26/04/2010 | Assurance maladie, Dépenses de santé
 
Le vieillissement est souvent représenté comme l’une des causes essentielles du dérapage des dépenses de santé. Pour mieux comprendre les enjeux, le Haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie a souhaité aborder cette question dans son avis.
 
Il est faux d’affirmer que le vieillissement de la population représente, par lui-même, « une menace dominante » pour l’augmentation des dépenses. Telle est l’une des principales conclusions de l’avis du Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie (Hcaam) consacré au « vieillissement, longévité et assurance maladie ». Dans ce texte d’une dizaine de pages, le Haut conseil établit plusieurs constats.
D’abord, les personnes âgées davantage touchées par la maladie, bénéficient des remboursements plus élevés. Ainsi les plus de 60 ans qui représentent un cinquième de la population sont à l’origine de plus de 45% des dépenses représentant aussi plus des deux tiers des personnes en affection de longue durée (ALD). Mais ces dépenses de santé n’atteignent toutefois pas « des proportions exorbitantes », souligne le Hcaam, en comparant avec les dépenses des jeunes de moins de 10 ans qui atteignent « une somme équivalente à celle du grand âge ».
 
Autre remarque : le niveau anormalement élevé des dépenses individuelles moyennes de soins lié au grand âge est « difficilement explicable par la seule addition des maladies ». Il existe même un seuil de rupture entre 75 ans et 85 ans, avec une dépense moyenne individuelle de santé qui évolue alors beaucoup plus fortement qu’au cours des tranches d’âge moins élevées. Cette accélération de la dépense constitue la « seule question qui mérite d’être présentée comme propre aux personnes âgées » alors même qu’elle « ne trouve pas d’explication épidémiologique évidente », constate le HCAAM.
Pour le Haut conseil, une part importante de cette dépense individuelle s’explique par des inadaptations structurelles ». Il recommande ainsi « une coopération plus efficace des différentes professions et institutions sanitaires, médico-sociales et sociales en mettant l’accent sur une plus grande ouverture de l’hôpital ».
 
Un effort particulier doit être accompli pour améliorer et rationaliser l’accès à l’hospitalisation. Autre proposition : la mise en place d’un dispositif de coordination du soin personnalisé visant « prioritairement les personnes âgées très fragiles ». Cette coordination devrait réunir deux fonctions : une fonction de synthèse médicale et de prise de décision sur les orientations et les changements de prise en charge, assurée principalement par le médecin traitant, et une fonction de coordination à la fois soignante et sociale, qui pourrait être assurée par exemple, par une assistante sociale, une infirmière ou un autre auxiliaire médical, ou encore par une structure pluriprofessionnelle.
 
Pour le Haut conseil, la coordination doit être reconnue comme telle et rémunérée. Il rappelle la place décisive des agences régionales de santé (ARS), « pour les répartitions infrarégionales, le choix des territoires de référence pertinents et l’importance de leur pilotage national pour les rééquilibrages interrégionaux.
 
Loan TRANTHIMY