Les nouveaux apports nutritionnels conseillés pour les lipides
10/12/2010 | Pédiatrie
 
L’AFSSA (devenue depuis très peu Anses) a publié récemment les nouveaux Apports nutritionnels conseillés pour les lipides ; ils présentent des modifications majeures par rapport aux précédents, datant de plus de 10 ans.
Dr Jean-Marie Bourre Membre de l’Académie de Médecine Les recommandations reposent sur la prévention de pathologies : cancer, syndrome métabolique (obésité, diabète, hypertension, en particulier), maladies cardio-vasculaires, et, ce qui est nouveau, dégénérescence maculaire liée à l’âge. Mais elles se situent aussi par apport au bien-être, tournant le dos au dogmatisme de la toxico-pharmaco-nutrition ! Nouveauté : ces recommandations reposent sur un apport énergétique quotidien de 2 000 kcal, quel que soit le sexe et l’âge. De ce fait elles sont exprimées en %, d’utilisation difficile à appréhender sur le plan pratique. Fait inhabituel de grand intérêt : les nourrissons (depuis la naissance) et les enfants en bas âge sont clairement pris en compte.
En termes de contributions énergétiques, l’objectif proposé depuis de nombreuses années est supprimé
 
En termes de contributions énergétiques (AE : apports énergétiques), l’objectif proposé depuis de nombreuses années est supprimé, il était de 30 % des calories alimentaires sous forme de graisse.

Mieux il est (enfin !) reconnu qu’il est impossible à atteindre, et qu’il constitue même une source de défi- cit (notamment oméga-3, oméga-6 et vitamines liposolubles A, E, D). La recommandation est maintenant de 35 à 40 % des calories alimentaires, ce faisant la consommation des Français ne doit plus être considérée comme totalement excessive. Les acides gras définissant la nature des lipides, ce sont eux dont il est question. Les acides gras saturés sont globalement revus à la hausse ; mais, point capital en pratique alimentaire, le rapport insiste sur le fait que tous ne sont absolument pas équivalents. Seuls les acides palmitique (à 16 atomes de carbone) et deux autres acides gras, les acides laurique (12 atomes) et myristique (14 atomes), sont retenus comme étant les plus athérogènes, ce qui renforce avec encore plus de vigueur la limitation de la consommation de l’huile de palme (et de graisse de palmiste, etc), en restauration collective comme dans l’industrie agro-alimentaire. Les mono-insaturés (l’huile d’olive et le régime méditerranéen) restent à l’honneur, mais avec tout de même une limite supérieure. Les recommandations concernant les oméga-3 sont revues à la hausse. D’abord, une légère augmentation de l’ALA est proposée, ce qui confirme l’obligation d’ingérer encore plus des huiles de colza et de noix. D’autre part, les longues chaînes sont considérablement accrues : les quantités sont multipliées par 2,5 pour le DHA ; de plus l’EPA, bien que non indispensable, est pris en compte ! Cela induit un accroissement nécessaire de la consommation de poissons, notamment gras : saumon, sardine, maquereau, hareng et anchois. Pour ce qui est de l’oméga-6 indispensable, l’acide linoléique, les préconisations sont sensiblement inchangées.