politiques gouvernementales et économiques, notamment en matière de soins de santé.

L’étude utilise une modélisation statistique bayésienne pour examiner les extrêmes de la vie humaine à partir de la base de données internationale sur la longévité, créée par l’Institut Max Planck de recherche démographique.

Cette base de données suit les supercentenaires de 10 pays européens, plus le Canada, le Japon et les États-Unis.

A partir de ces données, l’équipe de l’UW a pu réaliser des projections pour l’âge maximal au décès déclaré dans les 13 pays de 2020 à 2100. Parmi les principales conclusions :

  • Le record du monde de 122 ans sera presque certainement battu (probabilité proche de 100%) au cours de ce siècle, avec une forte probabilité d’au moins une personne vivant entre 125 et 132 ans ;
  • La probabilité reste forte qu’« 1 » personne vive jusqu’à 124 ans (probabilité de 99 %) et même jusqu’à 127 ans (probabilité de 68 %) ;
  • Une durée de vie encore plus longue est possible mais moins probable : ainsi, la probabilité qu’une personne vive jusqu’à 130 ans s’élève à 13 % ;
  • En revanche, il est extrêmement improbable que quelqu’un vive jusqu’à 135 ans au cours de ce siècle.
  • « Dans l’état actuel des choses, les supercentenaires sont des « valeurs » aberrantes » et la probabilité de battre le record d’âge actuel n’augmente que si le nombre de supercentenaires augmente de manière significative.

Mais, avec une population mondiale en constante expansion, ce n’est pas impossible, expliquent les auteurs. D’autant qu’à l’heure actuelle, quelqu’un qui vit jusqu’à 110 ans ou jusqu’à 114 ans ont à peu près la même probabilité de vivre une année supplémentaire.

« A ce niveau, peu importe l’âge.

Ces personnes ont surmonté toutes les choses que la vie nous réserve, comme la maladie.

C’est un groupe très sélect de personnes très robustes. »

Source: Demographic Research 30 Jun 2021 DOI: 10.4054/DemRes.2021.44.52 Probabilistic forecasting of maximum human lifespan by 2100 using Bayesian population projections

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