SANTÉ PUBLIQUE  –  Par L.C. le 07-09-2021

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Il y a plus de dix ans, une généraliste de Savoie alertait sur un nombre important de cas de sclérose latérale amyotrophique (SLA) dans son hameau, entraînant une série d’investigations ayant permis d’en identifier une dizaine.

Un récente étude franco-américaine vient d’établir un lien entre ces cas et la consommation d’un champignon vénéneux.

L’alerte a été donnée en 2009 par une généraliste exerçant dans le hameau de Montchavin, en Savoie, comportant 900 habitants.

Pour la troisième fois, la praticienne diagnostique une sclérose latérale amyotrophique (SLA), ou maladie de Charcot, chez une de ses patientes.

Une pathologie pourtant assez rare, puisqu’elle touche 6.000 à 8.000 personnes en France. La praticienne signale sa découverte à des spécialistes.

Dès lors, une enquête approfondie est menée, permettant d’identifier 11 autres cas entre 1991 et 2013, rapporte Sciences et Avenir.

La moitié de ces cas – des habitants ou visiteurs – est décédée.

Aucun lien de parenté entre ces personnes âgées de 39 à 75 ans n’est toutefois découvert.

Les facteurs génétiques exclus, les chercheurs suspectent alors une cause environnementale.

Traces de toxines bactériennes ou de plomb dans l’eau, de gaz radon dans les maisons, pollution de l’air ou de la terre par des pesticides ou des métaux lourds : toutes les pistes sont étudiées, mais sans donner de résultats concluants, rappelle Sciences et Avenir.

Un certain nombre de cas étaient cependant fumeurs.

Rare mais grave, le pied de Charcot chez les diabétiques

Alors que les recherches sont au point mort, Peter Spencer, toxicologue à l’université de l’Oregon (États-Unis) est intrigué par cette découverte.

Ce dernier a en effet déjà enquêté sur une situation similaire sur l’île de Guam, dans le Pacifique, où une graine, le cycas du Japon, a été à l’origine de nombreux cas de SLA.

Il relance alors les recherches.

Est rapidement suspecté un champignon vénéneux très répandu, le gyromitre géant, ou fausse morille (Gyromitra gigas) contenant des toxines proches de celles du cycas.

“Tous les patients ont ingéré” ce champignon – dont la vente est interdite en France depuis 1991, révèle l’étude.

Certains auraient même signalé avoir été malades après en avoir ingéré.

“Cette découverte soutient l’hypothèse que les génotoxines d’origine fongique peuvent induire une dégénérescence des motoneurones”, peut-on lire dans le Journal of the Neurological Sciences

Sur l’île de Guam, le nombre de cas de SLA a par ailleurs subitement chuté après que le cycas a été banni de l’alimentation des habitants.

Sources : avec Sciencesetavenir et Journal of the Neurological Sciences

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