Les exercices intermittents permettent de lutter efficacement contre l’obésité indépendamment du degré d’obésité…
 
Rapporté par Jérémy Coquart (Université de Rouen, FSSEP, EA 3832, CETAPS) d’après la communication :
Effets des exercices intermittents en fonction du degré d’obésité : modérée, sévère et morbide. Coquart J., Castres I., Sioud R., Tourny-Chollet C., Lemaître F., Lemaire C., Grosbois J.-M., Garcin M. Diabetes and Metabolism. 2012. 38(2): 34. SFD 2012, Nice, 20-23 mars 2012
Introduction
Il a déjà été montré que les exercices intermittents (EI) sont efficaces pour lutter contre l’obésité. D’autre part, il est possible que le degré d’obésité influence des bénéfices attendus suite à un programme de réhabilitation à l’effort basé sur des exercices intermittents.
L’objectif de la présente étude était donc de tester la possible influence du degré d’obésité (i.e., des obésités modérée, sévère ou morbide) sur les bénéfices anthropométriques et physiologiques attendus suite à un programme de réhabilitation à l’effort proposant des EI.
Sujets et méthode Pour cette étude, 31 patientes obèses ont été réparties en 3 groupes en fonction de l’indice de masse corporelle (obésité modérée : 30 ≤ IMC < 35 kg.m-², sévère : 35 ≤ IMC < 40 kg.m-² et morbide : IMC ≥ 40kg.m-²). Parmi ces 31 patientes, 4 d’entre elles avaient une obésité modérée, 14 patientes avaient une obésité sévère et 13 patientes avaient une obésité morbide. Toutes ces patientes ont suivi un programme de réhabilitation à l’effort de 10 semaines incluant 3 séances hebdomadaires d’EI. Durant les EI, l’intensité oscillait toutes les 2 minutes entre 80% et 120% à la puissance au seuil d’adaptation ventilatoire (PSV1), et ce, durant 32 minutes (Figure 1)
 
 
Figure : Présentation des exercices intermittents. PSV1 : Puissance au seuil d’adaptation ventilatoire.
 
Parallèlement, 22 autres patientes obèses (obésité modérée : n = 5, obésité sévère : n = 9 et obésité morbide : n = 8) n’étaient pas entraînées (formant ainsi un groupe contrôle).
Avant et après le programme de réhabilitation à l’effort, la masse corporelle, l’IMC, la masse grasse, les circonférences des hanches et de la taille, le rapport taille/hanches, la fréquence cardiaque et les pressions sanguines de repos, ainsi que le périmètre de marche lors d’un test de 6 minutes étaient relevés.
Résultats La masse corporelle (103,9 ± 14,6 vs 101,1 ± 14,4 kg), le pourcentage de graisse corporelle (47,4 ± 3,1 vs 45,9 ± 4,5%), la circonférence des hanches (122 ± 11 vs 119 ± 9 cm), la fréquence cardiaque de repos (75 ± 8 vs 70 ± 7 bpm) et la pression sanguine systolique de repos (135 ± 13 vs 130 ± 10 mmHg) étaient significativement diminués après le programme de réhabilitation à l’effort seulement chez les patientes entraînées, et ce, quel que soit le degré d’obésité (p < 0,001). De plus, après le programme de réhabilitation à l’effort, les patientes entraînées augmentaient leur périmètre de marche lors du test de 6 minutes, indépendamment du degré d’obésité (389 ± 69 vs 436 ± 61 m ; p < 0,001). Logiquement, le degré d’obésité influençait l’IMC (IMC moyen avant et après le programme de réhabilitation à l’effort pour les patientes avec une obésité modérée, sévère et morbide, respectivement : 33,1 ± 2,4, 37,6 ± 1,7, 42,6 ± 4,6 kg.m-2 ; p < 0,001).
Similairement, le degré d’obésité influençait les circonférences des hanches et de la taille (p < 0,001). De plus, le pourcentage de graisse moyen étaient significativement plus élevé pour les patients avec une obésité morbide en comparaison aux 2 autres groupes (43,8 ± 3,1 ; 45,5 ± 3,1 et 49,4 ± 2,8% pour les patientes avec une obésité modérée, sévère et morbide, respectivement ; p < 0,05).
Discussion
Ces résultats suggèrent qu’un programme de réhabilitation à l’effort basé sur des exercices intermittents permet de lutter efficacement contre l’obésité, et ce indépendamment du degré d’obésité. Les EI moins monotones et peut-être moins pénibles peuvent donc être proposés dans les centres de réhabilitation à l’effort pour lutter contre l’obésité.
Date de publication : 30-03-2012