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Marlène Busko AUTEURS ET DÉCLARATIONS  27 août 2021

Virtuel — Dans l’essai contrôlé et randomisé ACTIVE-AF, les 120 patients qui présentaient une fibrillation atriale ont tiré des bénéfices significatifs d’un programme de 6 mois d’exercices modérés (pour certains supervisés et d’autres pas) comparé à des soins usuels, selon les résultats d’une nouvelle étude, présentée en late-breaking au congrès de l’European Society of Cardiology (ESC) qui a lieu cette année encore de façon virtuelle [1].

120 patients atteints de FA paroxystique ou persistante

Parmi les 120 patients atteints de fibrillation atriale (FA), ceux qui ont été randomisés dans le bras dédié aux exercices ont connu une moindre récidive de leur FA et des symptômes moins sévères sur une période de 1 an, explique le chercheur Adrian Elliott qui présente ces résultats à l’ESC 2021.

Cet essai « démontre que certains patients peuvent contrôler leur arythmie à travers l’activité physique, sans nécessité d’interventions complexes comme l’ablation ou la prise de médicaments pour garder un rythme normal » considère le chercheur de l’Université d’Adélaïde (Australie) dans un communiqué de l’ESC.

Il s’agit du plus vaste essai contrôlé et randomisé à investiguer l’intérêt de la prescription d’exercice physique à des patients avec une FA paroxystique ou persistante, a-t-il précise à theheart.org |

Medscape Cardiology dans un email.

Ces résultats « fournissent vraiment la preuve dont on avait besoin, montrant que recommander de l’exercice aérobique à des patients avec une FA symptomatique peut diminuer la sévérité des symptômes et réduire la récurrence de la FA chez de nombreux patients ».

« L’exercice aérobique devrait être incorporé au traitement des patients » ajoute-t-il, aux côtés des traitements déterminés par le cardiologue et de la prise en charge de l’obésité, de l’hypertension et de l’apnée du sommeil. »

L’exercice aérobique devrait être incorporé au traitement des patientsAdrian Elliott

Encourager les patients

Mina K. Chung, premier auteur d’une « Déclaration de l’American Heart Association (AHA) sur la modification des facteurs de risque et l’hygiène de vie pour réduire la fibrillation atriale », approuve.

Ces résultats « vont dans le sens de notre Déclaration Scientifique qui dit que nous devrions encourager nos patients avec de la FA à pratiquer un exercice physique régulier pour aider à prévenir la FA, réduire le fardeau de la FA et améliorer les symptômes et la qualité de vie », résume le Dr Chung, une cardiologue de la Cleveland Clinic en Ohio, dans un email à theheart.org | Medscape Cardiology.

« Notre conseil est d’encourager les patients avec une FA de viser au moins ce que proposent les recommandations d’activités physiques de l’AHA pour la population générale, qui conseille 150 minutes chaque semaine d’exercice d’intensité modérée » dit le Dr Chung.

C’est un objectif « raisonnable », mais « certains pourront considérer qu’un niveau d’exercices un peu plus élevé peut être envisagé », a commenté Adrian Elliott.

ACTIVE-AF, note-t-il, suggère que « d’une façon générale, les patients avec une FA devraient essayer de se fixer 3,5 heures d’exercice aérobique par semaine et incorporer des activités de plus haute intensité pour améliorer leur capacité cardiorespiratoire ».

Viser 3,5 heures par semaine

Une précédente étude observationnelle avait montré que les patients qui amélioraient leur capacité cardiorespiratoire sur une période de 5 ans étaient nettement moins susceptibles de faire des récidives de FA.

Et dans un essai randomisé sur 51 patients, 12 semaines d’entrainement aérobique fractionné avaient réduit le temps passé en FA comparé aux soins usuels, pendant un suivi de 4 semaines après l’intervention.

ACTIVE-AF a cherché à investiguer l’intérêt de l’exercice dans la FA dans un essai plus long et plus vaste.

Les chercheurs ont enrôlé 120 patients de 65 ans d’âge moyen, dont 43% étaient des femmes.

Les patients du groupe traitement ont suivi un programme d’exercice individualisé établi par un spécialiste du sport dans une clinique cardiologique une fois par semaine, puis une semaine sur deux pendant les 3 mois suivants, accompagné d’un programme d’activités à faire à la maison les autres jours – de façon à viser les 3,5 heures d’activités physiques par semaine.

Les sessions supervisées, explique Adrian Elliott, étaient d’une intensité un peu élevée afin d’élever la capacité cardiorespiratoire, tandis que les exercices à faire à la maison étaient des exercices aérobiques d’intensité modérée au choix du patient, comme la marche, le vélo d’intérieur ou la natation.

« Nous mettons assurément en garde contre le fait de dépasser ce niveau » ajoute-t-il.

Les patients du groupe de soins usuels ont reçu des conseils sur les exercices possibles mais pas d’intervention active.

Significativement moins de récidives de FA

Tous les patients ont bénéficié d’un suivi médical classique par leur cardiologue qui ne savait à quel groupe appartenait leur patient.

Les critères primaires étaient le score de sévérité des symptômes de FA à 12 mois, défini comme un épisode de FA durant plus de 30 secondes ou nécessitant une ablation ou un traitement anti-arythmique.

A 12 mois, le pourcentage de patients avec des récidives de FA était significativement plus bas dans le groupe actif par rapport au groupe contrôle (60% vs 80%; hazard ratio : 0,50; IC95% : 0,33 – 0,78; P = 0,002).

Cela signifie que plus de patients du groupe « exercice » ont été en rythme normal sans nécessité d’intervention invasive (ablation) ou l’utilisation de médicaments, insiste Adrian Elliott.

Les patients du groupe actif ont eu significativement moins de symptômes sévères – palpitations, essoufflement et fatigue – que les patients du groupe contrôle.

« En moyenne, les patients ont réalisé près de 180 minutes (d’activités physiques) par semaine pendant les 6 mois d’intervention et ont suivi 19 sessions supervisées à la clinique » explique le chercheur.

Le coût n’était pas un problème puisque ces sessions supervisées étaient gratuites.

Le manque de temps a été la raison la plus fréquente pour avoir manqué ses cibles en termes d’exercice, en particulier pour les patients avec un travail ou des obligations familiales.

La plupart des patients ont apprécié la variété des options d’activités physiques.

Les chercheurs ont prévu d’analyser s’il existait des différences de résultats selon le genre dans ACTIVE-AF.

D’autres recherches, sont nécessaires, ajoute le chercheur, pour déterminer quel type d’exercice est le plus adapté, si l’exercice agit en synergie avec la perte de poids, et de quel manière l’exercice permet de s’affranchir de l’arythmie à long terme, réduit les hospitalisations et améliore la survie.

Cette étude a été partiellement financée par le National Heart Foundation d’Australie au travers d’une bourse post-doctorale accordée à Adrian Elliott. Les chercheurs et le Dr Chung n’ont pas déclaré de liens d’intérêt.  

L’article a été publié initialement sur Medscape.com sous le titre Aerobic Exercise Can Reduce AF Frequency, Severity: ACTIVE-AF. Traduit par Stéphanie Lavaud.

Crédit photo : Getty Images

LIENS

Références

  1. 1.     European Society of Cardiology (ESC) Congress 2021: ACTIVE-AF: A randomised controlled trial of exercise training in AF patients. Présenté le 27 août 2021.

Actualités Medscape © 2021 WebMD, LLC

Citer cet article: L’exercice aérobique peut réduire la fréquence et la gravité de la FA: ACTIVE-AF – Medscape – 27 août 2021.