SANTÉ PUBLIQUE  –  Par S.B. le 24-09-2020

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En 2019, 232 200 interruptions volontaires de grossesse (IVG) ont été enregistrées en France. Le taux de recours est à son niveau le plus élevé depuis 1990 relève une étude de la Drees.

L’an passé, 15,6 femmes sur 1.000, âgées entre 15 et 49 ans, ont eu recours à une interruption volontaire de grossesse en métropole (+0,6 point comparé à 2018), et 28,2 dans les départements et régions d’outre-mer (+0,4), d’après des chiffres annuels de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques.

En 2019, 232.200 IVG ont été réalisées, soit environ une pour trois naissances.

Depuis 2001, ce nombre oscillait entre 215.000 et 230.000.  “Les jeunes femmes de 20 à 29 ans restent les plus concernées, leur taux de recours étant de 27,9 IVG pour 1.000 femmes”, relève la Drees. Depuis les années 2010, le taux de recours à l’IVG augmente chez les trentenaires, note l’étude, tandis qu’il diminue chez les moins de 20 ans.

Les disparités territoriales restent fortes, variant “du simple au triple selon les régions”. Les recours sont plus élevés en Île-de-France, dans le Sud-Est, et dans certains départements et régions d’outre-mer (Drom) où le taux monte jusqu’à 39, comme en Guadeloupe et en Guyane.

Pour la première fois, la Drees a croisé les données sur les IVG avec les données fiscales, mettant en évidence une corrélation entre niveau de vie et recours à l’avortement, “les femmes les plus précaires y recourant sensiblement plus que les plus aisées”.

Depuis l’autorisation des IVG par voie médicamenteuse, en 2001, le nombre d’avortements chirurgicaux est en baisse constante. En 2019, 70% des IVG sont réalisées de façon médicamenteuse contre 30% en 2001. Le nombre d’IVG instrumentales a particulièrement diminué dans les établissements de santé privés, passant de 24 % de l’ensemble des IVG en 2001 à 4 % en 2019.

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En 2019, 26,5 % des IVG (25 % en métropole et 42 % dans les DROM) l’ont été en cabinet libéral, dans les centres de santé ou les centres de planification et d’éducation familiale (CPEF). La prise en charge des IVG hors établissements de santé demeure toutefois concentrée dans certaines régions.

Près d’une IVG sur cinq est réalisée entre la 10e et la 12e semaine de grossesse, délai légal maximal. La délégation aux droits des femmes à l’Assemblée a récemment préconisé de porter de 12 à 14 semaines ce délai, une mesure qui fera l’objet d’une proposition de loi étudiée en octobre.

[Avec AFP]

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Posté par petitbobo le jeu, 24/09/2020 – 18:22

Israël Nisand, gynéco, patron à Strasbourg, rattache l’augmentation du recours à l’IVG à la réticence des jeunes femmes à prendre la pilule. La peur de prendre des “hormones” au long cours.
L’IVG médicamenteuse, elle aussi hormonale, fait moins peur… Pas simple.