25/05/2010 | Santé publique
 
La mortalité par cancer bronchique diminue actuellement dans la population masculine alors que le risque de décès par cancer du poumon des femmes s’accroît fortement.
 
C’est l’une des données du dernier bulletin épidémiologique hebdomadaire publié à l’occasion de la journée mondiale sans tabac, le 31 mai. Plusieurs études coordonnées par l’Institut national de veille sanitaire (InVS) dressent un bilan de la mortalité par cancer du poumon, la consommation de tabac et l’impact des politiques de santé publique en la matière. « Le cancer du poumon est la conséquence la plus spécifique du tabagisme », rappelle Françoise Weber, directrice générale de l’InVS. La mortalité par cancer du poumon a atteint un maximum chez les hommes en 1993 et baisse nettement depuis. Elle a chuté de moitié en dix ans. A l’inverse, elle a été multiplié par quatre entre 1984 et 1999 chez les femmes. En parallèle, la consommation de tabac a atteint un maximum de 9 cigarettes par adulte et par jour chez les hommes en 1980 et de 3,5 chez les femmes en 1991. La baisse du tabagisme actif a donc débuté chez les femmes 11 ans plus tard. Selon les données du baromètre santé, globalement la prévalence des fumeurs réguliers en France est passée de 29,5% en 2000 à 26,1% en 2005.
  
Le tabac augmente aussi le risque d’autres maladies respiratoires et cardiovasculaires, dont l’infarctus du myocarde. Des études menées récemment ont analysé l’évolution des infarctus du myocarde, l’interdiction de fumer dans les lieux publics étant associée à une chute de cette pathologie dans plusieurs pays. L’impact sanitaire est difficile à évaluer en France car l’interdiction s’est appliquée progressivement. Ainsi , l’étude Evincor-PMSI n’a pas réussi a établir une diminution nette des hospitalisations pour syndrome coronaire depuis février 2007, date d’entrée en vigueur de la loi Evin dans les bars, cafés, hôtels etc. Treize études menées à l’étranger mettent en évidence l’existence d’une association entre interdiction de fumer dans tous les lieux fermés accueillant du public et survenue d’infarctus.
 Virginie BAGOUET