06/05/2010 | Epidémiologie, Santé publique
 
Les femmes sous pression dans leur travail présentent un sur-risque de pathologies cardiaques d’autant plus élevé qu’elles sont jeunes, selon une étude de cohorte publiée le 6 mai.
Attention danger travail ! Tel pourrait être la conclusion d’une étude évaluant le risque de pathologies cardiaques dans une cohorte de 12 116 femmes de la cohorte des infirmières danoises. Précédemment, des études avaient établi un lien entre travail exigeant et risque de pathologies cardiaques, mais ce constat concernait exclusivement les hommes.
 
La parité devant ce risque est désormais rétabli par une étude danoise publiée dans Occupationnal end Environmental Medecine. L’équipe de recherche a évalué le niveau de pression au travail déclaré par les infirmières incluses, âgées de 45 à 64 ans, ainsi que leur responsabilité au sein de leur équipe. Les chercheurs ont ensuite suivi l’évolution de la santé de ces femmes pendant 15 ans.
D’après les résultats obtenus, les infirmières déclarant une pression dans leur travail « un peu trop importante » ont un risque de développer une pathologie cardiaque ischémique augmenté de 25% par rapport à celles estimant cette pression « appropriée et gérable ». Chez les femmes jugeant la pression au travail « trop importante » ce sur-risque atteint quasiment 50%. Même après ajustement avec les autres facteurs néfastes ( tabagisme…), ce sur-risque est toujours élevé et égal à 35%.
 
L’analyse par tranche d’âge montre que la pression au travail influence significativement le risque de développer une pathologie cardiaque ischémique uniquement avant 51 ans. « Au-delà, la pression au travail devient relativement moins importante que d’autres facteurs de risque de pathologies cardiaques », résument les auteurs. Femmes, pour supporter un travail qui vous met sous pression, attendez 50 ans !
 
Virginie BAGOUET