PÉDIATRIE – Par Marielle Ammouche le 17-01-2020

Pour les chercheurs, ce phénomène pourrait s’expliquer par "le fait que l’exposition aux écrans dès le matin épuise l’attention de l’enfant, qui se retrouve moins apte aux apprentissages pour le reste de la journée". egora.fr

Plus que la durée d’exposition, c’est la période de la journée –particulièrement le matin avant l’école- ainsi que le fait de ne pas discuter du contenu avec les parents qui augmente le risque.

Tablettes, consoles de jeux, ordinateurs, télévisions… font partie intégrante de la vie, même chez les plus jeunes. Et la majorité des experts prônent d’éloigner les enfants des écrans jusqu’à l’âge de 3 ans au moins ; de nombreuses données ayant montré un impact négatif sur leur développement et leur santé.

Une équipe de chercheurs de Rennes a voulu approfondir le lien existant entre écrans et troubles du langage. Ils ont donc mené une étude multicentrique cas-témoins qui a comparé 167 enfants âgés de 3,5 à 6,5 ans, diagnostiqués avec des troubles primaires du langage (non lié à un handicap ou une pathologie particulière), à 109 témoins ne présentant pas de trouble du langage.

Il s’agissait d’enfants provenant d’Ille-et-Vilaine, et nés entre le 1er janvier 2010 et le 31 décembre 2012.

Dans cette étude, 94,2% des enfants des deux groupes avaient accès à la télévision, la moitié (53,5%) à une tablette et un tiers à un ordinateur (32,4%), une console de jeu (34,9%) ou un smartphone (30,2%). 83,3% des enfants étaient exposés aux écrans avant l’âge de 2 ans.

L’étude a montré qu’au cours d’une semaine scolaire classique, 44,3% des cas et 22% des témoins étaient exposés aux écrans le matin avant l’école et y passaient en moyenne 20 minutes dans les deux groupes. Les auteurs ont ainsi pu calculer que les enfants qui étaient exposés aux écrans le matin dans cette première période de la journée étaient trois fois plus à risque de développer des troubles primaires du langage (ORa=3,40, IC95% [1,60-7,23]).

Un facteur aggravant était le fait de discuter rarement voire jamais du contenu avec les parents. Dans ce cas, le risque était multiplié par 6 (ORa=5,86 [1,44 à 23,95]).

Pour les chercheurs, ce phénomène pourrait s’expliquer par “le fait que l’exposition aux écrans dès le matin épuise l’attention de l’enfant, qui se retrouve moins apte aux apprentissages pour le reste de la journée”.

Sources : Bulletin épidémiologique hebdomadaire, 14 janvier 2020

http://beh.santepubliquefrance.fr/beh/2020/1/2020_1_1.html

https://www.egora.fr/sites/egora.fr/files/styles/90x66/public/visuels_actus/oeil_ophtalmo_3.jpg?itok=MOFBt5UFIndustrie, bâtiment, écrans : quand les yeux sont touchés

https://www.egora.fr/sites/egora.fr/files/styles/90x66/public/visuels_actus/ecran-enfant.jpg?itok=rgTHzg1FDeux heures d’écran par jour altèrent le développement des enfants